EFFETS DE L'ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE
l'oxygène que 100 volumes d'air contiennent et qui se trouve alors mélangé à 79 volumes d'azote. (Analyse de l'air.) Toutes les fois qu'il s'agit d'analyser des gaz combustibles insolubles ou peu solubles dans l'eau, on peut employer l'eudiomètre à eau.
Effets chimiques. — Lorsqu'on fait passer un grand nombre d'étincelles électriques au milieu d'un tube contenant de l'air, il se produit peu à peu des vapeurs rutilantes d'acide hypoazotique; les étincelles déterminent la combinaison de l'azote avec l'oxygène de l'air.
Un grand nombre d'étincelles électriques que l'on fait passer dans un eudiomètre à mercure renfermant du gaz ammoniac, décompose ce gaz composé en azote et en hydrogène ; cet effet est peut-être dû à l'élévation de la température produile sur le trajet de l'étincelle.
Une décomposition chimique qui a été indiquée par M. Fara-
Fig. 271.
Expérience de M. Faraday qui montre une décomposition chimique produite
par l'électricité de frottement.
day et que Ton obtient par un mouvement d'électricité donné par une machine électrique offre un grand intérêt. Deux papiers de tournesol bleu et rouge, trempés dans une dissolution de sulfate de potasse pur conservent leurs colorations ; on les dispose l'un à la suite de l'autre sur une lame de verre (fig. 271); on met un point du papier bleu en communication avec une machine électrique par un fil de platine, et un point du papier rouge en communication avec le sol par un autre fil de platine. La roue de la machine est mise en mouvement; après quelques instants, le papier bleu est rougi et le papier rouge bleui aux points touchés par les fils : ainsi l'acide s'est porté au point par lequel entrait l'électricité positive, la base au point par lequel elle sortait pour se rendre dans le sol. Ainsi un
courant continu d'électricité de la machine électrique décompose le sulfate de potasse.
La môme expérience réussit lorsque les fils de platine sont maintenus à une petite distance des papiers humectés, et l'on observe alors une série d'étincelles entre chaque fil et lé papier voisin. La décomposition saline ainsi obtenue est tout à fait semblable, nous le verrons plus loin, à celle que produit la pile.
Pouvoir de« pointe*. — Lorsqu'on place une pointe sur un corps électrisé, il se décharge rapidement, et l'on voit dans l'obscurité une aigrette lumineuse qui s'échappe par la pointe dans l'air; ainsi l'électricité qui, comme nous l'avons vu, s'accumule en grande quantité sur la pointe, ne peut y être maintenue par l'air et B'échappe facilement.
Si l'on approche une pointe d'une machine électrisée, on la décharge ; l'électricité positive de la machine attire par influence l'électricité négative sur la pointe; une aigrette lumineuse partant de la pointe et se rendant à la machine manifeste la recomposition des deux électricités à travers l'air.