‹ Manuel de physique médicaleChapitre 125 sur 342 · NUAGES · texte numérisé non relu

NUAGES

dont l'enveloppe est liquide, dont la cavité est remplie d'air saturé d'humidité; ces vésicules ont, d'après M. Kaemtz, 0mm,02 de diamètre et l'épaisseur des parois est 0mm, 06; elles sont trèslégères comme des bulles de savon, et le moindre vent les met en mouvement. 11 est eertain cependant que les bulles sont plus lourdes que l'air; Gay-Lussac expliquait leur suspension parle mouvement ascensionnel de l'air échauffé par le sol que îes rayons du soleil vont frapper.

Les nuages obéissent à l'impulsion des vents et marquent leur direction; ils changent continuellement de forme, tombent, arrivent dans une couche plus chaude et se réduisent en vapeur ; l'air qui monte se refroidit et sa vapeur se condense de nouveau sous forme vésiculaire. Ainsi on voit que les nuages sont le siège de transformations continuelles. La formation des nuages et des brouillards par des vésicules explique bien qu'ils affaiblissent la lumière du soleil ; supposons une série de vésicules en ligne droite, frappées par un rayon solaire ; en traversant une vésicule, ce rayon rencontre quatre surfaces, deux extérieures, deux intérieures, sur lesquelles il se réfléchit en partie; il éprouve par suite une diminution d'intensité. Une seconde vésicule affaiblira encore le même rayon et ainsi de suite, de sorte que le nuage nous paraîtra noir, lorsque formé d'une grande épaisseur de vésicules ces réflexions multiples auront beaucoup diminué l'intensité des rayons solaires. On distingue plusieurs formes de nuages:

1° Les cirrus sont des filaments déliés en lignes plus ou moins parallèles.

2° Les cumulus offrent des parties arrondies, des demisphères souvent entassées les unes sur les autres ; les petits nuages arrondis qui font dire que le ciel est pommelé ont reçu le nom de cirro- cumulus.

3° Le stratus est un nuage disposé en bandes horizontales que l'on voit souvent au coucher du soleil.

4° Le nimbus est un nuage gris homogène qui s'étend à l'horizon et donne de la pluie.

Ces formes principales de nuages sont représentées fig. 197.

Plaie. — La pluie résulte de la réunion des vésicules qui forment les nuages ; elle est produite souvent par la rencontre de masses d'air saturées de vapeur d'eau ou voisines du point de saturation, dont la température est différente ; mélange qui produit toujours la condensation d'une certaine quantité d'eau.

Un mètre cube d'air saturé de vapeur d'eau à 20° contient 18»% 77 d'eau; un mètre cube d'air saturé à 10° contient

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10 »r, 57; te mélange de ces volumes donne 2 mètres cubes à 15* qui ne peuvent contenir 18,77 + 10,57 = 39 «', SU d'eau ; car 1 mètre cube d'air saturé à 15° renferme là", 17 d'eau, 2 mètres cubes renfermeront Ï8",3.'i; 29", 34 — 28'r,34 ou 1 gramme d'eau sera précipité. La pluie tombe plus ou moins abondammeat et il est très-important de rechercher quelle est

la quantité qui tombe eu une année sur la surface du sol ; c'esl par le pluviomètre qu'où obtient celte mesure.

pluviomètre. — l'ri entonnoir fixé à demeure au sommet d'un édifice on au niveau du sol par un support convenable (fig. 198), présente une ouverture circulaire horizontale ; le tube de l'entonnoir est soudé a un réservoir de fer-blanc fermé à sa partie inférieure par un robinet. Après la pluie, on ouvre le robinet, le volume de l'eau est mesuré à l'aide d'une éprouvette graduée en centimètres cubes. On fait la somme des volumes d'eau recueillis dans l'espace d'una année et l'on obtient la hauteur de la colonne d'eau qui a pour base la

PLUVIOMÈTRE. 283

section de l'entonnoir, en divisant par cette section le volume total; cette hauteur représente la quantité d'eau qui tombe en un an et que le sol retiendrait s'il était imperméable et s'il n'y avait pas d'évaporation.

La quantité de pluie qui tombe en un an varie d'un pays à un autre, mais reste à peu près la môme dans chaque pays; ainsi, à Paris il tombe par an 56 centimètres d'eau environ. En été, la quantité d'eau de pluie est souvent plus grande qu'en hiver.

A mesure qu'on s'élève, cette quantité diminue; sur la terrasse de l'Observatoire, à 28 mètres au-dessus du sol, on recueille annuellement 50 centimètres d'eau au lieu de 56 qui tombent sur le sol; c'est que les gouttes de pluie sont froides et augmentent de poids en tombant, par la condensation à leur surface de la vapeur d'eau que l'air renferme .

La pluie reçue sur le sol pénètre par infiltration et s'évapore peu à peu dans l'air ; la première partie qui est en général la plus abondante forme dans les couches terrestres une ou plusieurs nappes d'eau qui alimentent les sources, les rivières, les fleuves, et retourne à la mer. C'est ensuite de la mer,

dont la surface immense est le siège d'une évaporation incessante, que les vents amènent de l'air humide qui abandonne sur le continent la vapeur d'eau sous forme de pluie. Une hauteur d'eau de 56 centimètres répandue sur toute l'étendue du bassin d'un fleuve représente un volume d'eau énorme que le fleuve conduit à la mer dans l'espace d'une année.

Serein. — C'est une pluie fine que l'on observe en été surtout après le coucher du soleil ; l'air qui a été fortement échauffé pendant le jour peut se refroidir assez pour qu'il ne puisse plus contenir toute la vapeur d'eau qu'il renfermait, dont une partie se condense.

Fio. 198.

Pluviomètre.

verglas. — C'est une couche mince de glace qui se forme quand une pluie fine tombe sur le sol dont la température est inférieure à 0°.

Neige. — La neige est de l'eau à l'état solide qui vient des régions de l'atmosphère où la température est plus basse que 0°.

La neige présente des formes cristallines, régulières, que Ton observe facilement lorsqu'on la reçoit sur un morceau de

Fio. 109.

Différentes formée de neige.

drap noir; tantôt elle offre des étoiles à six branches faisant entre elles des angles de 60°, tantôt des hexagones réguliers ou d'autres figures plus compliquées dérivant de celles-ci (fig. 199).

Nous avons déjà dit que sur les montagnes élevées, à une certaine hauteur qui dépend de la distance à l'équateur, on trouve les neiges perpétuelles.

La fonte des neiges qui, en hiver, recouvrent les montagnes et les plaines au-dessous de ce niveau, peut, quand elle se fait rapidement, amener souvent des inondations terribles; mais si la fusion est lente, le niveau des rivières et des fleuves s'élève, le courant plus rapide suffit à donner écoulement à l'eau provenant de la fusion.

Gréie. — L'eau solide au lieu de tomber sous forme de neige, c'est-à-dire en parties très- ténues qui éprouvent dans leur chute une grande résistance et ne peuvent prendre beaucoup de vitesse, offre quelquefois la forme de sphères pleines dont le

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