‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 163 sur 185 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

m lots de l'action et de la propai^tton 'dams le nerf icrand «jmpathiqae.

Nos connaissances à Tégard de la mécanique du nerf grand sympathique sont core très incomplètes. C'est à peine si la physiologie s*est élevée, à cet égard, $qu*à imaginer quelques hypothèses, dont aucune ne saurait être ni démontrée définitivement renversée.

une rachidienne postérieure correspondante, si bien qu*oh constate une sorte de circuit de isibilité entre les deux racines nerveuses. De son côté , M. Bernard a mis ce fait en éTidence r un autre procédé , qui conniste à soumettre les animaux à réthérisation. On voit, à mesure e Tanesthésie se manifeste , les organes nerveux devenir insensibles dans Tordre suivant : i<» la :ine antérieure ; 2" la peau ; 3*> la racine postérieure ; k^ le faisceau postérieur de la moelle inière. Puis, quand on ce^se Téthérisation pour laisser Tanimal revenir à son état normal, on it la sensibilité reparaître dans les organes' nerveux d*une manière inverse, c^est-à-dirc : 1* dans moelle ; 2^ dans la racine postérieure ;*S® dans la peau ; &® dans la racine antérieure. Enfin, land on épuise Tanimal par des pertes de sang considérables ou par le procédé opératoire qu'on iploie , on voit également la sensibilité s'éteindre, d'abord dans la racine antérieure, puis dans racine postérieure , de telle sorte que dans ces cas on pourra trouver les racines postéiieures tiles douées de sensibilité. Le procédé que M. Bernard emploie pour démontrer la sensibilité currente consiste à affaiblir les animaux le moins possible , parce qu'il a observé que dans puisement des animaux, quelle qu*en soit la cause, la sensibilité récurrente (des racines anté- Hires) disparait toujours avant la sensibilité directe (des racines postérieures). Ceci étant ibli , il prend les animaux les plus vivaces. Il'les opère en pleine digestion afin qu'ils supporil mieux la perte de sang. Il ouvre ensuite le canal vertébral dans la partie inférieure de la ^ion lombaire , en enlevant avec une petite f>cie à crête de coq , seulement d'un côté , un demic postérieur de deux vertèbres , de manière à mettre à découvert seulement deux paires rachiennes sur lesquelles on peut expérimenter. Chemin faisant, il tord ou lie les vaisseaux prin- (Mux pour diminuer la perte de sang. Quand l'opération est rapidement faite, on peut nstater la sensibilité récurrente immédiatemeuL Si l'opération a été longue et laborieuse , et le la plaie et les nerfs soient refroidis , il fiiut recoudre la plaie et attendre une heure ou une •mi-heure que les parties se soient réchauffées, et que l'animal soit reposé. Alors on constate iltcment la sensibilité récurrente. En se mettant dans les conditions expérimentales indiquées dessus, M. Bernard a constamment trouvé la sensibilité récurrente; et constamment aussi il >t>$crvé qu'elle manquait en se plaçant dans des conditions expérimentales opposées. M. Bernard ( Mémoires de la Société de biologie ^ 1850) à mis à profit la sensibilité récur» Bte, pour déterminer le caractère du nerf spinal. Il a eu pour but de rechercher d'où elle ovenait , et de reconnaître, par conséquent, quel était le nerf qui jouait le rôle d'une racine fitérieure à l'égard du spinal. En effet, le caractère d'une racine antérieure rachidienne est posséder la sensibilité récurrente, et M. Bernard a démontré dans ce mémoire que dès son iginc l'accessoire de Willis est doué de ceUe propriété. Le caractère d'une racine rachidienne stérieure est au contraire de fournir la sensibilité récurrente seulement à la racine antérieure rrespondante. Or, on comprendra dès lors que le nerf qui donnera la sensibilité récurrente an ioal devra être regardé comme sa racine postérieure, puisqu'on constate que cette propriété ^sidogique lie en quelque sorte deux à deux les racines rachidiennes entre elles, pour consUer ce qu'on appelle une paire nerveuse. Il a voulu, avec ce critérium nouveau, revenir sur Ile ancienne question de savoir si le pneumo-gastrique doit être considéré comme la racine mérieure du spinal, pu , autrement dit, il a recherché si, en coupant le nerf pneumo-gatiqae « oo ûdt disparalu^ la sensibilité récurrente du spinal > de la même manière qu*on éteiat

67& uns DE £*ACtI01f tt DÉflA MOPAC^ATIO!! DAlfS LÉ HEHl» GHAlftf Wîi^ATttgBl.

Le seul moyeu d'arriver à quelque chose de dair, est de comparer avec b phénomènes du nerf grand sympathique les faits qui nous soot connus ^dam^ ment à la mécanique des nerfs cérébro-rachidiens, et de rechercher, par de dobvellea dwenrations, jusqu'à quel pomt la mécanique de ce nerf difière dé cckés autres.

Ainsi nous aurions à examiner les questions suivantes : les eflets des Gbits éi grand sympathique sont-ils séparés comme dans les neiis oérébiXHnciiîdie»,(i les fibres de ce nerf peuvent-dles se communiquer leurs effets à la Civear dec«nexions qui existent entre elles? L'irradiation de l'influence motrice et la ooiKh dcnce des sensations constituent-elles l'état de choses normal dans ce nerf? Lo ganglions sont-ils des multiplicateurs de l'influence nerveuse, et, en quelque soite. de petits centres neneux indépendants des points d'irradiation? S'y opère4*iioir réflexion de Tinfluencc nerveuse dans certaines directions? Est-ce à eux qa'il faut s'en prendre si les sensations sbût confuses et vagues? Sont-ils dos organes d*iin* diation ou de mélange des sensations , ou seulement des demi<onducteiirs qd empêchent les impressions sensitives d*agir sur le cerveau et la moelle épioière, et la volonté d'exercer son empire sur les parties soumises au grand sympathique? Ou bien leur destination se rapporterait-elle^ plntdt à l'influence wguàqKài grand sympathique, ou eux-mêmes seraient-ils de petits centres nerveux d*oà|Ht en rayonnant l'influence neneuse qui préside aux opérations de la chhnie 019nique ? L'effet est-il centripète ou centnfuge dans les neHs organiques, on biei^ répand-il dans tous les sens à partir du point irrité?

Malheureusement il nous est impossible pour le moment de fidre une r^pM^ précise à aucune de ces questions. Les seules données certaines que nous in» sur les effets du grand sympathique, sont placées jusqu'à un certain pomt en àém des notions requises pour en obtenir la solution , et nous n'en possédons sorloK pas une seule qui nous permette, soit d'appuyer, soit de réfuter aucune des hypothèses relatives anr ganglions.

Le cordon qui marque la limite du grand sympathique est sans contredit A'm haute importance pour le système entier de ce nerf, puisque c'est là que les filA fadiculaires des nerfs cérébraux et rachidiens se réunissent pour s'étaler easét en rayonilant Cependant les Qlets de jonction entre les ganglions ne paraissent {t* être absolument nécessaires à l'activité du grand sympathique ; du moins les aff-

oeUc propriété dans une racine rachidlenne antérieure en coupant la racine postérieure %}à)à correspond. Les expériences lui ont appris qu'il n*en est rien » et que par conséquent le |miw gastrique et le spinal ne constituent pas à eux deux une paire rachidienne.

Le nerf spinal , si exceptionnel par ses origines multipliées à la moelle éplnlère, présale ^ lement une anomalie remarquable quanta sa sensibilité récurrente. Au lien de tenir eenrp*priété d*un seul nerf, il l'emprunte, ainsi que les expériences de M. Bernard le fonlfoir,* racines postérieures des trois ou quatre premières paires cerricales cliet le chien ; de sorte f^ ce point de ?ue, le nerf accessoire de Willis doit être considéré comme une radoeanlêriM' multiple, surajoutée aux trois ou quatre premières paires rachidienneB cervicales. . Dans une note {Société phiUrmatique, Jaumaî de VIn$tituî , S juillet i8&7). If. Berairil * pour but d'établir que, chei quelques animaux (chiens , chats), les phènonièae» de ~ sans consdence ( mouvements réflexes) et de sensibilité récurrente te développent on \ sous, Tinfluence de conditions qui sont absoluneot les mêmea ponr les deni m^res di diènca narveu. t. L.

