CHAPITRE PREMIER
De la revpiratloii en géaéral.
L'oxygène est la partie essentiellement respirable de l'air atmosphérique, fi sur 100 parties, en contient 21 de ce gaz et 79 d'azote. La proportion de rxii carbonique est très faible dans l'air, dont 10000 volumes ne contiennent fi 6,15 de ce gaz, d'après Saussure ; en pleine campagne, le maximum étaitdeS,?! et le minimum de 3,15; à Genève, la proportion était plus forte de 0,31 |V 10000 parties d'air (1). Il y a , en outre, des impuretés exclusivement locib, par exemple celle qui est due à la présence d'une matière organique dont TacAl de la luuiière fait passer la couleur au rouge, et qu'on trouve aussi dansFetfà^ pluie (2). La quantité de l'oxygène diminue dans l'air où respirent des bonip et des animaux, et ce gaz est remplacé par une quantité à peu près égaie d' carbonique. Le gaz oxygène dans lequel on fait respirer des animaux snti même changement Sans prétendre que la respiration soit une combusdoo, ne peut cependant méconnaître l'analogie qui existe entre les changements (p deux actes font éprouver à l'air : dans l'un conune dans l'autre, l'azote semUe indifférent , et ne faire que tempérer l'intensité des phénomènes par sa
lorsqu'on étudie les gaz eu égard à la respiration et aux organes resptâ on doit bien se rappeler qu'il en est qui ne sont pas susceptibles d'edhrmir fonction , sans pour cela être précisément vénéneux. L'azote et l'hydrogène raissent être indifférents pour la respiration : s'ils n'entretiennent pas la ne, c' uniquement à cause de l'absence de l'oxygène, de sorte que, quand ils conti la quantité de ce dernier gaz nécessaire à la respiration, ils n'exercent action nuisible sur l'économie. D'autres gaz ne sont point indifférents, et b poisonnent, en raison de leur affinité pour les substances animales.
Il ne faut pas perdre de vue non plus que certains gaz peuvent être in^ dans les organes respiratoires malgré leurs propriétés vénéneuses , tandis que tî
(i) Atm. de cAim., l. XLIV, p. 1.
(2) GinuK, Ckemie, t. I, p. &â3.
DE LA lEWIRATION EN GÉNÉRAL. 221
ne sauraient y pénétrer en càtaine quantité, parce qu'ils déterminent un resement spasmodique, et qu'en particaUcr ils occastonnent l'occlusion de la glotte. . Gaz qui entretiennent le travail chimique de la respiration. ** L*air atmosphérique, qui produit cet effet d'une manière durable, et sans ;er aucun préjudice à la vie.
*" Le gaz oxygène et le gaz oxyde nitreux , qui entretiennent la vie pendant k^uc temps, mais non d'une manière durable.
m a prétendu que le sang des animaux qui req)ircnt le gaz oxygène devient neil jusque dans les veines, et que le gaz finissait par exercer une influeuco nictive. Mais Allen et Pepys n'ont vu survenir aucun accident chez l'homme, Is n'ont observé, chez un pigeon, que de l'agitation, qui se dissipa peu de ps après l'expérienc-e. Des cabiais que Lavoisier et Seguin laissèrent pendant i;t-quatre heures dans du gaz oxygène, n'y éprouvèrent non [^us aucun malaise, n et Pepys ont trouvé que la re^iration dans ce gaz produisait plus d'acide x)nique que celle dans l'air ; cependant le contraire eut lieu chez le pigeon cité. Les phthisiques se sentent plus mal lorsqu'ils respirent de l'oxygène. )uant au gaz oxyde nitreux, il entretient la vie quelques instants , mais ne le pas à déterminer l'ivresse et la stupeiu*, avec exaltation, hallucination des s, trouble des facultés intellectuelles, et enfm syncope (1). Une partie du gaz dissout dans le sang, qui devient pourpre : la face et les lèvres prennent la conrde celles (l*un mort II se dégage des poumons du gaz azote et un peu d'acide bonique (2).
(I. Gaz qui sont respiraUes , mais qui n'entretiennent pas le travail chimique la respiration.
