MOUVEMENTS RÉFLEXES
. sorte qu'il doit y avoir, entre les origines des nerfs optique, trijumeau et acoustique et les origiues de ces nerfis cérébraux moteurs, une grande facilité de transmission, résultat d'une harmonie préétablie lors de la formation première. Ceux des nerfe seositils et moteur» dont le conflit à travers le cerveau et la moelle épinière présente le plus de facilité, montrent une sorte de statique avec ces parties centrales; l'un change l'autre, comme le haussement d'un des plateaux d'une balance détermine l'abaissement de l'autre, comme la chute du liquide dans l'une des branches d*iiD siphon entraine son ascension dans l'autre branche, jusqu'au rétablissement de l'équilibre. Si, dans les cas ordinaires, un nerf de sentiment n'est point en état de provoquer un mouvement réflexe, le phénomène a cependant lieu aussitôt que la sensation acquiert une certaine intensité ; car alors le courant ou l'oscillation que la moelle épinière et le cerveau reçoivent des nerfs sensitifs est réfléchi par eux dans ceux d'entre leâ nerfs moteurs auxquels la transmission peut s'eflectuer avec le plus de facilité à travers les fibres de l'encéphale et du cordon rachidien.
11 est une autre voie encore que suit très souvent la transmission de nerfs sensitifs à des nerfs moteurs par l'intermédiaire de la moelle épinière et de la moelle allongée; c'est celle qui consiste en une excitation du système des membranes muciueuses, à laqueUe succède une affection secondaire des muscles respiratoires. Nous en avons des exemples dans le vomissement, le besoin d'aller à la selle, la parturition, le besoin d'uriner, la toux, l'éternument, le hoquet, etc. Après la loi statique dont j'ai parlé précédemment , et suivant laquelle les nerfs qui naissent an Toisinage ou à peu de distance les uns des autres sont les plus aptes aux phénomènes de la réflexion, ceUe dont il s'agit .ici est celle que l'on observe le plus fréqueumient Une plus grande facilité de transmission doit donc être préétablie, dans la moelle allongée et la moelle épinière, entre les nerfs sensitifs des membranes muqueuses (le trijumeau pour le nez, le vague pour la trachée-artère, le pharynx, l'oesophage et l'estomac, le grand sympathique |)our le canal intestinal et la matrice, les branches du plexus sacré et le grand sympathique pour la vessie et le rectum), et les nerfs moteurs de la respiration (le facial, l'accessoire et les rachidiens) tandis que les nerfs rachidicns qui se rendent aux membres sont exclus de cette harmonie.
31ais, quand il survient une certaine irritation de la moelle épinière par des sobstances narcotiques ou par d'autres causes, toute sensation peut déterminer une déchaiige de la moelle épinière dans tous les nerfis moteurs , même dans ceux qui d'ordinaire subissent le moins facilement cette influence, c'est-à-dire dans les nerfs moteurs des extrémités. Yolkmann a même fait voir (1) que la division en long de la mocUe épinière, chez les grenouilles déca|)itées, n'empêche pas les mouvements réflexes de s'étendre à tous les muscles des deux moitiés du corps, pourvu qu'il re^e encore une partie quelconque du cordon rachidien qui soit intacte.
Il reste enfin à savoir si la sensation prend part , comme sensation , aux mouvements l'éflexes. Yolkmaim penche pour l'opinion de "Whytt , qui admettait une sensation perçue par la conscience et une réaction spontanée dans les mouvements sonrenus après des sensations. Il ne me semble |)as douteux que la chose a lieu ^dans beaucoup de cas; il paraît surtout en être ainsi dans les mouvements réflexes
(i) Bf OKLLBB, ArckiVf ISSS. p. 16«
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qni sorfieDiwiftf leœrteni cCli modle 6{iiuièiftétiiit imicte. TtBte sostroodan àcB piupières stras Tinlltieiice li'iuie hiniièrê me, et le ^mouYement dsimrti respiratoires à l'oGcasion des irritations de la membrane muqueuse des orgmci à la respiration, du canal alimentaire et des voies ùriiiaires* Mais, si l'on réfléclÉ4|« tontes les parties d'une salamandre terrestre qui renferment encore mi pen è moelle épinière, montrent des mourements réflexes, il devient difficile de coasdérer le fait comme étant susceptible d'une application générale. Qn obseneaaâ des phénomènes de réflexion dans des oifianes qui sont soustraits 4 l'inflacaoe de la Tokrnté, tomme le canal intestinal et le cœur. Je les^ ai tus dans les ooeon hnphatiques d'une grenouille décapitée, chaque lois que je pinçais la patie de iW mal; le cœur lymphatique, qui avait déjà cessé de battre^ recommençait abn) exécuter des pulsations. Enfin les convulsions réflexes générales qui édateot ipni la narcoâsation n'ont pas la moindre analogie avec une réaction spontanée.
