CHAPITRE VI
Tant de phénomènes sympathiques ont été expliqués, dans les précédents <k pitres, par la mécanique et la statique des nerfe, sans influence de la put éo grand sympathique, que ce nerf ne joue plus qu*un faible rôle dans la tltéorir des sympathies. Les phénomènes de l'irradiation des sensations, ceux de Ywm» tion des mouvements et ceux de la réflexion n'ont point lieu par lui ; or, ils abrassent la plus grande partie des phénomènes de sympathie qu'autrefois on pb^ sous son influence. Beaucoup d'observateurs distingués avaient déjà énàs (b doutes sur la vérité des explications de nos prédécesseurs ; car les phéocfoèiiB sympathiques qui ont lieu à cha(|ue instant entre toutes les parties, notamoKflt ceux qu'on remarque, dans l'état de santé, entre la matrice et les mamelle», dm plus que quel({ues unes des sympathies pathologiques les jilus remarquabb. n'avaient jamais été explicables par le nerf grand s)'mpathique.
Ayant déjâ^ fait connaître , dans d'autres chapitres , les lois d'après ksqodb s'expliquent une grande partie des sympathies, nous pourrons abréger beaocwp celui-ci, et nous contenter d'y considérar les sympathies à des points de vue pkv Biologiques généraux.
SYMPATHIES DBS DIVBBSIS PAKTIBS D*D1I TUfiO ENTKB IU.B8.
C*est là une des e^>èces de sympathies qu'on rencontre le plus souvent 1^ diverses expansions des membranes muqueuses se communiquent rédpnxpNnrtf leurs états; les membranes séreuses, les membranes fibreuses, etc., sont davl^ même cas. Quand il y a excitation consensuelle de diverses parties d'iui tisn- Tafl'ection sym|)athique est généralement de même nature que raffection primiô"'- L'inflammation et les doideurs se propagent aux différentes expansions do tcse et le même changement survient dans les sécrétions des parties avoisinastesqv dans celles du tissu qui a été primordialement atteint
(1) CoKi^knnaujnivM vu oui M ùàJbesj^^
STMPATflnS. MS
Tissu cellulaire.
On remarque déjà dans le tisso cellulaire une grande propension à transmettre 8CS états à tous ses prolongements. Ses maladies, Temphysème, rœdème, Tendurcissemcnt , i*obésité , îlnflammation^ la suppuration, en fournissent des exemples. Il leur arrive souvent de se propager à des régions entières du tissu cellulaire interposé entre les muscles , les vaisseaux et les expansions aponévrotiqu(>s, en ne suivant que ta distribution de celui auquel on donne le nom d'interstitiel. De là vient que la connaissance des limites naturelles des expansions du tissu cellulaire, c'est-à-dire des aponévroses, est d'une si haute importance pour Pappréciatiou des suppurations de ce tissu.
Peau.
Quelque manifeste que soit le conflit entre la peau et les parties internes, cette aicnibraue ne montre cependant pas une bien grande disposition à transmettre lux autres points de son étendue les états divers d'une quelconque de ses parties, jue innammation purement cutanée peut demeurer limitée. Cependant, en sa [ualité d'émouctoire de substances spéciales, la peau témoigne une certaine affinité K>ur les matières de mauvaise nature qui circulent dans la masse des humeurs ; 'est ce qui fait que des maladies propres à elle seule, les inflammations exanthénatiques, aiguës et chroniques, s'y développent dans le sens de son expansion en uperlicie. Cependant elle est bien plus fréquemment en sympathie avec les parties iternes, dont elle forme la limite extérieure commune; j'en citerai plus tard des xemples.
Membranes muqueuses.
Les» membranes muqueuses ont une grande propeqsion à se communiquer maiiellcment leurs états dans le sens de leur expansion. Le catarrhe pulmonaire ntraine fréquemment le coryza à sa suite. Le catarrhe nasal affecte la membrane auqueuse des voies lacrymales et de la conjonctive, finidant la période d'irritaion du coryza, l'œil est plus rouge et plus sec, comme la membrane pituitaire ; une et l'autre partie redeviennent humides durant la seconde période. La mem- •raiie muqueuse de la trompe d'Ëustache et de la caisse du tympan peut égalelent être aff^ectée dans le catarrhe , ce qui s'annonce par la dureté de l'ouïe et es bourdonnements d'orcifles, symptômes dont les maladies catarrhales sont assez réquemment accompagnées. La membrane muqueuse des sinus frontaux, et prolablemeut aussi des autres cavités accessoires du nez, est aflectée dans le coryza : Q éprouve une douleur sourde et gravative au front Les différentes parties du ystème muqueux du canal alimentaire tiennent les unes aux autres par des liens kon moins étroits. L'état de l'estomac réagit sur le canal intestinal entier, et en bange les sécrétions. La membrane muqueuse de la bouche devient l'expression [e l'état dans lequel se trouve celle de l'estomac et de l'intestin. Quand nous royons la langue sèche, ou rouge, ou chargée, nous concluons avec raison qu'il ;n est de même dans l'oesophage et l'estomac II y a également une connexion sympathique entre les membranes des organes génitaux et des voies arinaires.
L'irritation fréquente des parties génitales est fort sujette à provoquer ua étal d'inflammation chronique de la vessie et des reins, la phthisie vésicale, la phtbisii' rénale, de même qu'à la phthisie laryngée et trachéale se joint plus tard b phthisie pulmonaire (1). Mais ce ne sont pas seulement les membranes muqueuse anatomiqucment unies ensemble qui manifestent cette propension à se commuutquer leurs états ; on la remarque également, quoiqu'à un degré moins pronoDcé* dans celles qui sont tout à fait séparées. Voilà i)Ourquoi on ne peut point lain cesser l'excès de sécrétion d'une membrane muqueuse par antagonisme, c'est-àdire en activant la sécrétion d'une autre membrane muqueuse ; on ne guérit }nb une blennorrhée des parties génitales en provoquant la diarrhée. Quelquefois nous voyons la membrane muqueuse des organes respiratoires sympathiser avec a*lk de l'estomac ; on sait que certains états de ce dernier viscère entretiennent une irritation des voies aériennes, et donnent lieu à ce qu'on appelle la toux gastrique. Sur la un de la phthisie pulmonaire, il s'établit aussi un travail inflammatoiiT dans la membrane muqueuse du canal intestinal, comme le prouvent les ulcèr» intestinaux des phthisiqucs. Enfin les blenuorrhées colliquatives des membram^ muqueuses nous fournissent l'exemple d'un état uniformément répandu daus le système muqueux entier, et qui peut avoir pour point de départ Tune des parties de ce système, par exemple les poumons, le canal intestinal, ou les organes génitaui.