OIS m VAcnm et bE la propagation dans le nerf grand sympathique. 67r) iences de Pommer sm* les animaux ont-eDes fait voir que le nerf pouvait être cmi|M'' es deux côt^^s, entre le premier et le second ganglion du cou , sans qn* il sVnsuivIt acune cimséqueuce remarquable pendant les sept ou huit semaines que les anilaux demeuraient en observation (1). On doit également tirer de là cette consénence que la portion céphahqne du grand sympathique peut être isolée de la ortion thoracique sans qu*il en résulte rien de nuisible pour la vie, car le ganlion cervical inférieur et la portion thoracique du nerf reçoivent moins des nerfe ^rébraux ({ue des nerfs rachidiens, avec lesquels ils communiquent, le pirincipe erveux qui y afflue des parties centrales du système nerveux.

Effets dtt oerf grand sympathique dans les mouTements involontaires.

T. Aucune des parties soumises au nerf grand symjHithique n'est stisceptible de louvernents volontaires,

I.o C4i}ur, le canal intestinal , les conduits excréteurs des glandes, la matrice, les [•siciiles séminales, en fournissent des exemples. Il semble même, au premier l)ord , qu'un nerf cérébro-rachidien qui contracte des anastomoses multipliées vec le grand sym{)atbique perd son influence volontaire, comme il arrive, par xeiiiple, à la partie inférieure du nerf vague. L'œsophage n*a que des mouvélents involontaires, quoique ceux du pharynx puissent obéir aux impulsions de i volonté. La vessie reçoit deux sortes de nerfs provenant, les uns des sacrés, et les litres (lu plexus hypogastrique. Cette disposition s'accorde avec hîs phénomènes ilanx ([uVHe présente. L'influence de la volonté sm* cet organe est très faible.

D'un autre côté, tous les muscles qui ne reçoivent que des nerfs cérébro-rachiiens sont susceptibles de mouvements volontaires. Il est des hommes, et je suis u nombre, qui meuvent à volonté les petits muscles de l'oreille, et il en est aussi ui possèdent le môme empire sur le muscle crémaster, continuation de l'oblique iterne et du transverse, quoiqu'un très grand nombre de personnes ne puissent cercer aucune influence sur les mouvements de ces organes.

IL Les parties auxquelles le nerf grand sympathique distribue ses filets connuent encore de se mouvoir^ mais à un plus faible degré ^ lorsqu'on a détruit urs connexions naturelles avec le reste du sympathique^ et quelles ont été sépa- 'es de Vorganisme.

I^e cœur, séparé du corps, bat encore pendant longtemps ; ses battements <lunt mémo plusieurs heures chez les reptiles. Le canal intestinal , traité de la même aiiière, continue ses mouvements péristaltiques. On a vu l'oviducte excisé d'une rtue se débarrasser enrx)re de son contenu.

III. De là vient que toutes les fxirties mobiles auxquelles se rend le nerf grand tnpathique sont indépendantes jusqu'à un certain point du cerveau et de la oelle épinière.

Non seulement le cœm* bat pendant longtemps, bien que d'une manière faible, rrs la destruction du cerveau et de la moelle épinière, mais encore il y a des emples constatés d'embryons chez lesquels ces deux derniers oignes ont subi ic lente destruction dans l'œuf, sans que la vie s'éteignît (2).

(4) PoHiÉu, Beitrœge tur Natur^und ffeilkànde, Heilbrooiiv i8Sl. (2; F(7jf. EscauGiT, dans MoiLua^s Arekivt iSSA» P» ^^

676 LOU DE l'action ET DE Là PROPAGATION DANS LE NERF 6BAND STlfPATBIQIIL

IV. Cependant les organet centraux du système nerveux exercent tme tnflumt active sur le grand stfmpat/uque et sa puissance motrice.

Il résulte des expériences de 'Wibon et d'anlres phyakilogistes, «pie, ailes doi- \eiiient8 des parties auxquelles le grand sympathkiue se distribue oe ceaaâ pi sur-le-champ après la destruction subite du cerveau et de la moëUe épimère,« peut cependant changer le mode et la vélocité des battements du coeur en \àam et irritant ces organes. L'effet des passions est beaucoup pins rapide.

V. D* après les expériences de Wilson Philip ^ ce ne sont pas seulement tëk au telles parties du cerveau et de la moelle épinière qui influent sur tdlm m telles parties du système sytnpathique et des organes placés sous sa dépemissa, comme le coeur ^ entre autres; mais encore le cerveau en totalité et la mât épinière entière^ ou toute étendue quelconque de celle-ci , peuvent modifier k mouvements du cœur.

L*irritation de certaines parties de la moelle épinière ne détermine jamais immédiatement que les mouvements de certains muscles, de ceux dont les nerûpro' viennent de ces parties, tandis que, pour ce qui concerne les mouvements «ostraits à la volonté, toute partie quelconque de la moelle é{Mnière semUe pooroir agir sur le nerf ganglionnaire. Cette différence , qui d'ailleurs n'est point eaonrr suffisamment éublic, se prêterait à deux explications. En eflet, on peut Rfuikr ou la moelle épinière ou le nerf ganglionnaire lui-même comme cause de fimdiation. Dans le premier cas, les fibres du nerf ganglionnaire qui parvieniMai a cœur demeurent sans conflit avec les libres nerveuses d'autres parties, et hp»pagation de Firradiation a lieu dans la moelle épinière elle-même, de sorte fil partir de celle-ci, les fibres nerveuses de différentes parties entrent simnltanénai en action. Dans le second cas , les ganglions sont considérés conune h caïae k conflit Nous sommes forcés d'avouer que jusqu'ici nous ne possédons pas acaf d'expériences directes certaines pour résoudre ces importantes questions.

Ayant cou|)é le nerf splanchnique d'un lapin , j'en galvanisai , avec une pile è soixante-cinq paires de plaques, l'extrémité périphérique, que j'avais isolée ab plaçant sur une plaque de verre. Il s'ensuivit un accroissement des rnooTeniab péristaltiqucs de l'intestin. On peut donc conclure de là que ce nerf influe sur k canal intestinal entier, et non pas seulement sur une de ses parties. Le mêmeriEi avait lieu lorsque je versais de la potasse caustique sur le ganglion cœliaqof d'il lapin, auquel j'avais mis à découvert le canal intestinal , dont les momeniais. d'abord accélérés par l'influence de l'air, étaient déjà redevenus très faibles; ^ mouvements reprenaient sur-le-champ une grande vivacité.

VI. Les contractioîis que déterminent, dans les organes qui dépendeid à grand sympathique, les irritations de ces organes eux-mêmes ou de leurimrff, ne sont pas passagères et momentanées: ce sont, ou des contractions quipenùlf^ pendant un certain laps de tempSy ou des modifications pf^olongées des moments rhythmiques ordinaires, de sorte qu'ici la réaction remporte deknatf en durée sur l'irritation.

