‹ Manuel de physiologie v.2Chapitre 31 sur 185 · FORMES DU SYSTÈME YASCULAIRE · texte numérisé non relu

FORMES DU SYSTÈME YASCULAIRE

des maromîfùres; mais ici le resserrement actif des veiaes caves et des veines pul^* monaires est isoclirone à celui des ventricules. On peut juger, pendant qu*il s*accomplit, de la distance jusqu'à laquelle s*étend la substance contractile de la veine cave ; au delà de ce point, la veine, loin d*en offrir aucun vestige, est, au contraire, gorgée de sang et dilatée, au moment où celle de ses portions qui touche à Toreilleitc droite se trouve contractée.

Ces remarques font voir que, dans sa forme la plus simple, le cœur n*est qu*unc portion du système vasculaire revêtue d^e substance musculaire qui la rend active, et qu'il ne mérite pas moins le noVi de cœur alors même que, comme chez les animaux les [dus simples, il ne représente qu'un simple vaisseau contractile. Le reste du système vasculaire est composé de tubes qui, sous le rapport du mouvement, se comportent d'ime manière piu'eineut passive.

La circulation a été découverte eu 1619, par Harvey, chez les animaux supérieurs. On ne peut pas encore dire qu'elle soit un caractère général du règne animal, quoique le nombre des animaux simples chez lesquels elle existe aussi, ou du moins chez lesquels il y a des traces de vaisseaux, augmente à mesure que l'observation fait des progrès. Naguère encore Erdl a trouvé une espèce de circulation, dans un cercle vasculaire clos, chez un infusoire, h Bursaria vernalis (1).

Je vais passer en revue les principaux traits de ce que nous savons de plus certain à regard des formes du système vasculaire.

Chez plusieurs animaux inférieurs, on observe de petits mouvements circulaires de granules , semblables à ceux qui ont lieu dans les chara. Ces mouvement pa* raissent dépendre, non pas d'un cœur, mais d'im mouvement vibratile. Telles sont les petites circulations que Nordmann a vues dans l'enveloppe de V Alcyonella diaphana^ celles que (^arus a observées sotis les ambulacres des oursins , et les mouvements circulaires de granules qu'Ëhrenberg a remarqués cliez les méduses et dans les fibres contractiles du dos des astéries (2). Les courants ascendants et descendants que Meyen (3) et Lister (/i) ont aperçus dans le tronc des sertularinées sont un phénomène de la même espèce. Suivant Lister, ces courants ont des connexions avec Festomac, et leur direction change de temps en temps. xMeycn n'a \a& remarqué les connexions dont parle l'auteur anglais , et je n'ai pas été phis heureux que lui à cet égard. Chez certains animaux inférieurs, pounus d'un système vasculaire ramifié, le mouvement des humeurs est déterminé non pas encore par un cœur ou par la contraction des vaisseaux, mais par des cils qui garnûîsent les parois des vaisseaux. Tels sont le Diplozoon et autres entozoaires décrits par Nordmann (5) et les turbellaires d'Ëhrenberg. Ehrenbcrg et Siebold ont reconnu qu'ici le mouvement était causé i>ar des cils qui battent (6). Milne Edwards a observé le même mode de mouvement des humeurs dans les bcroe (7).

Chez les médusaires, la distribution des humeurs a lieu par le moyen de ramifications vasculiformes du sac stomacal. Il y a aussi, chez les planaires et les tré-

(0 McELLEtî'iArekh, iSâi, p. 278.

(2) Ml'elleb^s Archiv^ 183d, p. 571.

(3) Nov, net, nat, ciir., vol. XVI, SuppL (A) Philos. Traits., 4834.

(5) Wkrograpkiêehê Beitrcrge, 1832.

(6) MctLLEB*s Archiv, 1836, Jabresb. CXWYL

(7) I^aur, ann, det se, nat,, 4840, t. XIII, p. 320.

126 POMII» mj SYSl'feMK VASCUrJURK.

matoden, mr intestin ramifié <*n manHirc de VSiisseau. IHtm les animam inférienn; dont là drculatioil a été étudiée avec le plus de soin, les échinodemics et les hinidinées, le mouvement du sang est déterminé par des troncs vasculaires contractiles, simples, doubles ou multiples ; mais ces troncs ne sont ni des artères ni des veines ; ce sont en partie des coâurs Éontractilcs , qui chassent le sang dans les vaisseaux intermédiaires.