Membranes séreuses.
Il arrive souvent qu*à la suite d'une affection d'une des membranes ^reici's, toutes les autres sont entraînées dans le même état maladif: ainsi, à Fascite vient se joindre plus tard l'hydrothorax. Cependant tous les cas d'hydropisie dans les parties différentes ne se rapportent point ici. L'hydropisie n'est fréquemment que ie résultat d'une décomposition du sang dans plusieurs parties à la fois; souvent aus^ elle tient à ce que la circulation se trouve iuten ompuc dans un organe important Ici donc la sympathie ne dépend pas tant des membranes séreuses elles-mêmes qw de l'extension de la cause ; mais c'est une sympathie pure de ces membranes lorsqu'à la suite de l'inflammation d'une d'entre elles, les autres s'enflamment é^ meut. Ainsi l'on voit quelquefois, après la péritonite, suncnir la pleurésie, Yznénoïdite, et c'est peut-être à celle-ci qu'on doit rapporter la cause de la mort, parte qu'elle a son siège dans le plus important des organes.
Système fibreux.
Les membranes fibreuses sont si étroitement liét»s ensemble qu'une lésion VKi^' dont elles viennent à être atteintes entraîne souvent des accidents fort élendiui.
A cette classe de membranes ap|)artiennent le périoste, la dure-mère, la sclcn»tiquc, l'albuginée du testicule, la capsule de la rate, les tendons, les ligaments eti» gaines tendineuses des muscles, l ne affection rhumatismale locale montre odp grande propension à s'étendre à tous les organes fibreux, et à changer de siégf. mais en suivant de préférence les rapports naturels des membranes fibreuses U
Mém^
SÏ.\iPATHlE& 697
lésion des ligaiiieuU, desi aponévroses, du tissu iibreux de la main et du pied, est souvent suivie d'accidents qui s'étendent fort loin : l'inflammation, le gonflement, les douleurs se propagent quelquefois du point qui a été primitivement irrité aux gaines musculaires, et même au périoste. L'oplithalmie arthritique, qui, de même que la goutte eu général, affectionne le tissu fibreux, de manière qu'elle établit son siège dans la sclérotique, ne borne pas les douleurs qu'elle détermine à l'œil sur lequel elle s'est fixée , et se distingue des autres ophthalmies en ce qu'elle donne lieu aux plus vives douleurs dans tout le côté correspondant de la face, le périoste, Taponévrose du muscle temporal et la calotte aponévrotique.
Les membranes fibreuses interne et externe du crâne, savoir, la dure-mére cérébrale, le i)éricrâne et la calotte aponévrotique, sympathisent ensemble et avec la sclérotique. Les affections de la dure-mère provoquent des affections de la sclérotique; celles de la calotte aponévrotique et du péricrâne peuvent se communiquer k la dure-mère, et, quand cette dernière est enflammée localement, le })érioste l'est parfois aussi à l'extérieur.
Les nerfs jouent un mie dans les sympathies du système fibreux; on peut déjà le conclure et de ce que des nerfs organiques accompagnent les vaisseaux dans toutes les (larties auxquelles ceux-ci aboutissent, et de ce que |a dure-mère possède réellement des nerfs. Ces derniers ont été observés par Comparetti, Arnold» Schiemm, Bidder et moi.
Tissu osseux et tissu cartilafciueux*
Les sympathies entre les diverses parties du système osseux sont rares. A la vérité, il y a des maladies, telles que le rachitisme et la syphilis parvenue à la ' seconde période, où ce système est affecté partout ; mais ces maladies de la nutrition ne peuvent guère être mises au nombre des sympatliies; l'irritation y est généralement accompagnée d'un vice dans la formation de la matière osseuse. Cependant on connaît aussi des exemples bien constatés de sympathie pure entre les divers départements du système osseux. Lorsqu*unc caase morbifique agit sur la surface <i*un os long, l'inflammation qui s'ensuit ne demeure pas toujours bornée à cette surface ; elle envahit fréquemment aussi toute l'épaisseur de l'os, jusqu'à la cavité médullaire, et y amené un changement de tissu. De môme, la destruction de la moelle amène l'inflammation et la tuméfaction tant à l'intérieur qu'à Textérieur, jusqu'aux |)arties les plus externes.
Tissu musculaire.
Ou a attribué au tissu musculaire une aptitude très prononcée à recevoir des excitations sympatliiques. On a dit que l'irritation qui amène à sa suite la contraction d'un muscle est fréciuemment accompagnée de convulsions sympathiques dans d'autres muscles. Mais ces symptômes ne tiennent pas au tissu lui-même ; ils dépendent de la symjiathie qui existe entre les nerfs moteurs; le muscle dont le nerf moteur se trouve sé|)aré du reste du système nervenx, est bien accessible encore aux irritations du dehors, mais il ne les transmet jamais à d'autres parties du même tissu, il ne provoque point de convulsions sympathiques.
6Q8 STMPATHUft.
Les ^Msmes sympathiques dirtyitèiiiemusciilaTO ment psrier, des sympathies da tisso avec Im-méme : ce scmt des sympidMf de nerfs. Les antres maladies, pen nombreuses, qui sunieniient encore daiki muscles, comme rinflammatkm et la suppnratkm , demeurent ^gaiwnfr ifNîon bornées. Elles ne dépassent point le lieu même de i*initatkin, nese propagmpM. comme il arrive dans les antres tissus. Riais, si l'on excqple les inflammatioai. qui sont fort rares, les dégénérescences et les ^Munnes, on ne oonnah presque pe de maladies qui atteignent les muscles. Toutes ces drconstances attestent qK k tissu musculaire n^entretient de vives sympathies ni avec Ininnème ni avec ancw autre partie.
SyMtCnie lymirfiitiqiie.
Les maladies du système lymphatique sont fort rarement localesL Lonqi'cii sont primordiales, et non sympathiques de celles d'antres otigauies, elles afedai en général le système entier, sous la forme de dyscrasies ; il y a même certaioiai, les scrofules par eiemple, où elfes demeurent bornées (U'esqne eidosiveaat ai système lymphatique. Mais, quand Tirritation part d'un point de ce système, et envahit rapidement, et par sympathie, une étendue plut on nmns cxmàkàk Qu'une glande lymphatique vienne à s'enflammer par l'effet d'une irritatioaciiérieure, les glandes du voisinage ne tardent pas à se tuméfier, qnoiqn'dlesDeMt cependant pas prises elles-mOnies d'inflammation. Certaines irritations primitiicsà système lymphatique reconnaissent pour cause des poisons qui se sont introétf^ dans les vaisseaux de cet ordre. Lorsqu'on pratique une friction locak ntcèt mercure, il siurient fréquemment une irritation fort étendue du système hnphatique, et les glandes ïymirfiatkiues des diverses régions do corps peoTeUftR entraînées simultanément dans la même affection. L'inflanunalîon des ranos lymphatiques qui procède d'une impression vénéneuse locale s*étend prompMeS à toutes leurs ramifications dans un membre, et en pareil cas la peau se dqbir semée de stries rouges, qui en suivent exactement le trajet.