Le mouvement du principe nerveux est donc plus lent dans le grand sfifi* 1 ^ thique, et on peut Ty mesurer. Lorsqu'après avoir ouvert le ventre d'un stÊtà on fait agir une irriution chimique, mécanique ou galvanique» sur un fimÂ^ conque de l'intestin, la contraction s'opère avec lenteur» et sonveot ele «'«riiei

3IS DE L'action et de la pbopagation dans le nerf grand sTHPATmors. 677

m maximum d*intensité que quand la cause a depuis longtemps cessé d'agir. Le Bur offre le même phénomène que Tintestin, mais d'une autre manière; à des mtractions continues, non périodiques, une irritation passagère substitue une Tîe continue de battements périodiques. Le cœur est accessible aux irritations int mécaniques que galvaniques. Humboldta vu le gahanisme faire entrer le cœur ?s grenouilles en convulsion, observation que j'ai répétée depuis. Mais l'irritation ilvanique n'agit pas toujours instantanément sur la contractilité du cœur, et, dans saucoup de cas, il lui arrive seulement de changer le nombre des battements ibséquents. Les irritations mécaniques ne provoquent pas non plus sur-le-champ s contractions d'un cœur qui bat avec lenteur ; fréquenunent, dles ne produisent ?t effet qu'au bout de quelques heures ; mais ellçs agissent évidemment sur le sur d'une grenouille qui ne tient plus au cor|)$ de l'animal, et qui, depuis longimps déjà, n'a plus battu. Il se passe donc ici la même chose qu'au canal intesnal ; la contraction ne commence parfois que quelque temps après l'irritation ^ et ure plus qu'elle. Mais ce qui distingue le cœur, c'est qu'une irritation passagère, u lieu de le solliciter à une contraction soutenue, comme elle (ait pour l'inteslin, liange seulement la série entière des pulsations suivantes.. Quand le cœur d'un limai a battu pendant longtemps toutes les quatre à cinq secondes, l'action d'une Titation passagère le fait battre, également pendant longtemps, d'après une autre ériode, par exemple, toutes les secondes ou toutes les deux secondes, et, lorsqu'il cessé entièrement de battre, une irritation passagère fait qu'il se contracte, non as une fois, mais quatre fois, durant une certaine période. Il en est donc pour li absolument de même que pour d'autres parties musculeuses dépendantes du rand sympathique, l'intestin , par exemple, avec cette différence que la réaction mtenuc qui succède à des irritations passagères de l'intestin, du canal cholé- 3que, du sphincter de la vessie, ne se partage point en convulsions périodiques, lais affecte un type continu, au lieu que, pour le cœur, elle se divise en convulons périodiques, dont les périodes varient Le même phénomène s'observe quand 1 applique les irritants, non sur les muscles, mais sur le grand sympathique. Si, )rès avoir ouvert un animal et attendu que les battements du cœur se fussent ilentis, on venait h galvaniser le grand nerf cardiaque, les battements redevenaient os rapides, mais le nouveau type qu'ils avaient acquis ainsi survivait à l'irritation ;

remarque a été faite par Humboldt et par Burdach. Quand j'irritais le nerf »lanchniquc du lapin , dans l'expérience; précitée , le mouvement plus rapide et os fort de tous les intestins persistait pendant fort longtemps, quoique l'irritation eût été que passagère.

VII. La cause première des mouvements involontaires et de leur type nest ni ans le cerveau ni dans la moelle épiniere, mais dans le nerf grand sympathique; ^utefois, ces mouvements conservent leur caractère, même sans rinfluence des gansions, et même lorsque le nerfstjmpathique ap/tartenant à un organe a étédétrttit isqu'aux branches qui se distribuent à ce damier , et dont le conflit avec les fibres usculaires paraît suffire à lui seul pour les entretenir.

On sait que le cœur d'un animal n'en continue pas moins de se contracter one manière rhythmique, quoiqu'il ait été détaché du corps et qu'il soit vide de Dg , et que ses mouvements durent ainsi pendant plusieurs heures chez la grésille. Il suit die là que* la cause du rhythme ne saurait être dans les altematiTCs

678 U)I$ 1» L'iCnON ET DE LA PROPAGATION DANS U NEIF GBAND «TUPATHIQU.

d^affluepcc et de départ du sang, et qu'elle résUie dans Torgane lui-même. Or. comme dans toutes les autres parties mobiles , le mouvement du nMisde dépend constamment de Tinnenatiou , et comme aussi, d'après les expériences que ju foites avec Sticker , la force motrice des muscles s*6teint avec rirritabilité des nerfs, la cause des mouvements rbythmiques des ventricules et des oreillettes du cœur, ainsi que celle des mouvementés péristaltiques du canal intestinal, dépend^ en dernière analyse , du conflit entre les nerfs sympathiques et les parties musculeusrs, et d'un courant du principe nerveux agissant péiiodiquement dans le grand sympathique. On |x>urrait ici se figurer Tactiou des nerfs continue et ccUc des muscle périodique , en tant que Tinitabilité de ces derniers pour le courant du pnnn|x nerveux senit modifiée par leur contraction ; mais cette hypothèse serait certaioenoient inexacte ; car on n'entrevoit pas pourquoi le cœur perdrait et recouvrerait a chaque instant sa faculté d'être impressionné par un courant non interrompu du principe nerveux , puisque les muscles soumis à la volonté la conser^ ent pendaitt longtem|)s lorsqu'ils exécutent un mouvement de très longue durée.

i^ ce que des |)arties douées du UKMivemeut involontaire, comme le cœur et le canal intestinal, conservent, après avoir été détachées du cx)qi6, le type de km mouveuient rliythmique ou péristaltiquc, il suit bien évidenuneut que ce type est indépendant du cerveau et de la moelle Minière, et nous venons de prouver qui) a sa source «laiis le nerf grand sympathique lui-même. Mais il nous reste à démootrer la seconde partie de la proposition que nous avons mise en a\aut, celle q» les troncs ejL les ganglions ne sont pas non plus nécessaires au maintien du t)'\ie4is mouvements involontaires, et que les dernières ramifications du grand sympathiq» mfA aptes aus^i à le régler. La |)ré8ence des troncs des nerfs cardiaques n'est uâlement nécessaire à l'entretien des momoments du cœur, puisque le cœur de la grenouille continue encore de battre périodiquement après qu'on eu a reUa&chr toute la base, c'est-<t-dire coupé les oreillettes jusqu'aux ventricules. De mèwe. b mouvemeiits péristaltiques du canal intestinal persistent non seulement lor»iu\« sépare du tronc l'intestin avec Je mésentèi^e et le plexus nerveux ganglionnaire, mais encore quand on isole l'intestin lui-même de ce plexus, en le coupant au niveau de l'insertion du mésentère. Dans c/e cas, il ne reste plus que les ramitications péripliériques intérieures envoyées par le nerf grand sympathique au coeur et à l'intestin, et cependant ces organes n'en continuent |)as moins pendant longtemps de se iuou>oir avec leur tY]3e ordinaire. 1^ cause de ces phénomènes tieut sans doute aux petits ganglions périphériques que Remak a découverts sur I& branches neneuses qui se répandent dans la substance du cœur (1).

VIII. Quelque certain qu'il soit, d'ajjrès ces observations^ que les ramifirm*"^> extrêmes et les plus déliées du nerf grand sympathique peuvent encore régla' k^ mouvements des parties non soumises à V empire de la volonté ^ cependant, m^k seuletnent le cerveau et la moelle épinière, mais encot*e les ganglions eux-n^nn:^^ quand ils sont irrités, exercent la plus puissante influence sur le mode du cts mouvements, tant que les organes sont liés avec euxpai* des nerfs. Le cenxau r< la moelle épinière doivent aussi être considérés comme la sowce de VactivUt ih nerf grand sympathique, celle sans laquelle cette activité s^ épuiserait bientU.

(i) Voy. la figure de ees ganglions dans Mcillu's Archh^ ISàAt taJk XII. — Bii«cs, îW» fi aw. — \oumumyiMLy p. A&A.

