ACTION DES GOURANTS D'INDUCTION
constate les mêmes phénomènes, une contraction au moment où le courant est fermé ; on s'est demandé par suite si l'excitant électrique porté sur les fibres musculaires n'agit pas sur elles par l'intermédiaire des nerfs. M. Claude Bernard a démontré que la contractilité est une propriété du muscle indépendante de son union avec le nerf; sur des animaux empoisonnés par le curare, les nerfs moteurs excités par un courant ne commandent plus aux muscles qui restent immobiles, tandis que le courant appliqué sur les muscles eux-mêmes, à l'aide de la pince électrique, les fait entrer en contraction.
Action d'un courant énergique. — Lorsqu'on excite des nerfs avec le courant de plusieurs éléments, par exemple si l'on répète l'expérience représentée par la figure précédente en prenant quatre éléments de Grove, et une pince terminée par deux lames de platine qui, touchant les nerfs lombaires par un plus grand nombre de points, laisseront passer plus d'électricité, on observe une contraction à l'ouverture et à la fermeture du courant ; il n'y a point de contraction pendant le passage du courant; mais des phénomènes d'électrolisation sur lesquels M. Matteucci a récemment appelé l'attention ont lieu tant que le courant est maintenu ; les dissolutions salines qui imbibent le tissu du nerf sont décomposées, la base se porte au pôle négatif, l'acide au pôle positif, et des bulles gazeuses se dégagent à chaque pôle. Il suffit d'approcher un papier de tournesol bleu des points par lesquels entre le courant pour le voir rougir, un papier rouge bleuit sur les points par lesquels le courant sort; les deux lames de platine se polarisent comme elles le feraient dans toute décomposition électrolytique, et si détachant les pôles de la pile on unit les branches de la pince électrique laissée en place aux extrémités d'un galvanomètre, on observe une déviation énergique qui est due à la "polarisation des électrodes.
Après avoir parlé de la pile de Volta, nous avons vu que l'on obtient facilement sur l'homme des commotions lorsqu'on ferme et lorsqu'on ouvre le courant, ce qui est tout à fait d'accord avec ce que l'on observe quand on excite un nerf moteur ou un muscle isolé par un courant fourni par plusieurs éléments; nous avons reconnu de plus que pendant le passage du courant, on éprouve une sensation de chaleur.
Action de* courants d'induction. — Les courants induits exercent sur les nerfs et sur les muscles des actions physiologiques» plus intenses que les courants constants; on touche un nerf moteur avec les mors d'une pince dont les branches communiquent avec les extrémités de la bobine mobile de l'appareil à
chariot; dès qu'on fait marcher l'appareil, le nerf excité fait contracter le muscle qui entre en tétanos à ta suite d'excitations violentes et fréquemment répétées. Pour faire varier l'intensité de l'excitation, il suffit d'éloigner ou de rapprocher le chariot mobile de la bobine fixe.
Excitations intermittentes- — Il peut être utile de produire des contractions intermittentes d'un muscle à des intervalles réguliers; on yarriveà l'aide d'un métronome. Par un obstacle convenable, on empfiche les oscillations du ressort de l'appareil d'induction; les extrémités delà bobine induite sont attachées à la pince qui est placée sous le nerf qui commande au muscle; les bouts du fil de la bobine inductrice sont unis aux pôles d'une pile par des fils sur le trajet desquels on place un métronome M (fig. 37a), appareil employé en musique pour battre la mesure ; les pièces métalliques du mouvement d'horlogerie communiquent avec l'un des pôles de la pile, le pôle positif a, '"" ''"' par exemple, un fil b uni à l'au-
HÉtronome dispos pmr établir m tre pûle plonge dans une capsule LTtvXTd"Pwmp»déS„*Bd" Plcilic de mercure; on fixe au pendule du métronome un fil de platine dont l'extrémité recourbée vient toucher la surface du mercure quand la tige est verticale ; on fait oscijler ce pendule soixante fois par minute, je suppose; au milieu d'une oscillation le courant inducteur est fermé, au milieu de l'oscillation suivante il est rompu, ainsi toutes les secondes il se produit dans le circuit de la bobine mobile un courant induit qui traverse le nerf et qui fait contracter le muscle.
C'est par une disposition analogue, en remplaçant le métronome par la clef du télégraphe de Morse, que l'on peut faire naître des courants induits en des moments bien déterminés. Ainsi dans la mesure de la vitesse avec laquelle un nerf transmet au muscle l'excitation qu'il reçoit, Ja clef de Morse inscrit un trait sur un cylindre tournant au moment précis où l'on interrompt le courant inducteur (page 310, fig. 222;.