Les sympathies des vaisseaux lymphatiques avec les glandes du même systèop v sont pas moins fréquentes. Un des phénomènes les plus ordinaires des lésiaoi^ nutrition des grands viscères est le gonflement des glandes lymphatiques qui vé sinentceux-cL Ainsi, les glandes cervicales se tuméfient dans les maladies 019niques du cou et de la glande thyroïde ; ceUes de l'aisselle, dans les lésions orpùq» des mamelles, le cancer en particulier; celles du bas- ventre, dans les mà^ki organiques de Testomac et du canal intestinal ; celles qui accompagnent les cooduib biliaires, dans les maladies organiques du foie ; celle de l'aine, dans les lésioosoniïniques des testicules, de Turèthre, de la prostate.
Les engorgements des glandes lymphatiques ne sont pas rares non pins dim)^ affections inflanunatoires, par exemple après les piqûres, les déchirures, ksa» tusions. L'application d'un vésicatoire qui enflamme la peau est soment simie^ gonflement des glandes lymphatiques, qui s'observe également dans le forosde. dans le panaris. Dans ce dernier cas même, rien n'est plus commun que defsr les vaisseaux lymphatiques du bras entier irrités jusqu'aux glandes axilbim Vê' flammation de l'urèthre appelée gonorrhée et les maladies inflanuDatoiresdeiii*' cules se compUqnsnt fréquemment de tnmtfactioB des glandes i^gàshs» ii *
STHPATHIKS^ 699
ce qu'on appelle des bubons ; il en est de même des glandes de TaîMelle dans les affections inflammatoires de la mamelle, et de celles du cou dans les phlegmasies de la parotide (1).
Ce qui distingue ces gonflements sympathiques de Taffection primaire, c'est que, la plupart du temps, ils disparaissent aussitôt que cesse la maladie de l'organe qui avait été primitivement atteint ; c'est qu'ils ont le caractère chronique dans les maladies chroniques et le caractère aigu dans les maladies aiguës ; c'est enfin que, dans le cas d'affection sympathique, le tissu situé au-dessous de la tuméfaction ne s'éloigne généralement pas de l'état naturel.
£n général, on peut dire qu'une irritation lymphatique fort étendue est susceptible de partir d'un point quelconque de la surface du corps où il se trouve beaucoup de vaisseaux lymphatiques. Cette irritation peut survenir tant par l'effet de l'inoculation matérielle d'un principe morbifique, qu'à la suite d'une l^on dans laquelle il n'a été introduit aucune matière étrangère , telle qu'une plaie ou une Uessure. On voit d'après cela que la propagation matérielle d'une substance quelconque dans les vaisseaux lymphatiques n'est au moins pas indispensable pour la déterminer. Elle peut nattre tout aussi facilement d'une irritation de la surface interne du corps que d'une lésion de la surface externe, et dans les deux cas elle donne lieu à des séries parallèles de phénomènes. De même que l'inflammation de li peau par une brûlure occasionne une irritation lymphatique des parties environsantés jusqu'aux glandes lymphatiques les plus prochaines , ainsi l'inflammation de la membrane muqueuse du canal intestinal, quand elle dure un certain laps de tem[>8, détermine une irritation des vaisseaux et des glandes lymphatiques du niélentère, parmi lesquels les vaisseaux et glandes correspondant aux points enflammés i*enflamment et se tuméfient de préférence, ce dont nous avons un exemple* si [iraient dans les ulcères intestinaux de la fièvre typhoïde.
Il arrive quelquefois, comme l'a vu Cruveilhier (2), que les vaisseaux lymphatiques provenant d'une ])artie en suppuration renferment du pus, aussi bien que les veines : les glandes lymphatiques corres|X)udantes peuvent aussi suppurer. On lie tromperait en disant que ce pus a été absorbé })ar les lymphatiques. De même qu'après l'amputation il se produit du pus dans les veines du moignon, par l'effet de la phlébite, de même il s'en forme, dans les lymphatiques provenant d'une partie enflammée, par suite de la propagation de l'inflammation. L'inflammation et la suppuration des glandes mésentériques, dans les ulcérations de l'intestin qui accompagnent la fièvre typhoïde, prouvent clairement qu'en ce cas au moins le pus qu'on rencontre dans les vaisseaux et les glandes lymphatiques a pris naissance sur le lieu même où on l'observe.
Vaiaseaax sanguins.
Réfléchissant que les sympathies du pouls avec les maladies n'appartiennent pas tant aux artères qu'au cœur, et prenant en considération que les maladies locales des artères, comme leur inflammation et leur ramollissement, demeurent généralement bornées au point irrité, parce qu'elles n'ont pas de tendance à se propager
(I) Breschet , te Sfitème lympkaHqui, Paris , 1886.
W ÂMÊi.pMkoLéKL90rpÊàmMm.9ukfî»U,Xm*timànmlÊtâÊà^H,
700 SYMPÂTBlÉa,
au loin, nous somme» autorisé à conclure que les sympathies de ces
faibles, ou du moins nous sommes en droit de le penser des tuniques des p«B
artères^
Mais nous sommes forcé d*atiribuer au système nerveax, sur i'éCal des artèro, une influence qui est indépendante du cœur; elle nous est attestée efiectifcwii par les changements de la turgescence de la pean dans les passions, par ks cnh gestions locales et le coUapsus consécutif qu'on observe à la suite de toute eidtaiiai des parties extérieures, sous la seule influence du mouvement passionné.
Il est difficile de décider si , lorsqu'il y a affection générale des veines, ceUe-d est partie originairement d'un point du système veineux, et a gagné peu à peu dn terrain par sympathie, ou si la cause prochaine de la maladie a poné son actioi sur une grande partie du système à la fois. Cependant le s)'Stèuie veineux çmaÊt cela de particulier qu'en général ses maladies ne sont point des affections ttitâtment locales, comme le prouvent l'atonie des veines et les varicea.