LOIS DE t*ACnON ET DE LA PROPAGATION DANS {£ NERF GRAND STMPATmQIJE. 679

On n*igDore pas que toutes les passions modifient les battements du cœur, et que les irritations de la moelle épinière changent également les mouvements du canal intestinal. Les parties centrales du système nerveux doivent aussi être considérées comme la source de Tinfluence durable du principe nerveux sur les parties dont le mouvement u*obéit pas aux déterminations delà volonté, puisque la mobilité du caual intestinal diminue et que cet organe est fra[>pé de paresse dans les fiaralysies de la moelle épinière. L'irritation des gansons eux-mêmes agit aussi sur tous les ner£s qui en émanent pour aller se rendre à des parties douées de mouvement involontaire, comme le démontrent les expériences suivantes. J*ai déjà dit plus baut que j'étais parvenu à accélérer Je mouvement péristaltique de tout le canal intestinal en coupant le nerf splanctmique d'un lapin, et galvanisant le bout c|ui se rendait au ganglion cœliaque, après Tavoir posé sur une plaque de verre. On pourrait objecter contre cette expérience que le fluide galvanique de soixanteciuci paires de plaques était l>eaucoup trop foit, et que, par ceUe seule raison, il avait pu , tiaversant les parties animales comme de simples conducteurs bumides, sauter sur l'intestin, et ne pas produire en conséquence d'autre effet que celui qui eût été obtenu en galvanisant l'intestin lui-même. Cependant j'ai fait, depuis, quelques autres ex|)ériences qui m'ont donné des résultats décisifs. J'ai mis à découvert tout le canal intestinal d'un lapin, et en même temps le ganglion cœliaque. On sait qu'aussitôt que l'air atmosphérique frappe l'intestin d'un animal, les mouvements de cet organe deviennent très vifs, qu'ils conservent ce caraaère pendant quelque tem|)s, et qu'ensuite ils diminuent peu à peu , jusqu'à ce qu'ils soient devenus très faibles. J'attendis ce moment, puis je toudiai le ganglion cœliaque avec un petit morceau de potasse caustique; sur-le-champ les mouvements péristaltiques du canal intestinal reprirent de la vivacité. Cette expérience a été répétée avec un résultat tout aussi peu équivoque. Ainsi les ganglions sont capables^ quand ils se trouvent irrités, de mettre le principe nerveux en activité jusque dans les plus petites branches du nerf sympathique qui se distribuent à des parties mobiles, quoique d'ailleurs leur ablation n'empêche pas l'action de ces parties en général de persister.

IX. Des faits qui ont été exposés jusquici^ il mit que le nerf grand sympathique peut en quelque sorte être chargé par les parties centrales du systètne nerveux f le cerveau et la moelle épinière^ comme souf*ces du principe nerveux^ niais qu'une fois qu'il a reçu cette charge, il la consef*ve, et continue de l'écouler à 4f/? manière accoutumée, alors même que l'afflux vers lui du jtrincipe nerveux diminue et ne se renouvelle avec force qu'au bout d'un cei'tain laps de tetnps* Ceci explique une partie des pJiénomhnes du sommeil.

Tandis que le sensoriwn commune est en grande partie inactif dans le sommeil, le mouvement du cœur et du canal intestinal continue sans subir de changement, ou du moins sans en éprouver un bien grand ; car les organes dé|)endants du nerf grand sympathique sont indéi)eudauls du rei)os paitiel et j)assager du sensorium, faut qu'ils sont encore cliargés en quelque sorte de principe nen eux. Au contraire, le princi|)e neneux qui émane des parties centrales paraît affluer d'autant plus à la4)artie sym{)athique du système nerveux que les facultés scnisorielles et intellectuelles n'en consouunent plus, à cause des changements matériels qui s'opèrent dans les organes des sens et dans certaines parties du cerveau durant le sommeil

680 LOTS DE l'action ET DE LA PBOPAGATTON DAffS LE NERF GBAHm STHPATHlOa

De môme, pendant la syncope, Faction du cœur est affaîMie, mais eHe se mÛBtient néanmoins à un bien plus haut degré que celle de toutes les parties qni reçoivent des nerfs cérébro-rachidiens. Il y a donc quelque chose qui, même après IVxcision du cœur et de l'intestin , se manifeste en eux , moins sensiblement ï b vérité, mais pondant un certain laps de temps encore. Mais , si le. cenreaa et b moeHe épinière perdent trop la faculté d*étre la source du principe nerveux, û n y a phis de restauration possible à de grands intervalles, et le système s^mpathiqw tombe dans le cas qui est une ibis par jour le partage du système des noriscéréhnv rachidiens, c*est-à-dire dans le sommeil; alors survient un épuisement qui ne peut plus être ré|)aré par d'ultérieures décharges ; alors on voit paraître ce pouls fivquent, faible et h peine perceptible, qui annonce la mort à la fin des maladie aigu^ (1).

\. L'applicatimi Itjcale des iwrcotiques sur le nerf grand sympathique ne értermine pas le rtarcotisme au loin dans les organes dont le mouvement noh^it jwint à la volonté ; mais ces organes peuvent être paralysés par la narcotisation des derniers filets du nerf grand sympathique qui se distribfient dans Im intérieur.

Les choses s(! passent ici de la même manière absolument que dans les aotn^ nerfs, ceux de l'apiwreil cérébro-rachidien, où l'application d'un narcotique neTi pas non plus au delà du nerf touché, dont elle éteint l'irritabilité. Cependant flyi ici, en ce qui concerne le cœur, une différence fort remarquable, et josqoj présent inexplicable, entre la surface extérieure et la surface interne de Torgar. Si Ton applique un narcotique, tel que l'opium pur ou l'extrait de noix vomiqv. h la surface extenie du cceur, il paraît agir fort peu ou pas du tout, ou dn moiib n'agir qu'avec beaucoup de lenteur ; les mouvements rhythmiques du cceur eicisf de la grenouille persévèrent pendant très longtemps. Mais, si Ton met un pcfl d'opium ou d'extrait de noix vomique en contact avec la jmroi interne desT«tricules du cœur, l'organe s'arrête pour toujours sur-le-champ, parfois au boni de quelques secondes. C'est Va une découverte importante de Henry (2), que j'a fréquemment vérifiée. Ce fait donne en même temps une nouvellt^ preuve que h force motrice des muscles dé|)end de leur conflit avec les nerfs, et que sans ci^ derniers elle ne leur appartient point Ici, nous avons de la peine à paralyser b force musculaire des couches superficielles du cœur jwr le moyen des narcotiqws» taudis que l'application de ces substances à l'intérieur frappe de mon è la iiois et les couches internes et les couches extérieures, phénomène qui ne saurait ènr attribué aux fibres musculaires elles-mêmes, et qui ne peut l'être qu'aux fibifr ner\eust»s. On n'expliciuerait pas non ])lus cette action rapide du poison narcotique, en disant ([ue celui-ci pénètre promptement de dedans en dehors i travi^ les parois du cœur; car, lorsc|u'on enlève les oreillettes du cœur de grenouHlert totalité, comme je l'ai fait, et qu'on intnKluit un peu de poison dans le ventrin* ouvert, la contraction qui survient après doit plutôt tendre à chasser la substaorr au dehors qu'à la faire pénétrer plus profondément, ce qui d'ailleurs ne peuia«t» lieu par des vaisseaux. Au reste, cette observation remarquable explique au» b

(1) Com)). WiLSON Philip, Philos. Tranx,, 1833. — Mvbllkb, Àrchiv, 185 A, p. 137. (3) Edinb. med, and surg. Journal, 1882. '

LOIS M l'action et DE LA PROPAGATION DANS LE NERP GRAND SYMPATHIQUE. 68Ï

rapidité de Tempoisounement par les narcotiques ^ une fuis que le sang a amené Ja substance vénéneuse jusqu'au cœur.

XL Les lois de la réflexion que j'ai établies à Voccasion des nerfs cérébro* rachidiens s* appliquent aussi aux nerfs sympathiques ^ cest-à^dire que des impressions sensitives vives dans les parties auxquelles se rendent des fibres du nerf grand sympathique peuvent^ en se propageant à la moelle épinière ^ provoquer des mouvements dans les parties qui reçoivent leurs nerfs du système cérébro-rachidien .

