DE L'ÉCLAIR
tallique qui communique parfaitement avec un sol humide; cette précaution ne fut pas prise par un physicien de Saint- Pétersbourg, nommé Richmann, qui fut frappé par une étincelle partie de la tige isolée, et mourut foudroyé.
Carillon électrique. — Pour avertir l'observateur qu'une tige est chargée d'électricité, Franklin imagina de la mettre en com-
FlG. 288.
Carillon électrique. — A, C, timbres fixés par des chaînes de métal. — B, timbre tenu par un fil de soie communiquant par un métal avec le sol.
municationavec un carillon qui sonne aussitôt qu'on l'électrise. Trois timbres A, B, C (fig. 288), sont suspendus à une traverse horizontale de métal, les timbres extrêmes A et C par des chaînes métalliques, le timbre moyen B par un fil de soie ; mais celui-ci communique avec le sol par une chaîne ; deux petites balles de métal soutenues à la même barre par des fils de soie sont attirées par les timbres A et C lorsqu'ils sont éleclrisés; repoussées ensuite, elles vont se décharger sur le timbre du milieu ; les chocs sont accompagnés de sons.
Les causes de l'électricité atmosphérique sont encore peu connues.
*e i-éciair. — L'éclair est une étincelle électrique qui se produit entre deux nuages chargés d'électricité de nom contraire, ou entre un nuage et un objet placé à la surface du sol.
4oo Electricité.
Certains éclairs sont bien limités et suivent une ligne brisée ; cette forme en zigzag appartient aussi aux longues étincelles que donnent nos machines. D'autres éclairs sont larges, présentent de vastes surfaces lumineuses, souvent de couleur rouge. Ceux qu'on appelle éclairs de chaleur ne sont pas accompagnés de bruit; les uns sont dus à des éclairs ordinaires produits au loin au-dessous de l'horizon, qui se réfléchissent sur les coucbes d'air ; les autres sont des étincelles qui, partant dans les couches élevées de l'atmosphère, où la pression est faible, prennent la forme de larges nappes lumineuses, et non celle de sillons linéaires.
D'après les recherches de M. Wheatstonc, l'éclair dure moins qu'un millième de seconde.
Longueur des éclairs. — Tube étincelant. — Les éclairs ont souvent une longueur qui peut atteindre 3 ou U lieues ; on s'explique difficilement une aussi graode longueur, quand nos plus fortes machines donnent des étincelles de quelques décimètres seulement.
L'expérience du tube étincelant nous permet de comprendre ces longs éclairs. Sur la surface intérieure d'un tube cylindrique
Fig. 289.
Tube étincelant.
de verre, de petits losanges de métal sont collés en spirale et peu espacés (fig. 289); aux extrémités du tube sont deux garnitures métalliques, dont l'une est mise en communication avec le sol, l'autre est placée à une petite distance d'une machine électrique que l'on tourne ; on voit alors une longue étincelle qui résulte d'une foule d'étincelles partielles.
Une disposition analogue est offerte par les nuages orageux. Imaginons une série de nuages soumis à l'influence d'un nuage orageux chargé d'électricité positive ; tous les nuages s'électrisent par influence, et si l'étincelle ou la réunion des électricités de nom contraire se produit entre les deux premiers, elle a lieu simultanément entre tous les autres, d'où résulte une longue étincelle. Telle est aussi l'explication que l'on donne de la propagation de l'électricité dans les corps bons conducteurs, par une série de décompositions et de recompositions d'électricité neutre.
>. — De même que les étincelles électriques pro-