La sensation locale la plus insignifiante se trouve ici convertie en un moiif^ ment, non pas seulement des muscles qui cmrespondent à la patte, mais de on du corps entier; par conséquent association et réflexion de mourement sont cmbinées, et sans le concours de la volonté, et sans but Quand un animal est ai maximum de tension réflective de la moelle épinière et du cerveau , le tétnof s'empare de lui dès qu'on le saisit avec force, et il meurt en quelques second»; tandis qu'il aurait encore vécu quelque temps si on l'avait laissé tranqoiUe. J'ai déjà mentionné ce phénomène en parlant des expériences sur Textirpatioo da te chez les grenouilles. L'extirpation du foie, comme toutes les grandes Uàm, porte la moelle épinière au maximum de tension réflective, qàe j'ai vu sorrenr le troisième et le quatrième jour de l'opération ; les animaux se tenaient en rqxH. tant qu'ils n'éprouvaient ni secousses ni sensations, et l'on s'apercevait de l'ctt dans lequel ils étaient aux soubresauts que déterminait encore le moindre éhr» lement Tant qu'on les^ garantissait des chocs ou des sensations fortes, on poauk les garder quelque temps; mais, dès qu'on les touchait, ils se trouvaient pris vle-champ du tétanos par réflexion, et ceux mêmes qui auparavant avaient cscore assez de force pour se tenir sur leurs pattes, mouraient en quelques secoodesL U mouvement réflexe peut donc être très inharmonique, et il l'est toii|oun faisl il s'étend à beaucoup* de nrasdes sous la forme d'association de mouveoMMs. parce que c'est là le caractère de tout mouvement associé; ces mouvemeou i^ flexes comf^étement inharmoniques sont les plus remarquables et les pinséienin de tous les phénomènes de ce genre.
Quant au rapport entre la sensation et le mouvement réflexe, il n'y a pas i^ ccsaté que la sensation arrive à la conscience pour que l'efiet réflexe ait fiea.
Dans mon opinion, l'irritation d'un nerf rachidien sensitif détermine immédBtement une action centripète du principe nerveux vers la mo^le épinière ^ccse action peut s'étendre jusqu'au sensorium commune^ il y a sensation perçoeptf fa consdence. Mais, si la section de la moelle épinière l'empêche d'arriver a« rt'tms,. elle n'en conserve pas moins toute sa puissance, comme action sur le cordon rachidien. Dans l'un ou l'autre cas, une action centripète d'ttvd T sensitif peut donner lieu à un mouvement réflexe. Dans le premier, l'action eoÊDpète devient en même temps sensation ; dans le second, elle ne prend pascro-
ractère, mais suffit pour provoquer la réflexion centriftma h
DirFÊlEMCE d'action £NTBE LES NERFS SENSITIFB ET LES NERFS liemm&. 667
JL'opinioD de Marshall Hall s*éloigne de la mienne et de celle de Whytt : elle est toute particulière^ D'abord, ce physiologiste restreint les phénomènes de la ré- Hexion aux seuls nerfis rachidiens, et exclut les nerfe sensitifs du cerveau. Suivant lui, la réflexion n*est jamais déterminée par une sensation, ni même par les nerfs sensitifs. il admet des fibres nerveuses spéciales, pour lesquelles il a créé le nom d^ejcctto-motrices^ et il pense que Faction centrifuge qui caractérise les phénomènes réflectifs n'a pas lieu dans les nerfs moteurs soumis à la spontanéité, mais dans des fibres particulières, qu'il appelle réflccto-motrices. Des ûbres sensitives H excito-motrices viennent des racines postérieures ; des fibres motrices soumises à la volonté et des fibres réflecto-motrices tirent leur origine . des racines intérieures des nerfs rachidieos et des nerfs de la moelle allongée. Le nerf vague loit être aussi considéré, non comme spécialeiQent sensitif , mais comme cxcitonoteur, parce que, suivant Marshall Hall et Broughton, sa section ne cause pas le douleurs et change les mouvements. respiratoires. Ces vues sont développées laus le dernier ouvrage du physiologiste anglais. Volkmann les a combattues, et il I allégué, entre autres, que le nerf vague est réellement susceptible de sensationt louloureuses.