L) H. Datt. Rueûrcheê on nitrouM oxyde, Londres, 1800.
t) P. Zinmieniiaim fient de publier [De rtspiratione nitrogenii oxydutali eommentatio* faoQif , îBhh) ane série d'expériences sur la respirabililé du gaz oxyde nitreux ou protoxyde Ole. Un lapin « plongé pendant vingt minutes dans ce gai , a présenté les phénomènes suits : Anziété, parai jsie apparente des routes , et particulièrement de ceux du train de dere, respiration vive, battements du cœur précipités et irréguliers , légères convuhions, asxie. Roida à l*air libre, l*animal ne tarda pas à sortir de sa torpeur. Trois jours après, le ne animal, étant demeuré trois heures vingt minutes dans le gai , revint également à la vie, ^ avoir oflSart à peu près les mômes symptômes. Un lapin de six semaines niouml, après avoir t deox iienres quarante^nq minutes dans le gaz. Un autre du même âge succomba au bout Ittx henrcfl et demie, sans avoir éprouvé la moindre convulsion. Un troisième , Agé d*un nn, t il bout de deux lieures nn quart De trois pigeons, Tun revint à la vie , après deux heures Njoar dans le gai* qu'on autre supporta pendant une lieure quarante-cinq minutes; le tÉÂne, très jeune, nonnit au bout d'une heure et demie. Zimmermann a aussi expérimenté laÎHBéniev en se servant d'un tube pour respirer le gaz, et fermant exactement les narines* 4*empècher l'introduction de l'air atmosphérique. Aussitôt il sentit un goût sucré, en môme pi qa*U éprouva une dialenr bienfaisante et un sentiment de plénitude dans les poumons. La ifation devint plus profende et plus fréquente, le pouls rapide et irrégulier. Les yeux brillè- » et l'ouïe devhit d'une extrême sensibilité. Bientôt une sensation de fourmillement par- "«t tous ses membres , surtout les inférieurs. Enfin , tous ces symptômes, qui se font sentir 1 boit ou dix inspirations, sont accompagnés d'un mouvement d'hilarité et de rire continuel, r éprouver ce phénomène singulier, une seule inspiration ne suffit pas. Zimmermann assure r ressenti, après l'expérience, un dégoût prononcé pour les aliments. La quantité d'acide onique était plus considérable que dans l'état normal. Un lapin qui consomme l'air almosiqnc nr produit par lieurc que 0,800 gr. de cet acide La moyenne de quatre expériences
222 Itt LA lESMRATIQIi EN tiÉN&RAL.
i"" Gai qni n*ont pas posûtivemcnt une ioBueiite délétère, et qui Be tueni qnc par l'absence du seul gai propre à alimenter la vie. Ce sont Taioie et l'hydrogène. D'après les expériences de Lavoisier et Seguin, les cochons d'Inde n'éproaveiM aucune incommodité dans un mélange à ])artie8 égales d'oxygèoe et d*hydrogèBe: ils y cousommcut autant d'oxygène que dans un mélange semblahie d'oxygpnefll d'azote, et n'absorbent pas d'hydro|^uc. Suivant Allen et Pepys» la reqxmioi dans le gaz hydrogène est accompagnée d'exhalation d'azote par le sang. Au dire de ces deux auteurs et de \^'etter8tedt (1), le gaz hydrogène pkmge les animioi dans un état d'assoupissement. De» grenouilles y vécurent, pour la plupart, irw ou quatre heures, rarement davantage: il y en eut une cependant dont la vie • prolongea douze heures ; elles finirent également par être frappés de stupeur, et onhlièrent de respirer ; ce ne fut qu'en les secouant alors dans le vase qui b contenait qu'on parvint à leur faire foire (|uelques inspiratiouai
2** Gaz délétères ; les gaz hydrogène C'arhoné, phosphore, sulfuré et arsénié, k gaz oxyde de carbone, le cyanogène (?). L'air atmosphérique tue, selon Tbeaaii un oiseau, quand il contient j^ d'hydrogène sulfuré ; nu cliieu, quand il m contient ^ ; un cheval, quand il en contient ^■^. L'aoîde carbonique appuiieH aussi à cette classe ; car il ne provoque pas la toux, alors même qu'on le rei|Ér en grande ([uanlité : il narcotise et détermine l'asphyxie, sans aucun symplâv de suffocation. L'air atmosphérique qui en contient plus de dix pour ces! ■ tarde pas à causer la mort. Tous ces gaz délétères font périr auip les aunin dans le sang desqueb on en injecte une petite quantité.
IIL Gaz qui ne peuvent même pas être inspirés en grande quantiié« paite qa'i déterminent une occlusion spasmodlque de la glotte, et qui, en petits qmiik provoquent la toux.
