‹ Manuel de physique médicaleChapitre 206 sur 342 · EFFETS DE LA PILE · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA PILE

Effet* physiques. — -. Etincelle. — Lorsqu'on approche l'un de l'autre les deux fils attachés aux pôles d'une pile de plusieurs éléments, on n'observe pas d'étincelle, quelle que petite que soit la distance qui les sépare. Cela tient à ce que les tensions des électricités aux pôles de la pile sont si petites, qu'elles ne peuvent franchir l'air qui sépare les fils ; à plus forte raison, ne tire-t-on jamais d'étincelle en approchant le doigt de l'un ou de l'autre pôle ; mais si, après avoir mis les deux fils au contact, on les sépare, une étincelle se produit.

Êchauffement des fils métalliques fins. — Lorsque les deux pôles d'une pile de Wollaston sont réunis par un fil de fer fin, le métal s'échauffe, rougit, fond et brûle dans l'air. Si l'on prend un fil fin de platine, on peut lui donner une longueur telle que le courant le maintienne au rouge vif; pendant tout le temps que la pile fonctionne, le fil est porté à cette température élevée. Une pile de Wollaston de 10 éléments peut faire rougir un fil de platine fin de plusieurs décimètres de long. Comparons cet effet à celui qui est produit par une batterie électrique. Nous avons vu que cette association de bouteilles de Leyde est capable de porter au rouge et à l'état de fusion un fil de fer fin long de quelques centimètres, or cet effet ne dure qu'un instant et la batterie est déchargée ; pour le reproduire, il faut faire un grand nombre de tours de roue de la machine électrique. Celte simple comparaison montre que la pile donne d'une manière continue une bien plus grande quantité d'électricité que la machine électrique.

Action du courant sur V aiguille aimantée. — Approchons d'une aiguille aimantée l'un des pôles d'une pile, nous n observerons aucune action ; mais si les deux pôles sont réunis par un fil de métairie courant qui s'établit approché d'une aiguille aimantée la dévie. Pour le montrer, présentons ce fil au-dessus deJ'aimant, de manière que le courant aille du sud au nord delà terre et se trouve dans le plan du méridien magnétique, nous voyons aussitôt le pôle austral de l'aimant se diriger vers l'ouest (fig. 305); si, au contraire, le courant de l'électricilé positive se rend du nord au sud, l'aiguille aimantée se dirige vers Test. Nous revien-

EFFETS CHIMIQUES DE LA PILE. S2t

drona sur cette action remarquable découverte par OErsled ; il nous suffit maintenant de savoir : 1" qu'un courant traversant un fil conducteur dévie une aiguille aimantée ; 2° que le sens de la déviation de l'aiguille dépend du sens dans lequel se meut le courant. Nous pourrons donc faire usage du galvanomètre, appareil qui repose sur celte action physique, et qui permet de reconnaître l'existence et le sens des courants.

- Le courant de la pile décompose tous les corps composés qui se laissent traverser par lui, c'est-à-dire qui sont capables de conduire l'électricité ; la pile formée de plusieurs éléments est un de nos moyens les plus puissants de décomposition.

Décomposition de l'eau. — Pour décomposer l'eau, on emploie un appareil connu sous le nom de voltamètre, (fig. 306). C'est uu verre A pied dont le fond est traversé par deux lames de platine qui, A l'aide de fils métalliques, sont réunies à deux petites bornes de laiton munies de vis et fixées sur le socle de l'appareil ; on verse de l'eau dans le verre de manière à recouvrir les lames, puis deux petites cloches graduées pleines d'eau sont retournées et maintenues par un support convenable nu-dessus des lames qui pénétrent d'une petite quantité dans leur ouverture inférieure. On ajoute à l'eau une petite quantité d'acide sulfurique qui la

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rend bonne conductrice de l'électricité, puis on met en communication par de» fils les deux bornes avec les pôles d'une pile. Aussitôt on voit des bulles de gaz nombreuses se dégager sur chaque lame et monter dans les cloches ; on reconnaît que l'une des cloches, celle qui est au-dessus du pôle négatif, contient de l'hydrogène en volume double du volume de l'oxygène qui se trouve au-dessus de l'autre lame, ou du pôle positif. Le moyen de distinguer les gaz est très-simple : une allumette approchée de l'hydrogène l'enflamme, il brûle avec une flamme pâle que Ton voit dans l'obscurité; une allumette presque éteinte se rallume dans l'oxygène. Cette expérience, qui établit la composition de l'eau, ne réussit pas lorsqu'on emploie de l'eau distillée parfaitement pure, qui ne conduit pas l'électricité.

M. Faraday, qui a étudié beaucoup les décompositions chimiques produites par la pile, a proposé d'appeler électrodes les lames ou fils par lesquels l'électricité de la pile pénètre dans les corps qui ont reçu le nom d'ékctrolytes ; on désigne par le mot électrolyse la décomposition elle-même.

Décomposition des oxydes. — Davy, par l'emploi d'une pile d'un grand nombre d'éléments, est parvenu à décomposer la potasse

Fig. 307.

Décomposition de la potasse par la pile.

et la soude, et à momtrer qu'ils sont formés de l'union d'un métal avec l'oxygène.

On place sur une lame de platine P(fig. 307) communiquant avec le pôle positif dune pile, c'est l'électrode positive, un morceau dépotasse humecté d'eau (il suffit de laisser quelque temps à l'air cette substance, qui est très-avide d'eau), dans lequel on a pratiqué d'abord avec un fer rouge une excavation ; dans la cavité remplie de mercure* on plonge un fil de platine, c'est l'électrode négative. Le courant passe : peu à peu le mercure change de consistance, devient pâteux, tandis qu'un gaz, l'oxygène, se dégagé sur l'électrode positive : le mercure pAteux est

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