La phlébite nous donne une preuve directe de l'étendue des sympathies dosiitème veineux. Elle se manifeste localement, sur le tnyet d'une veine, parror des causes capables de la déterminer, telle qu'une saignée mal faite , ou la léaai d'une varice, de même qu'elle sunient dans les plaies produites par ks vapÊt tions, ou dans la matrice des femmes en couche; mais elle dépasse a^ec taoldr npdité son point de départ, qu'en peu de temps die envahit tous les troncs taneux du membre. Aussi la phlébite entraîne ordinairement la mort, quand us r sait pas la reconnaître et la combattre sur-le-champ^: elle passe à la suppuratka
Une sympathie remanpiable des veines consiste dans leur reUchement et ktf ampliation au pourtour d'une tumeur avec dégénérescence du système \-ascnhire. Cette disposition des petites veines à perdre leur ton et à se dilater s^étendtpidquefois au corps entier, dans les cas de cachexies et de dyscrasics, et donne Uea à des changements particuliers de la coloration, par exemple à des cercles Mens aotour des yeux.
Tmsu glandulaire.
Quoique certaines maladies, telles que les scrofules, le cancer et les Uibercaleh. qui sont des lésions de la nutrition , attaquent spécialement le tissu glandoUire. l'alTection générale de ce tissu qu'on observe alors ne saurait être expliquée (urb sympathie ; car il est dans la nature de ces maladies de se jeter surtout sarh glandes, et leurs envaliissemeuts nu tiennent pas tant à la propagation d*une tnib* tion locale qu'à une prédisposition eu vertu de laquelle le tissu glandulaire toonbe malade partout, dès qu'il vient à être irrité sur un point. Cependant U n est p» permis de douter que, quand une maladie commence dans une glande déterminéi*. elle ait plus de tendance à envahir celle-ci tout entière, |ïar sympathie entrp » diverses parties, que les organes environnauts.
Parmi les phénomènes de l'irritation sympatliiquc du tissu glanduhûre, oo {n-si citer un fait bien connu. Tous les organes de sécrétion , de même qu'ils traa»mettent à leur conduit excréteur les irritations dont ib sont atteints, devirtnent aussi le siège d'une irritation sympathique quand c'est leur conduit qsi e^ irrité le premier. Ainsi la présence des aliments dans la bouche détermiBe «r sécrétfon plus abondante de la part des glandes saiivaires; celle d'i
SYMPATmES. 70!
la vessie active la sécrétion du reiii (?) ; celle du gland rend la sécrétion du s])erme plus abondante; celle de la membrane muqueuse de Tœil donne lieu à la formation d'une plus grande quantité de larmes. G*est un fait connu également qu'aussi longtemps que les aliments se trouvent encore dans Testomac , la bile ne coule qu'en petite quantité dans le duodénum , mais que la quantité de ce liquide augmente beaucoup durant la seconde période de la digestion , quand le chyme entre en contact avec la membrane interne de l'intestin grêle, et qu'elle diminue au contraire pendant la faim.
Les matériaux qui font le sujet de cet article ont été rendus, par Bichat, accessibles à la lumière de l'anatomie pathologique, dans son Anatotnie générale, ouvrage dans lequel on trouve plus de vrais principes d'une pathologie générale que dans la plupart des livres qui traitent spécialement de cette dernière. La propaga* tien sympathique des états des tissus doit être expliquée par les propriétés fondamentales des cellules dont les tissus sont composés, ou dont au moins ils naissent. Or, c'est une propriété générale des cellules, et par conséquent aussi des molécules de tissu qui en proviennent, qu'elles se communiquent les états dont elles sont affectées, et se mettent en équilibre ensemble. Ce mode de propagation , commun aux végétaux et aux animaux, est généralement lent I^s effets rapides à distance n'appartiennent qu'aux animaux, et dépendent des propriétés du système nervenx.
SYMPATBIKS DR TISSt S DIFFKnP.NTS LES UN^ AVEC LES AUTHKS.
Clette seconde forme de sympathie est beaucoup plus rare que la première. Généralement parlaift, une maladie se propage plus facilement d'un tissu à un autre analogue dans un autre organe, que d'un tissu quelconque à un autre différent de Ini dans un même organe. La timique muqueuse du canal intestinal entier peut devenir le siège d'une sécrétion morbide, sans que la musculaire soit simultanément affectée ; la substance musculeuse du cœur peut demeurer saine au-dessous de l'enveloppe séreuse malade; la tunique mUsculeuse du canal intestinal peut être atteinte de spasmes sans que la muqueuse et la séreuse soient affectées ; la tunique séreuse peut sécréter du liquide sans que les autres membranes d'un organe s*en re^ssentent : cependant il existe des sympathies de ce genre. Ici l'on doit remarquer que, si les sympathies des diverses parties d'un même ti^u y produisent en général des états semblables, au contraire, dans les sympathies des tissus différents , les affections de ces tissus varient en raison de leur mode de vitalité. L'inflammation est ici aussi la seule qui se communique saas changer de nature. Les principaux phénomènes sympathiques appartenant à cette classe sont les suivants :
A** Sympathies entre la pean et les membranes muqueuses, — Celles-là sont très fréquentes. Beaucoup de maladies des membranes muqueuses , notamment les inflammations et les blennorrhées, ne doivent souvent naissance qu'à l'action d*une cause morbifique sur la peau, et vice versa. A la suite d'un refroidissement de la peau, on voit survenir la pneumonie, l'angine, l'entérite, etc., ou une affection catarrhale de ces parties, et toujours dans la membrane muqueuse de l'organe qui , en raison des circonstances individuelles, a plus de prédisposition aux maladies que la peau. Llnflammation de la membrane muqueuse du poumon ou de l'estomac succède quelquefois aux brAlures fort étendues des téguments extérieurs.
Les membranes muqueuses soûl parfois affectées en même tempt que la peau, dans les exanthèmes. D*un autre côté , une maladie des membranes muqueuso, par exemple, un état gastrique, change la sécrétion , la turgescence, la couleur de la peau extérieure. On peut aussi agir sympathiquement par la peau sur les membranes muqueuses, comme lorsqu^on applique le froid à rextérieur pour arrêter lo hémorrhagies de ces membranes.
