‹ Manuel de physique médicaleChapitre 116 sur 342 · CHEMINÉES · texte numérisé non relu

CHEMINÉES

ces courants d'air froid, et Ton peut mieux utiliser la chaleur produite en disposant, au fond du foyer et sur les côtés, des tuyaux de métal, qui par leur partie supérieure s'ouvrent dans l'appartement que l'on veut chauffer; l'air que ces tuyaux renferme est porté à une température assez élevée, et l'air extérieur est appelé par le tirage qui s'établit. Ainsi on renouvelle l'air de l'appartement au moyen d'air extérieur que l'on a chauffé, et ce sont les gaz viciés par la respiration ou par l'usage des lumières artificielles qui entretiennent la combustion.

La cheminée est un appareil hygiénique; le combustible échauffe par rayonnement le corps que l'on présente devant le foyer, et la température de l'air dans l'appartement ne s'élève pas beaucoup au-dessus de la température moyenne de l'atmosphère extérieure ; il en résulte que les poumons reçoivent, pour la respiration, de l'air dont la température est peu différente de celle-ci, et Ton supporte mieux le froid extérieur lorsqu'on vient à sortir.

Poêles. — Les poêles sont des appareils fermés qui présentent un foyer muni à la partie inférieure d'une grille chargée de combustible; à la partie supérieure, d'un tuyau qui se rend à l'extérieur.

L'air extérieur, qui est appelé au-dessous de la grille, entretient la combustion et s'échappe échauffé et mêlé aux produits gazeux par le tuyau.

Cet appareil est bien plus économique que la cheminée; si l'on donne au tuyau une longueur suffisante, la température des produits de la combustion et de l'air en excès n'est pas élevée lors du dégagement dans l'atmosphère. Le tuyau abandonne constamment de la chaleur par rayonnement et par contact; la chaleur utilisée est une grande partie de la chaleur totale produite.

Les parois des poêles de faïence s'échauffent lentement parce qu'elles conduisent mal la chaleur, mais elles restent échauffées longtemps, même quand la combustion a cessé ; on doit préférer généralement ces appareils dont l'enveloppe n'atteint jamais une température élevée. Il faut avoir soin, quand le combustible est épuisé, de fermer le tuyau par un disque mobile appelé clef de poêle pour que l'air extérieur appelé par le tirage ne vienne pas inutilement refroidir le poêle et les tuyaux.

Les parois des poêles métalliques s'échauffent facilement à une température très-élevée, même au rouge ; alors la quantité de chaleur rayonnée est trop grande ; les particules organiques en suspension dans l'air sont brûlées, une mauvaise odeur se

répand ; en môme temps, l'air fortement chauffé peut prendre une grande quantité de vapeur d'eau, dessèche la bouche ou les fosses nasales ; on conseille de placer sur le poêle un vase plein d'eau qui abandonne à l'air de la vapeur ; le poêle de fonte est un appareil tout à fait contraire à l'hygiène.

Calorifère*. — H y a un grand avantage à placer autour des poêles métalliques une enveloppe cylindrique qui s'ouvre à la partie supérieure dans la chambre que Ton veut chauffer, et à la partie inférieure communique par un tuyau large muni d'une clef avec l'atmosphère en dehors des murs ; il s'établit alors autour des parois métalliques du foyer un courant d'air continu qui s'échauffe, empêche ces parois de rougir et s'échappe vers la partie supérieure ; ces appareils de chauffage portent le nom de calorifères ; ils sont économiques et bons sous le rapport de Thygiène, car l'air échauffé est de l'air pur venu de l'extérieur, et l'air qui entre lient la combustion est l'air vicié de l'appartement qui pénètre sous la grille.

Certains calorifères sont disposés de manière que la combustion continue toute la journée quand l'appareil a été disposé le matin. Dans le calorifère de M. Martin, au-dessus de la grille et du foyer, s'ouvre la base la plus large d'un tronc de cône qui s'élève en se rétrécissant jusqu'à la partie supérieure de l'appareil. Ce volume est rempli de coke après que le foyer a été allumé, et le combustible descend au fur et à mesure qu'il est nécessaire. Les produits gazeux s'échappent par un intervalle annulaire compris entre le contour intérieur du foyer et les parois extérieures du tronc de cône, puis dans un tuyau ; une double enveloppe permet de chauffer l'air extérieur par le contact.

Chauffage et ventilation des grands édifices. — Le chauffage et la ventilation des grands édifices se fait, soit avec des appareils à circulation d'eau chaude ou de vapeur, soit avec des calorifères à air chaud. Je ne puis entrer dans le détail des nom* breux systèmes mis en usage, cependant je dirai quelques mots de deux systèmes employés à l'hôpital Lariboisière ; l'un, à circulation d'eau chaude, dans lequel l'air extérieur est appelé par le tirage pour la ventilation ; l'autre, à circulation de vapeur dans lequel l'air extérieur est chassé dans les salles par un ventilateur.

Appareil à circulation d'eau citaude. — Une chaudière pleine d'eau, placée dans les caves au-dessus d'un foyer, communique par des tuyaux métalliques avec un réservoir fermé situé sous les combles à la base d'une cheminée d'appel; l'eau chauffée

Page 1