C'est ainsi qne les irritations du canal intestinal, chez les enfants , déterminent des convulsions, parce qu'elles se transmettent du nerf grand sympathique à la moelle épinière, qui les réfléchit !$ur les nerfs céréhro-rachidiens. Ici se rapportent également les spasmes des muscles respirateurs qui accompagnent le vomissement, en tant que celui-ci est provoqué par des irritations dans le canal intestinaL Tous les spasmes qui ont pour cause des affections locales des organes du bas-ventre reconnaissent la même origine. Mm on peut aussi démontrer cette réflexion par une expérience directe : car j'ai plusieurs fois observé, sur des lapias, que , quand on piquait le nerf splanchnicfue soulevé avec des pinces, les muscles abdominaux du même côté éprouvaient des convulsions; j'ai dit que cette expérience n'avait pas réussi sur les chiens. Yolkmann a observé des mouvements réflexes très étendus au tronc de grenouilles décapitées , dont il avait irrité les viscères.

XII. Les impressions sensitives reçues par les parties dans lesquelles se distribue le nerf grand sympathique se réfléchissent aussi sur la moelle épinière et le cerveau, puis de là sur l'activité motrice du nerf sympathique luitntme^ tout comme il annve pour les nerfs cérébro-rachidiens , mais à un moindre degré.

Nous en avons un exemple dans les fréquents besoins d'uriner, ou les côntracions souvent renouvelées de la vessie, que détermine une urine douée de propriétés irritantes; car ici l'âcreté n'agit pas sur les fibres musculeuses de la poche irinairc, et son action immédiate ne porte ([uc sur les nerfs sensitifs de la mem- [>rane muqueuse. A la même catégorie appartiennent les changements que le diaooètre de la pupille éprouve dans divers états morbides du canal intestinal , les [nodifîcations que les battements du cœur subissent dans les maladies des organes ibdominaux, le vomissement qui accom|)agne celles du foie, des reins, de la ma- .rîce, etc. Ces phénomènes ont été attribués à une action du nerf sympathique ui— même, sans concours du cerveau et de la moelle épinière ; mais, comme tous zcax du môme genre qui ont lieu dans le système des nerfs cérébro-rachidiens ont besoin des organes centraux, du cer\'eau et de la moelle épinière, pour que refTet sensitif et l'effet moteur réflexe se manifestent , il est plus vraisemblable, in moins pour le moment, qu'en ce qui concerne les phénomènes réflexes dans les parties auxquelles aboutit le nerf grand sympathique, le cerveau et la moelle épinière sont également l'intermédiaire entre l'ofTet sensitif ou centripète et l'effet motejur ou centrifuge. Si l'on compare les phénomènes de réflexion qui ont lieu dans les nerfs cérébro-rachidiens avec ceux dans lesquels les parties qui reçoivent les ramifications du grand sympathique sont le siège de l'excitation primordiale et ^^ Texcitation réflexe, on voit que les premiers surpassent de beaucoup les seconds

W2 LOIS DE L'ACTIQN ET DE LA PBOPAG ATION DANS £B MEBF GRAND miPàllllQCL

en vivacité, et qu'ils ont aus$ji plus de facilité à se développer. Combien, cndet. ne sont-ils pas fréquents, rapides et faciles à surgir, dans Is^ toux, réiernooM. le vomissement , etc. ! Combien ne sont-ils pas nombreux, comparativemen 2 ceux qui s'obsen eut dans le nerf grand sympathique I Cette circonstaooc qae Id phlegmasies du canal intestinal n*altèrent pas le pouls, c*est--à-dirc les batteinnb du cœur, avec autant de facilité et de force que celles d'autres organes poonir de nerfs cérébro-racliidiens , semble aussi annoncer qu*il est plus difficile à ii réflexion de s'oi)ércr du grand sympathique à la moelle épinii*re, puis de cdkHÎ i celui-là, que des nerfs cérébix)-raclûdiens au centre nerveux, et de celui-ci ' ceux-là. Les expériences qu'on voudrait faire à ce sujet présentent de g^amlo difficidtés; celles que j'ai tentées prouvent au moins que les parties auxquello k nerf grand sym))alliique se distribue n'ont point ime teiidauqe biei^ pronoKcei la réflexion sensitivo-motrice sur ce nerL Je mis à nu le canal Intestinal d'un b|ifl vivant, et je déterminai une violente excitation seusîtive en serrant une ligitat autour de Tinlestin grêle ; puis je replaçai le tout dans la cavité abdomiiuJe; ji voulais voir si , i)ar l'effet d'une réflexion allant de la moelle épinière aui akstours du point que j'avais lié, l'intestin se resserrerait sur lui-même, desden côtés de la ligature, et jusqu'à une certaine distance. Le phénomène n eut put lieu. £n répétant l'expérience, je n'obtins pas davantage de résultat. Mais odb qu'a faites Volkmann prouvent que, quand une grenouille décapitée se UtHi^edib une disposition générale à la réflexion, une réaction a lieu de la manière qui nK d'être indiquée. Le pincement du canal intestinal déterun'uait alors des contracÉe de l'intestbi, qui ne demeuraient pas bornées au point irrité, mais qui se fOlt geaient, tantôt vers le haut, tantôt vers le bas, et à une distance plus ou mdk grande. LnefoLsla mo«'Ue épinière détruite, le pincement des intestins n'occasÎQflt pliLs que des contractions locales.

XIII. // arrive assez fréquemment aussi que des effets qui partent dei mf' cérébra-rackidiens et se propagent jusqu'à la moelle épinière ^ sont ré/léckifét celle-ci sur le système du grand symjtathique.

On peut citer pour exemple les modifications des battements du ccrar (p accompagnent les sensations vives, voluptueuses ou douloureuses, à la peao, le mouvements détenuinés dans l'iris par les imprc*ssions sensorielles que transmettot le nerf optique, l'acoustique, le trijumeau , et la contraction des vésicules^ nales qui sucdile à l'irritation des nerfs tactiles du |)énis. Chez une tortue de ma. dont j'avais mis à nu les cœurs lymphatiques, enlevé les viscères, et partage tra» versalement le tronc en deux i)arties« je pan ins à produire une contraction instii' tanée des cœurs d'un côté, qui étaient déjà depuis longtemps inertes, eo pioc^ la patte de derrière du même côté, ou la grattant avec la pointe d'un instrumot aigu.

XIV. Une question se présente maintenant : Des phénomènes de réfifii»» peuvent-ils avoir lieu dans le nerf sympathique lui-même^ au moyen da^* glions^ et indépendamment du cerveau et de la moelle épinière ?

Il ne nous est point encore piTmis de donner une réponse précise à cette '^ ressanle question. Si le mode de réflexion dont il s'agit était |>ossible, l^ft^f sympatliiques constitueraient ime exception remarquable, et leur nature gu^ i^ire permettrait peut-être, entre ks fibres sensitiyes ^ le^ fibjr^ wMf»* »

ai3 1>£ l'action BT de la PBOPAG ATION UAflS LE t«EBr GRAND fiY WATBIQUE. 091

onflit qui, dans les nerb cérébro-«achidieiis, n'a jamais lieu sans l'intermédiaire ai ceneau et de la mocUe épinière.

Jusqu'à présent nous ne connaissons pas un seul fait certain qui prouve ce jfidc de réflexion; mai$, d'un autre ccMé, il faut asaurément admettre que l'irrilUoo des uerb moteurs eux-niiôfnes peut se propager, dans les parties auxquelles t nerf ganglioaj»aire envoie ses fifets, d'une manière qui n'a point lieu dans ks luscles de la vie animale : du moins la chose est-elle prouvée en ce qui concerne i cœur.

Lorsque, sur un membre détaché du tronc, on irrite les muscles pourvus jde erfs cérébro-rachidiens, les contractions n'ont lieu que dans la poitioa même AT laquelle agit l'irritation , et jamais,, ni dans le muscle entier, ni même da^s Mite la longueur d'une fibre musculaire.