2° Sympathies erUr^ la peau et les membranes séreuses, — Les épancbemeou du liquide fourni par les membranes séreuses diminuent, en général , la sécrétioo cutanée, et la sup))ression de cette dernière donne quelquefois lieu à des collections de liquide dans les sacs séreux , soit que la peau fût saine auparavant , son qu'elle fût atteinte d'exanthèmes dont une cause quelconque vient troubler li marche. Enfin il n'est pas rare que des influences morbiliques qui agissent sur k» téguments extérieurs déterminent l'inflammation des membranes séreuses
3° Sympathies entre le tissu glandulaire et les membranes muqueuses, — J'ai déjà dit précédemment que la glande qui décharge son produit à la surface d udp membrane muqueuse est unie avec celle-ci par les liens d'une vive sympathie « qui tient , non seulement à ce que le tissu glandideux peut être considéré conune une prolongation du conduit excréteiu*, et ce dernier comme une continuatioo de la membrane muqueuse, mais encore à ce que les glandes annexées au canal intestinal lui- sont redevables de leur origine première, et proviennent, dans le priacii)e, de son propre tissu. Nous ne devons donc point être surpris de voir rirritition de la membrane muqueuse buccale provoquer la salivation , celle de la cosjonctive amener le larmoiement , et une indigestion faire couler la salive en plo> grande abondance.
U** Sympathie^ etUre les membranes muqueuses et les membranes séremei. — Il est plus rare d'observer celles-là que les précédentes.
5° Sympathies entre les membranes fibreuses, la metnbrane médullaire da os et les tissus osseux et cartilagineux, — Une relation très intime existe enire toutes ces parties. L'étal du périoste influe sur celui de l'os, et vice versa, A Tinflammation du périoste succède fort souvent une tuméfaction de Tos sous-jaceui, et dans les gonflements des os le i)ériostc se tuméfîe aussi. Après l'inflammatkA de la membrane médullaire, il survient une tuméfaction de toute l'épaisseur et Fos. J^ destruction du ])érioste entraîne la nécrose externe des os longs , et cet de la membrane médullaire leur nécrose interne. Ce conflit tient principalemist à ce que du périoste et de la membrane médullaire partent une inûnité de vasseaux qui pénètrent de dehors en dedans et de dedans en dehors dans l'inténeor de l'os.
Un médecin attentif n'aura pas de peine à aUonger cette liste d*exempks àt sympathies entre des tissus de nature différente; mais l'explication qu'on doit eo donner ne saurait être la même pour tous les cas. Les membranes sécrétantes sont. par elles-mêmes, et indépendamment des nerfs, en rapport d'antagonisme les ua» avec les autres, à cause de l'influence que l'état de sécrétion exerce sur la nusK des liquides. D'autres phénomènes, dans lesquels le changement porte moins ar la sécrétion que sur l'état tout entier de vitalité des membranes^ conmie ceox^ ont trait au conflit entre la peau et les membranes muqueuses, appartiennent di> vantage à la classe de ceux qui sont dus à une réflexion qu'on doit expliqiMr|iv
STMPATIIIEB. 70S
le concours des nerb. Quaot au conflit entre les glindes et les membranes muqueuses, on ignore s'il a lieu par réflexion ou par le concours des nerfs eux-mômes, sous rinfluence du grand sympathique. £nGn le conflit entre le périoette, tant externe qu'interne, et les os, s'explique au moyen des rap|)orLs entre les vaisseaux de ces parties, et des connexions de leur tissu vasculaire.
STMPATHIIS DB TIfSDS AVIG M$ OIOAIIM «RTIBIS.
La maladie d*un organe entier à laquelle participe un tissu qui a beaucoup d'extension se propage aux prolongements de ce tissu par de là l'organe primitivement affecté, et, réciproquement, l'état d'un tissu peut réagir sur celui d'un organe complexe.
Des exemples de ce genre de sympathies sont fournis ])ar les rapports des viscères avec la peau, les membranes nmqueuses et les membranes séreuses.
Ijne cause morbifique peut trouver accès par la peau à tout organe disposé à tomber malade ; d'un autre côté, des irritations exercées sur les téguments extérieurs peuvent exercer une influence dérivative sur les états morbides d'un oi^ane placé au voisinage. Les hémorrhagies internes sont arrêtées aussi par l'action du froid sur la peau. Enfin une maladie exanthématique peut se jeter sur toutes les parties internes.
Les membranes séreuses participent toujours aux états dejj organes auxquels elles fournissent une enveloppe. Dans les lésions organiques des viscères, elles souffrent, non pas seulement là oi\ elles revêtent ceux-ci , mais encore dans toute leur étendue. C'est ainsi qu'on voit survenir l'hydropisie de poitrine à la suite des maladies organiques du (Mumon , l'hydropéricarde apr^s celles du cœur, l'ascite après celles du foie, de la matrice et des ovaires, l'hydrocèle après celles des testicules. Ici l'expérience nous a révélé une loi : c'est qu'ordinairement ce sont les naembranes séreuses les plus rapprochées de l'organe malade qui reçoivent l'influence sympathique.
Les membranes muqueuses sont également afliectées toujours dans une grande étendue lorsque les viscères viennent à être atteints de maladies auxquelles elles participent : ainsi , l'on observe la leucorrhée dans les affections organiques de la matrice. Les membranes muqueuses des bronches sont affectées dans les maladies des poumons. Les lésions organiques de l'estomac et du canal intestinal s'accompagnent fréquemment d'une constipation opiniâtre, due au défaut de sécrétion dans la membrane muqueuse du conduit alimentaire.
Toutes les fois qu'une membrane muqueuse est frappée d'inflammation, le sytt^me entier ressent l'atteinte, et les muscles plac^*s au voisinage sont , ou gênés dans leurs mouvements, comme ceux du pharynx dans l'angine pliaryngée, ou i^tés de spasmes, comme le diaphragme et les muscles intercostaux dans la toux irriiative qui procède de la membrane muqueuse des poumons. Une irritation mécankpie de la membrane muqueuse produit le même effet On connaît les spasmes qui proviennent d'une irritation mécanique de la glotte , et le soulèvement auquel donne lieu la titillation du pharynx ; l'irritation de la membrane muqueuse de la y/mme et des uretères par des calculs et par l'inflammation détermine le spasme dii sphincter de l'anns et du sphincter de la vessie , ainsi que la rétraction dn
70/i SYMPATHIES.
testicule par le musck* crémaster. Nous ayons déjà vu précédeiumont que rirritation des membranes muqueuses peut occasionner des mouvements respiratoires spasmodiques, comme on en observe dans le vomissement , l'éternument , le hoquet, la toux , etc.
De toutes les membranes , les fibreuses sont celles qui ont le moins de conflit avec d'autres organes, même avec ceux qu'elles enveloppent A cet égard , elle agissent presque comme isolateur des parties qu'elles sont destinées à protéger et à maintenir en place. Leur inflammation seule peut, en raison de la perversion do sang et du conflit des vaisseaux, donner lieu à des symptômes violents, même dao5 les organes qu'elles circonscrivent ; c'est ainsi que l'inflammation de la dnre-mm s'accompagne de symptômes cérébraux intenses.
