MESURE DE LA VITESSE DU COURANT NERVEUX
Si l'on veut inscrire les vibrations pendant plusieurs tours
du cylindre, il faut mouvoir le diapason, spit avec la main, soit
en l'assujettissant sur un support, parallèlement à Taxe de
rotation.
Cette expérience permet de contrôler- la marche du cylindre, et de dire si son mouvement a été uniforme ; dix dents ou vingt vibrations simples doivent occuper partout la même longueur sur le papier déroulé ; on prend avec un compas cette longueur et Ton reconnaît s'il en est ainsi dans les différentes portions de la ligne sinueuse. Le diapason permet môme de compter les temps d'une très- petite durée, avec un cylindre dont le mouvement n'est pas rigoureusement uniforme ; il suffît de faire inscrire sur ce cylindre les mouvements d'un diapason qui exécute, par exemple, 200 vibrations par seconde ; si l'on mène deux génératrices passant par les sommets de deux dents voisines, d'un même côté de la courbe, la distance comprise entre elles représente deux vibrations simples et un temps égal à un centième de seconde.
On emploie, en physiologie, le diapason pour mesurer ainsi des temps très-courts ; nous pouvons en donner un exemple.
Mesure de la vitesse du courant nerveux. — M. Helmholtz a mesuré la vitesse de l'ordre qu'un nerf moteur envoie au muscle qui lui obéit ; voici une idée de l'expérience : considérons un muscle isolé de grenouille, par exemple un muscle gastrocnémien fixé à ses insertions supérieures à laide d'une pince (fig. 222), et par son tendon près de l'axe o d'un levier ol dont l'extrémité terminée en pointe inscrit sur un cylindre tournant une ligne circulaire, dans un plan perpendiculaire à l'axe du cylindre (cette disposition est tout à fait analogue à celle que nous avons décrite sous le nom de myographion); aussitôt que l'on fait contracter le muscle, la ligne tracée par le style s'écarte et commence une dentelure.
Le nerf sciatique a été isolé, il repose en deux points voisins du muscle sur deux fils de platine isolés qui communiquent avec les extrémités d'une bobine d'induction 6'; sur le trajet du courant de la pile on a disposé un second levier o!V tout à fait semblable à celui que nous décrirons plus loin sous le nom de clef du télégraphe de Morse, levier métallique qui présente une saillie d, maintenue par un ressort en contact avec la partie métallique c ; on met en communication ce levier avec le pôle positif d'une pile constante, le courant passe de d en c, puis est conduit par une bobine b qui communique avec le pôle négatif de la pile; le courant qui passe n'excite pas
le nerf, mais aussitôt que l'on appuie sur le boulon b, les deux pièces c et d se séparent, le courant est interrompu, un courant induit naît dans la bobine b', le nerf excité fait contracter le muscle ; l'extrémité du levier o'V est munie d'un style que l'on
dispose à coté de celui du levier al, de sorte que si sur le cylindre en repos on Tait marcher les déni leviers, ils tracent une même génératrice gn. ■
Faisons l'expérience : le cylindre reçoit un mouvement assez rapide; interrompons le courant, aussitôt l'extrémité V inscrit un Irait qui s'écarte de la ligne qu'elle traçait ; le muscle se contracte et inscrit un autre trait. Pour évaluer le temps mis
MESURE DE LA VITESSE DU COURANT NERVEUX. 811 parle cylindre pour parcourir la distance qui sépare le trait marqué par le muscle, de celui qui indique le moment do l'eïcilation du nerf, un diapason qui Tait 200 vibrations par seconde a inscrit ses mouvements sur le cylindre pendant l'expérience. Ce temps est celui qu'il faut pour que l'agent nerveux suive le nerf et pour que le muscle obéisse à l'ordre qu'il
a reçu ; il est égal dans la figure 223, empruntée à M. Marey, a la durée de 14 vibrations simples ou à — — de seconde.
Daes une seconde expérience, on excite le nerf sciatique le plus loin possible du muscle ; on voit alors que le signal de la contraction du muscle est plus éloigné du moment de l'excitalion, la nouvelle longueur correspond à — — de seconde ; la
différence des temps est - — de seconde, c'est le temps employé
par l'agent nerveux pour parcourir la longueur du nerf comprise entre les deux points excités successivement et dont on mesure la distance ; eu une seconde, le chemin parcouru serait cent fois plus grand. M. Helmholtz a trouvé que ce chemin, ou la vitesse de l'agent nerveux, est 2A*,0A. M. Marey, dans certains ws, a trouvé seulement 12 a la mètres par seconde.