Tous les gaz acides (à Tcxception de l'acide carbonique), le chlore, le gai<iqA nitrique , h gaz fluo-borique , le gaz fluo-sîlicique et l'ammoniaque se nn^tf ici (2). L'eau détermine, comme les corps solides, une occlusion spasmodîqtf^ la glotte, qui ix'ut aller jusqu'à la suffocation ; mais elle irrite peu quand eOeë panonue dans le poumon même, où l'on peut en injecter une assez grande qM* tité par une ouverture pratiquée à la trachée-aiière ; elle tue, dans le prenderai par l'occlusion de la glotte , occlusion qu'une ouverture faite à la trachéHrtM rend incapable de nuire.
Pai*miles animaux qui vivent dans l'eau, les uns viennent respirer Tair phérique à la surfoce du liquide, comme les reptiles et les mammifères aqi les antres respirent l'eau elle-même, ou plutôt l'air qu'elle tient en comme font les poissons à l'-aide de leurs branchies. L'eau des lacs, deiH^^ n et delà mer contient de l'air atmosphérique, ou plutôt un mélange de gaz
sur le gai oxyde nilreux , pour k oiêuMi espace de icmps, a élé de 1,300 gr. ZimmeriBii de lu que le gaz oxyde niu^cux. dans lequel ToxygÈiie eil Irj» condensé, puisquMl y en ai volume |>our chaque volume d'azote , tandis que ce gaz ne ibrme qu'un cinquième da de l'air atmosphérique, ftuimit beaucoup plus d'oxygène à la respiration. Il est rqpdUfelt^ Taulcur n'ait pas tenu compte des quantités d'azote, et n'ait pas Tait en mèfflc icmpida rienccs comparatives sur la respiration de Toxygèue pur. (A'd/e du (i
(1) Rbdzblius, l^aitc de chimie^ t. VII, p. 106.
(8) Ubueliis, Traité d€ chimie, t. VII, p. 109. — Gmbun , Chcmie, U IV, |i. 1527.
Ulv LA BESPIRATION EN GÉNÉRAL. 223
;az azote, qoi y sont disftouien quantité déterminée, otqu*ellc absorbe clans sphère. Humboidt et Provençal ont dégagé, de Teau de la Seine, |>ar Tébiil- O,026i^ à 0,0287 |)arties de M)n vohiine d*air. Cet air contenait 0,306 à d'oxygène et 0,06 ii 0,11 d*acidc carbonique. Il ne faut donc ])as s'imaginer âu elle-même éprouve jin changement quelcomiue par la respiration; Tair ! tient en dissection chajigc seul, l'oxygène en est absorbé, et de l'acide carie est dégagé. Ijcs poissons qu'on met dans de l'eau imprégnée d'oxygèue l'dn^ne ne respirent que le premier de ces gaz, et l'autre reste sans chan-^ t. (Jes animaux périssent rapidement dans l'eau bouillie , parce qu'elle ne lit plus d'oxygène ; ils y meurent dans l'espace de quatre heures, en contileurs mouvements respiratoires. Priestley a vu des poissons vivre dix à î minutes dans de l'eau purgée d'air , mais imprégnée de gaz oxyde nitriils succombaient au milieu de spasmes, dès qu'on ^joutait la moindre quanair aimosphérique.
travail chimique de la resiûration ne dé])end pas des mouvements respira- : ceux-ci ne senent qu'à la ventilation, c'est-à-dire à renouveler incessam* dans l'apiiareil où s'accomplit l'opération chimique, le milieu, air ou eau, 1 Faciiou continuelle du sang imprime sans cesse des ciiangements. Les pou- , par leur surface interne, offrent une étendue immense au conflit mive le *t l'air, et ce conflit est continuel , parce que les poumons ne se vident |)as élément d'air pendant l'expiration : le resserrement et l'agrandissi^jnent de la lioracique, auxquels se conforment ces organes, qui scmt appliqués contre rois de la poitrine , font qn'ime partie des produits est rejetée de tenqis en ;hors du résenoir, et que d'autres matériaux s'y introduisent pour subvenir nom elle production. Les poissons avalent l'eau par la bouche, et en ngettenl :e une |)artic par les intcnalles de Icms branchies, en ouvrant et fermant lativemenl leurs opercules.
ivant II. Davy , le poumon humain contient encore 35 ])ouce$ cuIk'S d'air une expiration aussi profonde que possible, et 108 après une expiration or- 'c; 10 à 13 pouces cubes sont la quantité qu'on expire connminément à cha- \\K. lierbst (1) a trouvé que des adultes de grande taille, respirant avec calme, -aient et expiraient 20 à 25 pouces cubes d'air , et ceux de iHîtile statun*