Du reste, les sympathies des tissus avec des organes entiers trouvent leur explication, soit dans les lois de la réflexion, lorsque les parties n'ont aucuih' connexion les unes avec les autres, comme la peau et les organes internes, soit dans le conflit des vaisseaux et des nerfs vasculatres , quand ces parties sont uoie ensemble , comme la matrice et la membrane muqueuse des organes génitant.
STMPATHIBS D*0BGA2«ES KNTUBS BMCS EDI.
Quoique l'idée fondamentale de l'organisme implique nécessairement c|u*un organe peut agir sur tous les autres , cependant la transmission des états a lieu pb facilement entre les organes de certains systèmes qu'entre ceux de certaias autns Voici quelles sont les sympathies qui se rangent ici :
1. Sympathies entre des organes qui se ressemblent , eu égard à leur strucuvr et à leiur fonction, entre les diverses glandes salivaires, entre le coeur et les vaissmi sanguins, entre l'estomac et le canal intestinal, entre les organes centraux du système nerveux.
2. Sympathies entre les organes qui, bien qu'ayant une structure diflemic. appartiennent à un même système, comme les diverses parties de ra|)pan*ilcliybpoiétique (canal alimentaire, glandes, rate), de l'appareil uropoiéticfue, de Tapt»reil génital, de ces deux derniers entre eux, et de l'appareil respiratoire ( laryoL trachée-artère, poumon).
3. Sympathies entre les organes qui sont mis en communication auatomiqv par des vaisseaux et par des nerfs, comme les poumons et le coeur.
h. Sympathies entre tous les viscères importants et les organes centraoi éi système nerveux. Ici se rap})ortent l'aflection concomitante du cerveau dans Ymflanunation des visc(*res, du foie, des poumons , du conduit alimentaire , les afer* tions de l'estomac et du foie, la polycholie, l'hépatite, apW*s les lésions et lesini tations du cerveau, etc.
Les phénomènes sympathiques de cette espèce s'expliquent, tantôt par ladé^ dance dans laquelle les organes d'un même système ou des parties ayant entrrdb des connexions anatomiques, sont de mêmes points d'irradiation de VMikv nerveuse ; tantôt par l'influence des parties centrales du système ueneux sur tm les organes. Ce qui semble annoncer que l'influence des organes centraux jow<° un rôle supérieur à celui de la communication du nerf grand s}in|)athique« ((* qu'il y a certaines sympathies totalement inexplicables par la liaison des nerfs otft la connexion anatomique, comme celles qui ont lieu entre les mamelles et ksp*
^n ties gënitalesT entre le larynx, les organes respiratoires et l'appareil reproducteur, • ^ Tépoque du développement de la puberté, chez les personnes livrées à la débauche et chez les hommes mutilés par la castration. D'autres sympathies encore ne -m.- se prêtent jusqu'à présent qu'à la seule explication par la réflexion : telles sqnt __r: celles de la parotide et du testicule, organes dont les affections inflammatoires se ^^y Jettent quelquefois de Tun sur l'autre.
SYMPATHIES DES NBBFS BUX-MÈMES.
On peut classer de la manière suivante les faits qui se rapportent ici.
Sympathies des nerfe avec les parties centrales du système nerveax.
■zi' Pour agir d'une manière conforme à la nature, les nerfs exigent Tinfluencc con- . .- tiniielie des organes centraux , comme le prouvent les expériences dans lesquelles '. Sticker, Longet et moi nous avons \u un nerf séparé depuis quelque temps du cerveau et de la moelle épinière perdre entièrement son irritabilité. Mais les organes centraux peu\ent subir aussi des changements delà part des nerfs. Les phé- ^. nomènes qui \iennent à l'appui de cette assertion ont déjà été relatés en partie dans le chapitre des mouvements réflexes. Il est une foule de circonstances où nous nous servons de ce conflit pour obtenir la guérison de maladies des organes centraux. Ainsi, nous excitons la moelle épinière en irritant les nerfs auxquels elle donne naissance, par des frictions avec la brosse ou autrement, par des sinapismes, des vésicatoires, le moxa, le séton, etc. Nous agissons sur le cerveau et le cordon . . rachidien, par l'intermédiaire des nerfs, au moyen des bains froids et chauds, des liains de surprise, de l'eau froide versée goutte à goutte sur divers points de la peau. - Tous ces faits étaient connus jusqu'ici ; mais on connaissait moins les faits physiologiques d'où l'on peut les dériver. Aujourd'hui nous sommes en mesure, à l'aide d<» phénomènes qui ont été exposés en traitant de la réflexion, de concevoir net- . tenientla manière dont s'accomplit ce genre de conflit. Sur quelque partie, du corps, de la peau surtout, qu'on fasse agir une irritation mécanique, galvanique . on chimique, on peut déterminer, dans les nerfs qui en proviennent, un effet centripète violent qui, lorscpi'il se répète souvent , est en état de ranimer le travail languissant de la vie dans les parties du cerveau et de la moelle épinière d'où ces nerfs naissent , et d'agir ainsi indirectement sur d'autres parties des organes centraux. De ces considérations , il résulte, pour la tliérapeutique , que nous avons deux manières d'influencer les organes centraux :
1** £n agissant directement sur eux par des substances ingérées dans le canal intestinal ou appliquées à la peau , et qui passent dans le sang, métliode qui se montre inefficace dans une multitude de circonstances ;
2** En agissant sur les nerfs qui naissent des organes centraux, antre métliode dont la thérapeutique obtient les meilleurs effets.
Sympathies entre les ucrfs de mouvement et les nerfs de sentiment.