Les choses se passent autrement pour le cœur, et il semble que, quand cel ngane a été détaché du corps, l'irritation d'un seul point puisse se propagisr a« luscle tout entier. On enlève le cœur d'une grenouille, et on le laisse sur la taUe isqu'à ce que la firéquence des battements ait beaucoup diminué, jusqu'à ce qu'il e s'opère plus qu'une contraction de temps en temps ; le moment est venu alors e faire les expériences sur l'irritabilité de l'organe ; si l'on irrite celui-ci avec une iguille, on provoque une contraction qui ne peut point être conlojadue avec les (mtratctions dé})endautes du rhy thme ordinaire. Et ce qu'il y a de remarquable, 'est que, sur quelque point qu'on fasse agir l'irritation, la réaction est toujours i même que si l'on avait irrité k cœur entier ; en effet, on observe une coa- -action, non pas du seul point qu'on irrite, mais de tout l'organe. Il semble rél^lter de là que le changement local déterminné par l'irritation se met en équilibre rec l'état de l'irritabilité du cœur eotier, de manière qu'on peut, par une action cercéesur un point quelconque, changer en quelque sorte la statique dans la ^partition des forces du cœur. On ne sait pas encore bien comment il faut enviiger ce phénomène. Peut-être y a-4.-il cooununication réciproque entre les gan- Lions de la substance du cœur (1).

L'intestin détaché du mésentère convient moins, ou même ne convient pas dn lUt pour mettre ces sortes de phénomènes en évidence. Lorsque je l'irritais sur D point, je voyais sun enir une contraction très limitée de la paroi intestinale sur ; point, tandis que le point opposé de la paroi restait plat et tranquille. La même lOfeie arrive à la matrice des lapines. Volkmann a répété ces expériences sur des renoiiilles, et il en a obtenu le même résultat : aussi refuse-t-il également aux lagUons le pouvoir de déterminer les phénomènes de réflexion. Il invoque prinpaiement les expériences qu'il a faites sur des grenouilles décapitées qui étaient ans la disposition aux mouvements réflexes. Quand la moelle épinière existait acore, le pincement des intestins provoquait des contractions étendues, tandis ae, quand le cordon rachidien était détruit, la réaction demeurait limitée au eu de rirrilation. Cependant Ilenle (2) assure qu'une légère irritation de l'insstio détaché du corps, par exemple au moyen d'une barbe de plume, détermine ine contraction générale.

{l) dm». Vouauim, daosIfuiLLUi's ÂrMv^ laAà, p. hi%.

68& LOIS DE L'ACTION ET DE Là PIOPAGATtOll DANS IM imP GBAND STMFATBIQCL

XV. On ignore encore complètement si le nerf grand 9ympatkifue peid, i r occasion de V irritation d'un organe ^ déterminer des mouoements sympatUfm dans tm autre organe.

En effet, tous les phénomènes qui se rattacheraient \ une telle cause se Umm expliquer également, soit par Tintervention du cenreau et de la moelle épaèe, soit par les lois de la réflexion, qui ont été exposées daiis le 3* chqHtre.

XVI. // nest pas prouvé^ et plusieurs observations en^pêckeni de radssettn, que les ganglions agissent comme isolateurs et arrêtent ^influence motrice fd part du cerveau et de la moelle épinière.

Je dois feire observer qu*il s*agit ici, non de l'inflaence de la volonté, màsk rinfluence motrice en général. Chacun sait a?ec quelle fadlité et quelle pt«i|Âtude tout changement survenu dans les organes centrant du système nerreinisji sur le système sympathique entier ; avec quelle rapidité l'on^ des passions ikk difie les battements du cœur et provoque des mouvements du canal intestinal ;avfc quelle facilité enfin tout accès nerveux dans lequd les organes centraux dn ^ tème neneux sont affectés, se termine par des borborygmes. Noos verrons pb tard que les ganglions ne jouent pas non plus le rôle d*isolat»u^ par npçativtL effets rétrogrades ou centripètes dans le nerf grand sympathique. La seide àat qui se montre partout, c*est qu*en agissant sur les neri» sympathiques, rinflowt motrice des organes centraux du système nerveux ne peut produire ces umiiit» rapides et correspondantes à la durée de Firritation qui ont lieu quand on agit sv les nerfs cérébro-rachidiens, et qu'elle ne fait guère que changer Tétatoole nrir d'une série continue de mouvements. Toutefois ce ne sont pas seulement lei biglions, mais encore le grand sympathique tout entier, et jusqu'à ses moindres nmificatîons, qui possèdent l'aptitude à modifier les impresmons rapides sur les pvties soumises à ce nerf, de telle manière qu'au lieu de convulsions, il se nnaiblp des changements prolongés dans le mode du mouvement, ainsi que je \û proivr | précédemment; car une irritation momentanée du cœur arraché de la poim», n déjà presque réduit au repos, peut apporter aux battements de cet organe des modifications qui persistent pendant un certain laps de temps, et l'intestin détadié à corps se contracte bien plus longtemps que ne dure l'irritation exercée sor in. et n'atteint même son plus haut degré de contraction que longteoips aprèsh ct$sation de la stimulation momentanée qu'on lui avait fait subir.

La double propriété qu'ont les nerfs ganglionnaires de recevoir des illflmc^ des parties centrales en général, mais d'être eux-mêmes régulateurs indépeote des mouvements, s'explique par cette circonstance, que les ganglions dont ëip^ le rhytbme du mouvement , loin d'être de simples conducteurs , sont eux-fflêv^ moteurs.

XVII. // n'est pas encore constat^ que le défaut d'influence de la volo^t^^ les parties auxquelles se rend le nerf grand sympathique déjjende de la mt0 des ganglions, I'

Puisque, comme je l'ai démontré, les ganglions n'isolent pas Tinfluenoe noiiff I ' sur le système sympathique, et que ce système tout entier, tant les filets qsfl^ |^ ganglions, rend seulement cette influence plus lente et plus durable, une î motrice volontaire des organes centraux sur le grand s}'mpathique ne plus trouver un obstiicle absolu dans les ganglions de ce dernier. Il

X)IS DE L*ÂCTION ET DE LA PROPAGATION DANS LE NERF GRAND 8TMPATHIQUE. 685

[ue rinaptitude aux mouvements volontaires dont sont frappées toutes les parties luxquclies le grand sympathique aboutit, ne dépend ni de celui-ci, ni de ses gan* fiions, mais de ce que ses fibres, en pénétrant dans la moelle épinière et le cereau, n*y parviennent pas, comme celles des autres nerfs, jusqu'à la source de Finluence de la volonté.

XVIII. Il paraît que , dans certaines parties dépendantes à la fois du nerf Tond sympathique et des nerfs rachidiens , l'influence, de la volonté ne se fait mtir qu'à In suite d'une impression sensitive ou centripète prolongée.

Tel est le cas de la vessie, organe très problématique encore au point de vue de ss rapports avec le cerveau et la moelle épinière. La vessie reçoit des Glets purelent sympathiques du plexus hypogastrique , et des nerfs non sympathiques qui proviennent des sacrés. Elle paraît être, en général, totalement soustraite à l'inluence de la volonté, et cependant il semble que nous ayons quelquefois le pouvoir le la déterminer à se cx)ntracter, sans être obligé de faire agir le diaphragme et e3 muscles du bas-ventre. £. -H. Weber admet aussi que la volonté exerce quel- [ue influence sur eUe (1). £n supposant que le fait soit réel, cette aptitude ne se nanifostc néanmoins qu'à la suite d'une accumulation prolongée de l'urine dans on réservoir, par conséquent après qu'elle a causé pendant longtemps une impresîon sensitive sur les nerfs sensitifs de cet t)rgane, et consécutivement sur la moelle ipinière.

XIX. Certaines parties soumises au nerf grand sympathique ne sont suscep" ^Ues^ il est vraij que de mouvements involontaires; mais elles se meuvent néan^ mns par association lorsque d'autres fHxrties placées sous l'empire de la volonté 'enuent à se mouvoir , de sorte qu'une partie de l'influence motrice volontaire

transmet à elles contre le vœu de la volonté^ absolument comme il y a des \riies soumises d la volonté qui , malgré nouSj se meuvent en même temps que autres.