Ll> système vasculairc que Tiedemann a décrit (1) chez les hokithiirics, où il est situé en commun sur le canal mteslfaal et sur Torgane rciqMrat(nre, par^ appartenir i la même cat^orie. Il existe^en outre, chez ces animaux , un sj'stènie particulier de conduits aquifctes, qui servent à Térectibn des tentacules.

Il n'y a point encore non plus , chez les annélides, dé distinction prononGée entre les troncs artériels et les troncs veineux. On n'aperçoit que des troncs vascnbires contractilea^ simples, doubles on multiples, qui atteroativemeat se remplÎBseDt et se vident, et qui chassent le sang dans les rameanz el les réseaii intermédiaires. Les contractions suivent une certaine direction d'arrière es avant, et, d*après Dugès, font circuler le sang dans les troncs, soit' en sens horizontal, comme chez les hirudinées, où ces troncs occupent les deux eôtés du corps, soit eii sens vertical , comme chez les lombricinés, les arénicoles , les naides, oîi ils sont placés à la partie supérieure et à la partie inférieure du corps. En même temps, le sang projette alternativement d'un cAté à l'autre par les vaisseaux transversaux, un tronc se remplissant à mesure que l'autre se contracte, ainsi qu*pn k voit dans la sangsue ordinaire (2). Il existe, chez cjcs animaux, une circulation incomplète (par les troncs); et en même temps une espèce de fluctuation. Ln fait remarquable, que j'ai observé chez la sangsue ordinaire, c'est l'altemaiice dans la direction des contractions^ l'un des coeurs vascuUformes se contractant dans un sens pendant quelque temps, puis tout à coup en sens opposé, phénomène qu'on a d'ailleurs remarqué aussi chez les ascidies.

ùs néréides ont, d'après R. IVàgnier, deux troncs longitudinaux , Tnn sur le dos, qui chasse le sang d'arrière en avant et qui bat, l'autre au côté ventral, sons l'intestin (on le cordon ner^'eux) : celui-ci ne se contracte pas et ne bat point On trouve, en outre, des vaisseaux transversaux, su|)érieurs et inférieurs, pour 1rs anneaux du corps. Les vaisseaux inférieurs battent avec force, ils naissent du trmir longitudinal ventral, et se rendent dans les pattes (branchies), puis donnent naissance aux su|)érienrs, qui ne battent pas, et qui vont gagner le tronc dorsal (3). (Ihez les animaux pourvus d'un seul tronc vasculairc contractile, il y a une cireulation complète, simple, sans fluctuation, avec des courants ariériels et veineux: c'est ce qui arrive chez les insectes, où Carus a découvert une circulation simple, de la partie antérieure à la partie postérieure du vaisseau dorsal (/i). Les courants sont fort simples et sans ramifications : les pattes, par exemple, n'ont que deu\ courants simples et opposés, qui s'unissent immédiatement l'un avec l'antre eo

(1) Anatomie dcr Rcrhrenhulolkune, Ileidelbenr, 1820. — Ce itystèine avait déjà été décrit et figuré par Hunier. Voy. Catalogue ofthe collège of surgeon» , 1. 1, p. S51»

(2) Voy, Ml'bller, dans Mbckel's Archiv, 1828. — BoROAcn, Physiologie, t. VI, p. 165.— Dccb, Ann, des se. nat,, t. XV.

(3) Consultez, sur la circulation des annélides, Milub Edwards, Acmc. ttnn, dcê se. ntit.t 1838, t X.

(4) Entdeckung eines Btutkreislaufs, elr, Letpsirk, 4827. — AV»r, act, fur., t. XV, p. 2.

FORMES l)U SÏSTkME VASCUI.AIHIL

(I). Wag^ier a roufiruu^ et f» abscnationg de i'Avus mr aiion d«t iuscftos; ii a vu les airs du saiig former, sur les

l'iutestin et du «aisseau Uor- IX courants veineux, pruba-

sana parois vasculaires , cl il 'qutS auisi des globules qui t de ces coorants pour entrer vaisseau d<»-aal par des fentes

que Straus avait déjï décrites set régions do canal. Suivant le vaissean dorsal du hanneton poM' de huit cavités, qui comfnt ensemble par des vabmles Irvrcs, dirief-es on avant, et

psMT le sang d'arrière en

f t^un» 7 «I e reprëtenirot la oir- Jans VEphcmera mlgaia , d'aprùs - Fig. 7. Circulation complùlij :