Dans le cas .précédent , nous n'avons considéré le changement opéré dans les ^ organes centraux eux-m(^mes qu'autant qu'il avait lieu par des impressions sur les
nerfs de sentiment. Ici nous allons parler des réactions qu'à c^tte occasion les organes centraux exercent sur d'autres nerfs de sentiment ou de mouvement. LVxcitation centrip^tc des nerfs sensitifsne se borne point à agir sur les organes centraux: elle est réfléchie aussi \^r ces organes. Cette réflexion a également lieu entre des nerfs sensitifs dilîérenls. Voilà {X)urquoi nous pan enons à exciter certains nerfs de sentiment qui sont inaccessibles à nos moyens directs , cx)mme ceux de l'ouïe et de la vue , en stimulant d'autres nerfs sensitifs qui ont de l'affinité avec en\ et au point de vue physiologique et à celui de leur origine. C'est là-dessn> que se fonde le traitement de la dureté d'ouïe et de l'amblyopio par les irritani> de la peau , etc. Des impressions réfléchies de nerfs sensitifs .sur des nerfs moteurs, par l'intermédiaire de la moelle épiriière et du cerxeau, noussen<'nii guérir quelquefois des paralysies locales de certains nerfs, par exeuiplc du facial comme dans le cas de blépharoptose, etc. Dans tous ces procédés thérapeutique éprouvés depuis longtemps, comme aussi dans ceux qui sont consignés au |>angraphe précédent , nous voyons dès à présent nos connaissances physiologiques rt nos connaissances pratiques se lier ensemble de la manière la plus Intime, ifjé pfogrès que celui de savoir qu'on peut et comment on peut influer d'une manière salutaire sur des mouvements en excitant des sensations par des imm artificiels !
Sympathies des nerfi pairs.
Ici se placent surtout les nerfs de sens pairs, comme les deux optiques, lesacoBSr tiques, les olfactifs et les nerfs du système ciliaire.
Dans les cas d'affection primitive d'un seul œil, où l'irritation n'a primordiakment agi que sur ce dernier, il arrive quelquefois à l'autre œil d'Otre atteint de b même maladie. Lorsqu'un œil a été détruit [>ar l'inflammation , l'autre cpromt parfois aussi le môme sort Les affections de l'oreille interne ne demeurent |tt> toujours isolées. Celui qui a perdu l'ouïe d'un côté ne la conserve pas ronstainment du côté opposé. Les sympathies des nerfs moteurs (V^. l'œil, et en particoliff des nerfs ciliaires, sont assez connues. C'est aussi à ces sympathies qu'il faut rapporter l'égalité d'ouverture des deux pupilles, malgré la différence des impres>i*«s extérieures qui agissent sur l'un et sur l'autre œil. Les sympathies des nerfs juiR se manifestent très fréquemment daus les névralgies : on voit fort souvent leik douloureux d'un côté de la face être suivi de l'apparition du même accideni 4 Tautre côté. L'odontalgie qui dépend de la carie d'une dent ne reste pas limitéfao lieu où se fait sentir l'irritation ; parfois aussi elle se fait sentir dans les ncriis pair» du côté opposé.
Sympathies des nerfii moteurs entre eux.
Les nombreux phénomènes d'association de mouvements qui se rapportntid. et qui consistent en ce qu'à l'occasion d'un mouvement d'autres mouvcmeols s*' involontairement excités, ont été énumérés et expliqués précédemment.
Sympathies des nerfs sensiU&.
Les sympathies des neriis de sentiment nous apparaissent sons trois fo^Bespri^
pales, qui ne diffèrent que par Tétenduc et réloignement des jwrties mises en •nsensus.
1° Une sensation vive, excitée sur un seul point, se propage dans des nerfs de ôme espèce ou dans d'autres fibres nerveuses du même nerf. Tejles sont les irraations des sensations dans les parties voisines de la peau , à la suite d'une forte ûlure purement locale. L'explication de ces phénomènes a été donnée en traint de l'irradiation.
2'' Un nerf de sentiment communique l'impression qu'il a reçue à, un nerf sentif d'une autre espère , mais dans le même organe. Cette espèce de sympathie :)bserve principalement entre les nerfs sensoriels proprement dits et les nerfs ac- •ssoires des organes de sens. En effet , outre les sensations proprement dites que ocurc chaque organe de sens, il fait encore éprouver, mais par d'autres nerfs, s sensations générales de la résistance, de la chaleur, du froid , du plaisir, de la )uleur. Le nerf optique n'est apte qu'à sentir Ja lumière, et, suivant Magendie, ne jouit pas du toucher ordinaire ; cependant l'œil éprouve des sensations de uclier au moyen et des rameaux de la première branche du nerf trijumeau qui ; «listribuent à la conjonctive, et des nerfs ciliaires. Ce sont donc là .des nerfs acccsâres ou auxiliaires de l'œil. L'organe auditif possède , outre le nerf acoustique , \s nerfs accessoires, provenant du facial, du glosso-phar^ngien, du grand sympaliquc, de la seconde et de la troisième branche du trijumeau, enfîn du ganglion ique, (pii se répandent dans la caisse du tympan , et sur lesquels nous revien- -ons dans la physiologie spéciale de chaque nerf. C'est à ces nerfs, répandus dans membrane muqueuse de la cavité tympanique, et à ceux fort nombreux du pallon de ForeiJle et du conduit auditif externe, que sont dues les sensations tactiles 3 l'organe de l'ouïe. Le nez n'est pas seulement le siège de l'odorat au moyen des îrfs olfactifs , qui , suivant Magendie , ne peuvent sentir autre chose que des leurs ; il reçoit aussi, par les nerfs nasaux de la seconde branche du trijumeau, 3 vives impressions tactiles, telles que les sensations de résistance, de chaleur, > froid, de chatouillement, de douleur, etc. La langue, comme chacun sait , tt susceptible de recevoir et les impressions des saveurs et les impressions du ►ucher.
L'un de ces modes de sentir peut être aboli dans chaque organe sensoriel, quoiae l'autre persiste. Mais les nerfs sensitifs et les nerfs tactiles des organes de sens ml susceptibles de réagir vivement les uns sur le? autres par sympathie. La cécité ni survient quelquefois après les lésions du nerf frontal a été placée parmi les tiénomènes de ce genre, quoiqu'il soit encore douteux qu'elle y doive être ran- >e. On croit que la lésion du nerf frontal réagit sur le tronc de l'ophthalmique, où émane le nerf naso-ciliaire qui fournit la longue racine du ganglion ophthallique. Mais les nerfs ciliaires ne peuvent paralyser que l'iris, et ils n'ont pas ce Duioir à l'égard de la rétine , qui n'a aucune connexion avec eux. Je trouve caucoup plus naturel d'attribuer la cécité qui s'observe après les contusions de la »gion frontale à la commotion de l'œil et du nerf optique. Cette manière de voir jt appuyée par la critique que W'alther (1) a publiée des anciens faits relatifs à amaurose et aux lésions des nerfs sus-orbitaires : il démontre que nous ne possé-
(i) Journal fwtr C/dfurgie und AugenheilhuuU , i8A0| t. XXIX| p. 605.