L.*iri$ peut être cité en exemple. Il serait difficile de dire si cette membrane lire dans la classe des organes qui appartiennent au grand sympathique ou à la lé^oric de ceux qui dépendent des nerfs cérébraux. Son mouvement est involonre, mais il ressemble cependant aux mouvements de plusieurs faibles muscles î, en général, n'obéissent point aux ordres de la volonté, bien que, par association mouvement, ils puissent se contracter avec d'autres muscles volontaires, comme it, chez la plupart des hommes, les muscles auriculaires et le crémaster , que tains individus parviennent à faire agir, les premiers avec le muscle épicrânien, et iernier avec ceux du bas-ventre. Cependant il est fort remarquable qu'on puisse (uvoir l'iris volontairement quand la volonté agit sur certaines branches du nerf ilc>-musculaire commun, comme, par exemple, toutes les fois qu'on tourne Tceil, l en dedans, soit en haut et en dedans, puisque, dans ces deux circonstances, la >ille se rétrécit chez tous les hommes. Nous avons donc ici un exemple frappant ifluence de la volonté qui, en s'exerçant sur un nerf cérébro-rachidien, se fait lultanément sentir un peu à une partie qui rentre dans le domaine du nerf grand [i|>athique et sur laquelle la volonté n'exerce d'ailleurs aucun empire. Peut-être t-il rapporter à la même cause le pouvoir que nous avons, dans un pressant be-

i) AnatomUf U III» p. S5A.

6M WtÈ m VkCtiCtn ET DB tA f^HOPAQATION ÙÂM tt HÈMP QUAND STM^ATHQn.

soin d*urhier, de prolonger la rétention du liqnide, et par coiuéqiieiit de iurtîier Faction du sphincter de la vessie, en faisant 9^ nos ihembres pdnens, en nvchant ou en courant Enfin ce transport de l'hiflneDce nerreose ptfah avoir In sur le cœur lui-même dans les grainds efforts mnscakires.

Le phénomène remarquable de Taccélération du mouvement dn cœur peiiMi les efforts Tolontaires n*a point eucofe reçu d*expKcatîoii satisfiiîsiiite. On a dit q». la consommation du sang artériel étaut alors plus considérable, le cœur doit ponRr le sang avec plus de rapidité à travers les poumons. Mais de ce qoe le bemè respirer devient plus impérieux , il ne s'ensuit pas que le coBCÉr doive se mam conformément à ce bot On a prétendu aussi que, la t^ircnlatkm rencontrant bncx)up d'obstacles, la marche dn sang se trouve dérangée dans les poomon et àm le cœur. Mais ra(xélération des mouvements de ce dernier organe a é^drant lieu dans les efforts qui ne portent que sur les seules extrémités infériearei,qaii on gravit une montagne, pendant la course, etc. ; et Ton ne voit pas commoi h circulation du sang h travers les poumons et le cœur pourrait alors être gênée. El effet, quoique les contractions permanentes des muscles dès extrémités inlMems troublent la circulation dans ces parties, elle n'est pas pour cela plus diflhile d» les |)oumons et le cœur ; car le sang, (|ui ne peut pas trayerser les petits îaisen des membres pelviens, ne revient pas non plus an cœur, et par conséqnniv s'accumule ni dans le cœur ni dans les |)oumons; le résultat doit être le ntar qu'après l'application du tourniquet aux deux cuisses d'un homme en plein Rfo». application qui n'amène pas des battements cardiaques plus précipités. Il ma donc possible que cette accélération des mouvements du cœur pendant lesefcn. phénomène qui devient si prononcé chez les sujets d'une complexion navew. dépendit d'une association de mouvements, d'abord presque insensible, mai5de1^ nant à chaque instant de plus en plus forte , et qu'elle tînt à ce que le priorip nerveux saule de la raoello épinière, livrè<î à im si grand déploiement de frrff . sur les nerfs sympathiques, tout comme l'iris se meut involontairement lorsqu^no fait volontairement agir le nerf oculo-musculaire comnmn. Cependant il n'y i ucun moyen de prouver directement l'exactitude de cette explication , et l'oi » peut alléguer en sa faveur que l'analogie avec les faits constatés ; on ne doit dov la considérer, pour le moment, que comme un jalon mdiquant les recherrheK qâ restent à faire pour jeter quelque lumière sur un point si obscur.

I^ simultanéité d'action d'un organe soustrait à la volbnté avec des monTemrsD \olontaires est beaucoup plus prononcée dans les vésicules séminales. Onadr^ plus d'une fois remarqué que, quand les jeunes gens se livrent à de grands ffiorti tnusculaires pour grimper le long d'un arbre ou d'une corde, ils éprouvent qod- (piefois, dans les parties génitales , une irritation spontanée qui va Jusqn'^ la coitraction des réser\oirs du sperme.

XX. Le mouvement des organes moitiés auxquels se distribue ie n/rfgrvié sympathique a un type péri staltique. Il suit une certaine direction, et les^v^ de cette marche résident non seulement dans te cerveau et la moelle épinifr', mais encoi^e dans les nerfs des organes eux-mêmes.

Les causes de la succession régulière qu'on observe dans les efifets des ner^ p»- |)athiques sont totalement inconnues. On sait que les mouvements péristahiqw^ (le l'intestin s'exécutent d'avant en arrière. Ils se succèdent en ce sens ocmhht d^

LôiÀ bk VktTtàU Et DE ii PROPAGATION dàhs tt NBii# GRAiiD sinkpÂTÉliQ&È. ëii7

(mdes ; et, avant qu'une onde ait pdrcôiHti l*mtc$tîn entier, il s'en est déjà produit une autre, qui la suit à quelque distance. Ce phénomène n'est pas borné an ttÀe tiiCestinal ; le canal cholédoque à aussi des cotitràctioris tcmdculaires, et la siiccesdon des mouvements est évidente également dans le cœur. En effet, sur le c<enr la poulet non éclos, le mouvement procède d'avant en arrière , c'cst-k-dire ^n'il iffecte la formé péHstaltique , dont la succession des contractionir du cœtir de réduite offre encore un mdice. Chez la grenouille , les parties de cet organe se contractent dans l'ordre suivant : la portion contractile des troncs veineux , les oreillettes, les ventricules et le bulbe aortique.

La succession du mouvement dans tontes ces parties est un des prob1^tnes lès plus difiiciles, auquel on n'a même pas songé jusqu'à préseul en pliysiologie.

La première idée qui se présente à l'esprit, c'est que la cause réside dans la ÉiioeOe épinière ; que des ondulations ou des vibrations se succèdent de haut en bas dans ce cordon , les fibres auxquelles il donne naissance; peuvent les recevoir l'une après l'autre, et de là résulterait un mouvement péristaltique de l'intestin d*avant en arrière. Mais cette explication n'est pas suflBsante; à coup sûr ; car la sùcc^sion du mouvement persiste dans le cœur et l'Intestin qui ont été détachés du corps. Elle doit donc avoir sa cause dans les nerfs des organes eux-mêmes. I^s fibres de ces nerfs étant situées les unes à côté des autres, comment se fait-il qu'elles observent une certaine succession dans leur action? Probablement les petits ganglions périphériques contenus dans le système des organes jouent aussi ab rôle dans cette circonstance. Mais il n'y a pas moyen encore de donner une bonne explication du phénomène. Tout ce qu'il est permis de faire, c'est d'indi- |der en général ce que serait une théorie satisfaisant aux exigences de la mécaliqne. Une succession du mouvement ayant les fibres nerveuses pour point de dé- )irt serait concevable si ces fibres marchaient longtemps d'avant en arrière lé odg de l'intestin, en prodm'sant successivement leurs effets, ou si elles envoyaietit latcessivement de peûies branches à la périphérie. Dans ce cas, une lente succesooti d'ondulations dont elles seraient le point de départ produirait un mouvement :occessif de l'intestin. Une succession d'ondulations a lieu aussi quand un trajet titerrompu par de petits nœuds, qui est d'abord simple, donne successivement des ifanches dont la longueur s'accroît dans une direction déterminée , de manière (de, par exemple, les antérieures soient courtes, et les postérieures de plus en lins longues. Rien de semblable n'est Connu par rapport à la distribution des nerfs (ans les organes en question. Ce qui augmente encore la difficulté, c'est que U '^liccession alterne dans certains cas, comme dans les phénomènes que j'ai observés liez les sangsues (1) et dans ceux que Lister (2) a décrits chez les ascidies. Déjà [ôelque chose d'analogue se passé à l'estomaô, dont la direction des mouveinents Neme dans l'état de santé, et l'on sait que, dans les maladies, le mouvement pé- Àtaltique se renverse, tant à l'intestin qu'au cœur.