;»&,1cta

iBlique , i|ui, cil dJ, décrit 1m dcoi écsila iKHcdej anleimesi e, point luraDI), aprèt i'Mk recoarbé» ror n, te rL'uninnit pMr retourner iomun; f, le piM petil M le plus es deai couranti de retour : il d6lairement dans la cuisses de cour.

ggg. qui , cbri les larves rolMUles.

t jusr[u'l A ; I , le plus gros dvii ranis de crtour, le plus interne et ipprochè (lu cùlé rentrai, atcc lelemc 9e réunit en partie par des

iransierMle» th, qui, probable' «iiile, rcçi^l k'S peliucourants des dotes en f , et <|ui , enfin , aboutit lier, le reste du courant citerne. —

Circulation d.ins l'ubdoinen, vue m ; II, le cu'ur ; i, le vaisseau dorirniil interne de retour ; et, anastotre les deux couranl* ; ff, or^ine que des couranb sanguins des Mies — Dans ces deui figures , les llêlui'ut la direction du sanfi.

nus, CoHiidti-ationt giairala tur t Jet aHinmiix ariinléi. Paris,

i'IH PORMbS DU SYSTÈME VASCULAIHF»

1^ cruMaci-s simples (dnportcs, daphiijps) semblent, d'aprùs Zenkcr et Gniiihuiseii, avoir, ainsi que les arachnide», une circulalbu non moins simple quo rellp des insecies. La circulation pulmonaire ou branchiale n'est point encore gépvét de la circulatiou générale. Chez ces crustacés inférieurs et chez les arachnidn pulmonaires, une partie du sang rosière, dans l'organe respiratoire, pendant li circulation. Chez les insectes et les arachtiidcs tradiécnnes, le sang respire dau ie corps entier, attendu que les trachées se ramifient i l'inGni dans toutes la parties. Les crustac^-S proprement dits ont un c«Gur tubuleux et long, comme b stomapodcs et les édrioplilhalmes , ou un cœur court et large, comme les |djca- ])Ddes. Les courants veineux ramËuent le sang du corps aux branchies, les veiui hianchialcs l'envoient au cceur, et celui-ci le distribue dans tout le corps, Ceilt dis))0!iition a été découverte par Audouin et Milne Edwards (1); je me suiscoDvaincu , en injectant un homard , qu'elle a réellement lieu , et je ne partage pu l'opinion de Mcckel, qui rqfaidait la membrane étendue sur le cœur comme wieorcilleite ;je croisque c'est un sinus veineux, d'oA le sang péni'tre dans les fentes du cœur.

(JieK les mollusques, la circulation ressemble à ce qu'elle est dans les cruslacn dtVajMMles, Les acé|)liales nus (ascidies, bipliores) sont les seuls chez lesqueblo veines branchiales st.* rendent immédiatement au ventricule. Chez d'antres, par exemple, la plupart desgastc-rojMides, le sang arrive d'abord ï une oreillette, d'oi il passe dans le ventricule, et les conchifères ont même deux oreillettes tx asf veineux du rtirps se rend tout entier aux In-anchies, suivant Bojanus (2) , ciiei b idupart des mollus(|ues: dans les conchilères, il se rend k un organe creox et

ï'ig. 9.

pounu d'un conduit exci^ teur, que cet amlomisle regarde comme un pouraon.

mais que les modernes coisidtrent comme nn rpÎBi \ a|in^s quoi , ht |rius gnndr ;;1 partie du liquide parficK / aux branchies, tandisque le reste pénétre tout de suite dans les oreillettes (3). Tmriranus dit cependant (fi) que, chez les coacbifères. use partie du sang des veiMf

ur cl les OTuirfg, r|ac j'ai dii^uverte cbei la plupart de» in e il h circalstion, toj. Nor. ari. nni. cur., t. Xil, p. 3;-

'WlGDH, diM

liculiiVc entre le ca purail tire ^Irantcèi hit, I8.tl, p. 330.

(1) Aim.dnK. nal., t. XI, .1817, lab. Îh-Zi.

(1) hit, IBia.