dons pas une senle observation sur laquelle on puisse compter, ou que le fait loimême est incertain : la seule chose dont il admette h possibilité, c^est qneks lésions traumatiques des nerOs sus-obitaires influent par syoïpathie sur la nutritiot de l'œil. Beaucoup d'autres phénomènes nous fournissent des exemples irrécosibles de réaction des nerfs sensitifs : tels sont les démangeaisons qu*on resseot dans le nez après avoir regardé le soleil , les frissonnements que font éprouf er certains sons, etc. L'explication qu'on doit donner de ces phénomènes n'est point douteuse d'après les principes que j'ai posés en traitant de la mécanique des
nerfs. »
3"* Ce qui vient d'être dit du rapport entre les nerfs sensitifs et leurs nerfs accessoires est vrai aussi des sympathies plus éloignées qui ont lien entre les organes des sens et les viscères du bas-ventre. On a quelquefois observé, dans les tnmhki des fonctions des organes abdominaux, l'amblyopie, des bourdonnements d'oreilles , etc. Beaucoup d'auteurs expliquent également ces phénomènes en admettaDt que le nerf grand sympathique prend part aux fonctions des organes des iem. Mais on les conçoit bien plus aisément à l'aide, et de l'impression que les çhangemeniN des nerfs abdominaux produisent dans les organes centraux, et de la néflciion de cette impression sur les organes sensoriels. On ne peut pas considérer les chm^ ments que les organes des sens subissent dans les maladies du bas-ventre comme des phénomènes isolés; le système nerveux tout, entier a souvent subi aussi mr altération ; des céphalalgies opiniâtres précèdent l'affection des organes sensiorifls. ou les accompagnent, et la sensibilité générale de tous les ncrfe sensitifs, des art rachidicns, est altérée.
Après avoir passé en jrevue les différentes formes des sympathies, il est nécessaire de jeter un coup d'œil sur l'emploi que la thérapeutique fait de ces denMfs. La théorie de la staUque du consensus nous apprend que nons devons bien kns garder d'accroître l'état maladif de l'organe A par des actions dirigées sur Torgane B; mais elle nous indique aussi les moyens de noodificr l'organe A, qui est inaccessible pour nous, k l'aide de changementi convenables déterminés dans ForganeB. Les méthodes curatives fondées sur ce principe portent les noms de dérivation et d'anugonisme , attendu qu'elles tendent à provoquer un certain cbançfment dans un organe pour faire cesser un état quelconque dans un autre organi*. Voici quels sont les cas qui |)euveut se présenter :
l'** Accroître l'activité de la partie malade A, en exaltant ccUc de la partie B, qoi sympathise avec elle.
S** Diminuer l'irritation de la partie A , en relâchant la partie B , avec laqiK^ elle est unie par les liens de la sympatliie. C'est principalement des sympathies nerveuses qu'on doit attendre cet eiïet, surtout dans les points où les lob deb réQexion des nerfs sensitifs sur les organes centraux et de ceux-ci sur les nerfs moteurs trouvent à s'appliquer. L'expansion périphérique des nerfs cutanés fournit au médecin un vaste champ [)our agir d'une manière indirecte sur le ceneaueti> moelle épinièrc. Ainsi, on accroît l'activité des organes centraux, ou bien on caime leur irritation, suivant qu'on stimule celle des extrémités périphériques de> œi^ dans la piîau par des frictions , l'électricité , le moxa , les bains froids, le> ^ pismes, etc. , ou qu'on h diminue par des bains tièdes. 3» iHminuer la sécrftiùi» mvhide de k partie Â, en augmentant celle de b pv-
lie B, ou en provoquant une sécrétion analogue daiis cette dernière. L'effet produit ainsi est absolument inverse de celui qui a lieu dans le cas précédent. Là l'impression faite sur A en dclerniine une semblable en B ; ici l'impression reçue par A amène un résultat contraire en B. Cette contradiction s'explique par l'antagonisme des diverses sécrétions. Tout accrois^ment d'une sécrétion doit être considéré comme une soustraction faite à la masse des humeurs, de sorte qu'il modifie l'équilibre de la répartition des liquides dans le corps. C'est ainsi qu'il faut envisager l'effet des vésicatoires et des cautères, quand une partie interne est disposée à des sécrétions morbides , celui des diurétiques dans les hydropisies, etc. Seulement, il est à remarquer qu on diminue rarement la sécrétion. morbide d'une membrane muqueuse en activant celle d'une autre membrane muqueuse, c'est-àdire d'un tissu identique, parce que les états analogues tendent à s'exaspérer mutuellement, plutôt qu'à se contrebalancer, dans les tissus de même espèce.
U° Diminuer la congestion du sang dans l'organe Â, en déterminant une congestion sanguine dans l'organe B. Tel est l'effet des pédiluves chauds. Ce cas ressemble au précédent ; il est l'inverse des deux premiers, et il s'explique de la même manière.
5" Diminuer l'état x dans la partie A, en provoquant un état différent de celuilà, y, dans la pailie B. On se sert fréquemment de cette méthode avec les plus grands avantages. La sécrétion et l'inflammation doivent être considérées, surtout dans les parties chargées de sécréter, comme deux états presque opposés. L'inflammation supprime toujours les sécrétions naturelles; aussi traite-t on l'angine avec succès par des moyens propres à exciter la diarrhée. Cette méthode est susceptible également de s'appliquer à des tissus de nature différente. La diarrhée diminue les congestions vers la tête ; mais il s'agit là d'un cas qui rentre déjà dans la catégorie de ceux du paragraphe précédent.
ô"" Diminuer l'état x dans l'organe A par la provocation du même état x dans l'organe B. Ce cas paraît être contradictoire à la plupart de ceux qui précèdent , et l'explication en est fort difficile. Si l'on voulait susciter une inflammation artificielle tout au voisinage d'une partie enflammée , loin de diminuer la maladie primitive, on ne ferait que l'exaspérer , surtout dans les flarties formées d'un même tissu, et qui ont de la tendance à se communiquer leurs états. Cependant il arrive quehiuefoiscju'ime inflammation provoquée dans l'organe B, à quelque distance de l'organe A enflammé, fait cesser celte dernière phlegmasie. On traite certaines ophthalmies par des inflammations de la peau qu'on fait naître à quelque distance de l'œil. On détermine des phlegmasies cutanées dans les maladies des aiticulatious, etc. Le résultat de celte méthode semble prouver qu'entre les états irritalifs des vaisseaux capiflaires de deux organes, surtout quand ceux-ci sont différents de tissu, ne règne pas ce rapport de réflexion que nous avons vu, dans les paragraphes premier et second, être si prononcé entre les |)arties périphériques et les parties centrales, et qui fait que l'irritation des branches nerveuses de la périphérie, au lieu de diminuer celle des organes centraux, ne fait que l'exaspérer.