DES COMBUSTIBLES
monte à cause de sa plus petite pesanteur spécifique jusque dans ce réservoir, échauffe la masse d'air environnante qui communique par un système de tuyaux larges avec l'air contenu dans chaque salle ; de là, un tirage assez énergique appelle dans la cheminée l'air vicié par la respiration et les émanations diverses, qui est remplacé par l'air extérieur pénétrant par les fissures des portes et des fenêtres; ainsi, la ventilation est assurée.
Pour le chauffage, des poêles de grande dimension, qui sont des réservoirs d'eau, sont placés dans les salles; des tuyaux mettent la capacité de chacun d'eux en rapport avec le réservoir supérieur; l'eau chaude dans les poêles échauffe les salles par le rayonnement , et l'air par le contact , et retourne à la chaudière pour recevoir une nouvelle quantité de chaleur et circuler encore.
Appareil à circulation de vapeur. — Un autre système appliqué aussi à l'hôpital Lariboisière établit la ventilation au moyen d'un appareil qui lance l'air extérieur dans les salles : c'est un ventilateur à force centrifuge formé d'aubes en spirale mû par une machine à vapeur. La prise d'air se fait à une grande hauteur dans le clocher de la chapelle, où l'air est pur et où il offre en été ce grand avantage qu'il est plus froid de quelques degrés que l'air situé au voisinage du sol. L'air insufflé dans un large conduit se distribue dans chacune des salles ; le conduit passe au-dessous de plaques de fonte qui remplacent dans le milieu et dans une petite étendue en largeur le plancher et s'étendent dans toute sa longueur. De distance en distance, des poêles remplis d'eau sont placés au-dessus de ces plaques et reçoivent un embranchement du conduit qui amène l'air et se divise en plusieurs tuyaux entourés d'eau avant de s'ouvrir dans l'atmosphère; l'air qui afflue déplace l'air vicié qui s'échappe par des ouvertures convenables pratiquées dans les murs.
En hiver, il faut chauffer les salles, c'est par la vapeur qu'on y arrive ; la vapeur qui a fait marcher le piston de la machine qui met en mouvement le ventilateur est conduite avec une certaine quantité de vapeur qui vient des générateurs dans des tuyaux qui suivent exactement le même trajet que ceux qui conduisent l'air, échauffent par le rayonnement ceux-ci et les plaques de fonte qui forment une partie du sol ; puis, le socle de chaque poêle rempli d'eau reçoit un tuyau de vapeur qui se condense en échauffant le liquide. L'eau provenant de la condensation retourne, par un troisième tuyau parallèle aux
précédents, dans un réservoir qui contient de l'eau tiède utilisée pour l'alimentation des chaudières. Ce système présente de grands avantages : il envoie dans chaque salle 90 mètres cubes d'air par malade et par heure. En été, l'air arrive frais ; en hiver, il arrive échauffé par le contact des tuyaux de vapeur et par le contact de l'eau chaude dans chaque poêle. (Pour plus de détails, consulter le Traité de la chaleur de Péclet.)
Des combustibles. — Péclet a déterminé approximativement les quantités de chaleur rayonnées par différents combustibles ; il reconnut que la quantité de chaleur rayonnée par le charbon de bois est 0,5, par le bois 0,25, par une flamme d'huile 0,18 : la quantité totale de chaleur produite étant représentée par 1. Péclet conclut de ces nombres que la quantité de chaleur rayonnée par le charbon incandescent est très-grande par rapport à celle que rayonnent les flammes, résultat très-important pour le chauffage.
Les combustibles que Ton emploie le plus sont : le bois, la houille, le coke.
Bois. — Le bois est formé de carbone, d'hydrogène et d'oxygène , dans les proportions convenables pour former de l'eau, d'hydrogène libre et de cendres.
Pour le chauffage, le bois sec est bien préférable au bois humide : d'abord, il brûle mieux ; puis, la chaleur qu'il faut donner à l'eau pour l'échauffer et pour la vaporiser est presque entièrement perdue. L'hydrogène et l'oxygène, qui sont dans les proportions convenables pour former de l'eau, ne peuvent produire aucun effet calorifique ; la chaleur est dégagée par la combustion du charbon qui est abondant, et de l'hydrogène libre qui existe en petite quantité dans le bois.
Rumford a trouvé, par expérience, que un kilogramme de bois sec ordinaire, en brûlant, dégage environ 3000 unités de chaleur.
Houille. — La houille renferme sur 100 parties : 82 de charbon, tx d'hydrogène libre, 12 d'oxygène et d'hydrogène, dans les proportions convenables pour former de l'eau, et 2 parties de cendres. C'est un excellent combustible qui dégage en brûlant 8 000 calories par kilogramme; une partie de cette chaleur est employée à échauffer et à vaporiser l'eau qui entre dans la composition de la houille; une grande quantité de chaleur est rayonnée.
Coke. — Obtenu par la distillation de la houille dans la fabrication du gaz d'éclairage, ce combustible est formé de cb"r' bon et de cendres plus ou moins fondantes,