‹ Manuel de physique médicaleChapitre 124 sur 342 · VARIATIONS DU BAROMÈTRE · texte numérisé non relu

VARIATIONS DU BAROMÈTRE

Lorsque nous avons expliqué la production du vent, nous avons considéré deux colonnes atmosphériques, Tune froide; l'autre chaude ; de la partie supérieure de celle-ci l'air se déverse sur la colonne froide qui alors devient plus lourde, tandis que la colonne chaude devient plus légère, ce qui se traduit par une hauteur moins grande du baromètre ; on comprend alors que le minimum de hauteur du mercure soit observé après le maximum de température du jour.

Le vent qui change la température de l'air plus rapidement que ne peut le faire la surface échauffée ou refroidie du sol, fera baisser la colonne mercurielle s'il amène de l'air chaud ; ainsi une dépression de cette colonne coïncide habituellement avec le souffle d'un vent du sud-ouest qui est chaud ; mais une autre cause, l'humidité de ce courant d'air, qui vient de l'océan, accroît la dépression ; on sait que l'air chargé de vapeur d'eau est plus léger que l'air sec dans les mômes conditions de température et de pression (la densité de la vapeur d'eau est les \ de celle de l'air) ; ce vent humide apporte souvent la pluie que précède et accompagne l'abaissement de hauteur du baromètre. L'ascension de la colonne barométrique dans un pays indique qu'il est plus froid que les pays voisins où le baromètre est plus bas, on observe alors un vent dirigé du pays le plus froid vers le plus chaud. Voici une application importante pour la pratique : les communications télégraphiques permettent de connaître au même moment la valeur de la pression atmosphérique dans tous les pays européens. Si la pression se maintient plus élevée en Allemagne qu'en France, il est bien certain que le vent soufflera de l'est, si au contraire la pression est plus élevée sur les bords de l'Océan que dans le centre de la France, le vent soufflera de l'ouest.

Par la comparaison entre la marche du baromètre et celle du thermomètre, on voit, en général, que le premier monte quand le second baisse ; il y a antagonisme, et cette loi établie par M. Kaemtz, vérifiée par un grand nombre d'observations, confirme la théorie de la production des vents.

Le baromètre présente quelquefois des oscillations brusques qui annoncent infailliblement une tempête. Lorsque la colonne baisse rapidement, sur certaines côtes garnies de rochers, on tire le canon pour avertir les vaisseaux de gagner le large où ils ne sont pas exposés à être brisés contre les récifs. Ces grands mouvements de l'air, ces ouragans qui détruisent et renversent tout, sont expliqués par do grandes variation^ dans la tempes rature,

Rosée. — On voit le matin sur l'herbe et sur le sol des gouttelettes d'eau qui se sont déposées pendant la nuit et qui ont le grand avantage d'arroser les plantes et d'empêcher qu'elles ne soient desséchées par la chaleur solaire. L'explication de ce phénomène a été donnée par Wells : pendant la nuit, lorsque le ciel est pur et sans nuages, l'air peu agité, tous les corps placés à la surface du sol envoient de la chaleur vers l'espace, en reçoivent moins et se refroidissent. Or, l'air contient toujours de la vapeur d'eau qui possède une certaine tension. Lorsque la température des corps exposés au rayonnement devient telle que la tension de la vapeur d'eau dans l'air qui les touche atteint sa valeur maximum, si la température s'abaisse encore, la vapeur se dépose en partie à l'état liquide et forme la rosée.

La rosée se dépose de préférence sur les corps qui ont un grand pouvoir émissif, c'est-à-dire qui envoient une plus grande quantité de chaleur vers l'espace, et qui se refroidissent davantage ; ainsi, les végétaux se recouvrent d'une plus grande quantité de rosée que les métaux.

Deux thermomètres sont placés l'un dans l'herbe, l'autre dans l'air, à une certaine hauteur au-dessus du sol ; le premier indique une température plus basse, ce qui est bien d'accord avec l'explication précédente.

La gelée blanche est de la rosée qui passe à l'état solide lorsque les corps sont assez refroidis parle rayonnement pour que leur température devienne inférieure à zéro.

Pour empêcher la formation de la rosée, ou ce qui est plus important, de la gelée blanche, il suffît de placer un écran audessus des plantes que l'on veut protéger ; on emploie souvent des paillassons ; parce moyen, on s'oppose au rayonnement. Les nuages agissent de môme ; lorsque le ciel est couvert, ces phénomènes deviennent beaucoup moindres. Dans certains pays, on produit des nuages artificiels en brûlant de la paille humide, on parvient ainsi quelquefois à préserver la vigne de la gelée.

Nuage*. — L'air contient toujours de la vapeur d'eau ; lorsque la température d'une couche atmosphérique devient assez basse pour que la tension de la vapeur soit plus grande que la tension maximum, la vapeur se condense en partie, il se forme un nuage qu'on appelle brouillard lorsqu'il se produit à la surface du sol.

La vapeur condensée qui constitue les nuages se présente sous une forme spéciale, celle de bulles très-petites, de vésicules

Page 1