Effets sensilifs du oerf grand sympathique. I. Z,es sensations sont faibles^ obscures et non circonscrites dans les parties aux-

^f ) MicKBL*8 Archiv^ i828.

3) Pkiios. tram,^ iMA, i(k. 2.

688 LOIS DE l'action et de la propagation dans le NERF.GRAND SimPAIHlQCL

quelles le nerf grand syjupathique se distribue; elles ne devtenneiU plus nettes H plus précises que quand les irritations ont de l'intensité.

J*ai déjà cité précédemment les faits qui se rapportent icL Brachet (1) a recomn, dans ses expériences, qu'en répétant Tirritation, et la rendant plus forte, h sensation finissait par se prononcer dans les ganglions, où elle n'existait pas d'abonL Peut-être la faiblesse et le vague des sensations tiennent-ils au petit nombre dr libres primitives sensitives que reçoivent les parties auxquelles le nerf grand sympathique se distribue.

II. Les impressions sensitives qui ont lieu dans le nerf grand sympathique m parviennent fréquemment point à la conscience^ quoiqu'elles arrivent à la mudU épinière,

La conscience peut être ou non informée de Faction centripète d*un nerf de sentiment, action arrivant à la moelle épinière. Dans le premier cas, cette adki doit se transmettre vivement jusqu'à l'organe de l'âme. Dans le second, elle ratr isolée dans la moelle épinière : elle n'est point sentie; mais elle peut annoncer par d'autres signes, notamment par des mouvements réflexes, qu'elle est panene jusqu'à ce cordon. Un fragment du tronc d'une salamandre terrestre qu'on a décapitée nous montre un exemple d'excitation sensitivc centripète sans sensatin réelle ; car, lorsque nous {Misons le doigt sur la peau de ce fragment, cdui-ci se courbe par l'effet de la contraction des muscles, qui résulte d'une action réflor exercée par la moelle épinière, puisqu'elle ne peut avoir Ueu quand le in^BBOt ne contient aucun vestige de cette dernière. Ces phénomènes d'effets centripêiB dans des fibres sensitives, s'étendant jusqu'à la moelle épinière sans produire w véritable sensation, mais déterminant une réflexion de l'effet sur les muscks, »t très communs dans la vie ordinaire, et précisément ceux qui ont lieu habituelleaifli dans le nerf grand sympathique. On peut prouver que ces effets sensitifsdansk nerf sympatliique, dont la conscience n'est point informée, arrivent cependant ib moelle épinière. Toute irritation du rectum fait acquérir plus de force au mouvement du sphincter de l'anus, et toute irritation de l'estomac, quoique non seott. détermine l'affection concomitante des muscles respirateurs qui a Ueu paidam k vomissemeul. Cette action des muscles respirateurs dont les nerfs proviennent dr nerfs cérébro-rachidiens |)eut être provoquée, dans le vomissement, par une inition sensitive non parvenue à la conscience de tout organe quelconque du bfr ventre, du canal intestinal , du foie, des reins, de la matrice. Ici le point de drpvt de l'effet est dans le nerf grand sympathique : la réflexion a lieu par des nerf^ cérébro-rachidiens, et non par le nerf sympathique. iMaintenant on peut déo» trer aussi que l'intermédiaire entre l'effet centripète du grand sympathique et FA centrifuge ou moteiu* qui a lieu dans les nerfs cérébro-rachidLiens, est réeOenfli la moelle épinière, et que ce n'est pas le grand sympathique par. ses anasUXDBia Car ce nerf s'unit bien avec tous les nerfs rachidiens qui peuvent entrer en acô* pendant le vomissement ; mais cette union est une simple accession des fibres à rameau communiquant aux deux racines du nerf rachidien ; or, conmie la ndr motrice du nerf rachidien n'a pas de ganglion, on voit tomber d*elle-Diéme fk;pothèse d'après laquelle l'effet du nerf sympathique irait se répandre , par k

(1) Recherehis expérimentale* sur le* fonction* du $y*time nerveiMk Paris, 1837.

s DE l'action et DE LA PROPAGATION DANS LE NEBF GRAND SYMPAIffiODE. WV

eau communicant, dans une masse ganglionnaire, et affecterait toutes les fibres 1 racine motrice qui traverseraient cette masse. L'effet centripète dans le nerf id sympathique, qui , sans conscience ni sensation , produit un effet moteur réflexion dans un nerf cérébro-rachidien , agit donc évidemment sur ce der- , non par des anastomoses sympathiques, mais par Tintermédiaire de la moelle lière. •

II. Dans les mouvements réflexes que suscitent les impressions sensitives du f grand sympathique^ l'impression sensitive n'arrive généralement point à la icience, tandis que cette dernière est toujours informée des impressioris sentes éprouvées par des nerfs cérébro-rachidiens qui donnent lieu à des mouents réflexes,

'est là du moins ce qui a lieu dans la majorité des cas. Quand les muscles resleurs du tronc sont sollicités à des efforts de vomissement par l'estomac, le il intestinal , les reins, le foie ou la matrice, il arrive soi^vent, il est môme de e, que la cause qui réside dans ces organes ne soit pas sentie, c'est-à-dire que onscience ne soit point informée de Texcitement centripète qui parvient à la lie épinière et au cerveau. Au contraire, toutes les fois que des mouvements »\es ont eu lieu par des nerfs cérébro-rachidiens, l'irritation excitatrice est distenient sentie. Lue irritation de la membrane muqueuse du larynx, de la traf-artère, des poumons, détermine, par réflexion, une action dans beaucoup de s rachidiens, qui s'annonce ])ar les mouvements des muscles du tronc dont •tix est accompagnée ; mais cette irritation produit aussi une sensation distincte, s le vomissement causé par la titillation du pharynx, on sent également le cha- 1 le mont. De môme, dans les mouvements respiratoires convulsifs, avec action nerfs rachidiens , qui caractérisent l'éternument , on sent la cause première la réflexion dans le nez. On sent aussi la lumière, comme lumière, dans le L-cissement de la pupille amené par l'irritation que détermine la clarté du joiir, ^inine cause irritante dansT l'éternument que provoque l'action d'une lueur

sur l'œil.

^. Les ganglions du nerf grand sympathique n'empêchent pas les effets cenêtes de ce nerf de se transmettre à la moelle épinière ; ils ne jouent point le

d'isolateurs à leur égard, ;'est une conséquence des faits qui ont été exposés dans les paragraphes préents; car, si, comme je l'ai fait voir, il y a, dans les mouvements réflexes, par mple dans le vomissement provoqué par des irritations agissant sur le nerf ind sympathique, propagation ou transmission, quoique sans conscience, jusqu'à moelle épinière, les ganglions ne sauraient jouer le rôle de corps isolants par •port à cette propagation. Mais la proposition peut Ôtre prouvée d'une manière ^te, à l'aide de l'expérience dont j'ai déjà souvent parlé, et qui m'a plusieurs réussi chez les lapins ; je veux dire les convulsions des muscles abdominaux qui Btit lieu au moment môme où j'irritais le nerf splanchnique avec une aiguille. (lit de là que les ganglions situés le long du grand sympathique, d'où nait le

splanchnique, ne se comportent pas comme des corps isolants, eu égard à la

^nission à la moelle épinière des effets centripètes qui ont lieu dans le nerf

cl sympathique. Les expériences de Yolkmann sur les grenouilles décapitées

i vent la même chose par rapport aux ganglions abdominaux, car l'irritation

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