(») La ligure 0 représente la circulation de la moule d'âlong, d'apii-s Bojatius : t, vetilricutri 1, s)'«ti!nicarlËiicl;3, syMèmc veineux; li, arl^rc, et 15, trine, qui marcbcnl le long da bord du mauteati. I.n veines conduisent le «mR , en parlie dirvtiemcitt i l'ot^nc (t) qu'on appelle ivin,cicn partie au sinu» vrineui de la iiirratr supi^rieurc de l'organe, auquel il icdhilipbae cmuitc : 3, veines (|ui ramènent une partie du sanit ù rorcillelle imniËdiniemenl, le mte. allant au sinus (a), d'où naissent Ira artÎTos brantlilatr* (7) % 8, vunes liraneliialen ; 9, oreOMr.

(i) Krwbeiliiiiigm tmd (ietrl-.r dn Ubrnt, l, 1, p. 3!7, <

FORMES UV SYSTÈME VASCVUIHE. 139

branchiates tnrerse l'organe sponRionx avant <Ip jurvonir au riPiir, de im'-mo qni?, chez les gastérapode» { i.tmiix et HtUx) , une yyank du san(; des veities pulmonaires va Ragner l'organe s^iétoire di; l'acide urii|ue {aaccus ca(careiis) , avant d'aueindre l'oreiHette du cœur.

Daos les eéfrfialopodes, il y a Vi^. 10.

trois ventricules «éptrés. Le oHir aonique fournit l'aorte. 1^ veines du corps ranènetit le sang dans deux camn brambiaui la^ téranx ."^'oA les artères branchla- In le conduisent aui braochies, aprte quoi les veines branchialeg le liiat rentrer duis le cœur aortique (1).

Drs qu'une véritable circulalion apparaît dans le règne animal , toutes ies modifications i|o'dle peut subir di-pendent du rappoa qui ciistc entre les vaisseaux oc l'appareil respiratoire (pnunton ou Iwanchie) , c'cst-ùdire de la petite circulation , et ceux du corps, ou de la grandt' circulation. Tantôt une partie spukment du sai^ respire , et la petite circulation n'est, pour emplaver l'expressun de Guvicr, qu'une fraction de la grande ; UntAt le aog tout entier doit

parcourir k petite circalation, è travers les poumons ou les branchies, avant de se répandre dans ie corp& Le premier cas est celui di>s crustacâi inférieurs, des annélides, et peut-^m: d^ arachnides, parmi les aniiimax sans vertèbres , des reptiles pumi les verlâiréi. Les niolluH|ues, les cnistac^ prupremcnt dits, les poissons, k* oiieanx.'le* ■usunifevs et Itioiiuiie appartiennent au second cas. A cet égard, les ftpiaii mnfaleiit Arc iiiférieurs aux pbissons, niËine au\ mollusques et aui crustacés. Hfoii, «rifant la juste remarque de Cuvier, la respiration dans l'eau M beaucoiqi phv incmHiliU, que relie dans l'air', de sorte que la demi-respiration dn mollusques, descroftacds et des poissons, avec une petite circulation entière, DP diffère pas , quant an résultat, de la rcspiratimi entière des reptiles, avec une dpmi'petitc drcuIalioD. Les [;asiéropodes qui respirent l'air paraissent titre sup^ rieurs aux reptiles qui respirent également l'air , en ce que tout leur sang rei^'re, bodis qu'une partie seulemcm de celui des reptiles reçoit l'inHuenœ de l'air; mais,

|() Li Cgnic KrrpréMnlelt clrcoUtion ch«i k poulpe, d'iprtt le ri-gne animal de Cnier: •mr. k aorte a(cmil*nte; r troncs lelneni qui vont iléboiirlicr dans les ncun pulimnairti ; iatwn piiliannilrfiT r vii*nn ■ffifrrrnt An brancbin ; fvalMeau elTémiI, oii tHne braBiWilrif talbedesvidMMai braMhkt-nirdb(|nes.

130 FORMES ItU SVSTtUE VAStmiAlRE.

ehoilesiuollu.sques,l« sang ne se répind que d'iue iMiûèn

(Ums le poumon, romparaiivement k rabnmlancc dm vaiiHM» dus c«tuid^

R'ptilos.

Ï.CS MrK\H que présente ta manière dont ]vs artères et les veine» de l'anoml rvKpiraioirt- naisseiil de la grando circulaliori, sont nombfeuKs; la Balure ttubir même avoir épuisi^, à cet égard, toutes les cunibinaisons inugiBaUes.

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