‹ Manuel de physique médicaleChapitre 28 sur 342 · METHODE DU FLACON · texte numérisé non relu

METHODE DU FLACON

ment on peut réussir. Une ceinture assez large par laquelle un

homme sera soutenu horizontalement dans l'eau est attachée par un fil métallique au crochet d'un dynamomètre que l'on tient à la main. Un homme passe la ceinture autour du corps à peu près à la hauteur du centre de gravité, un tube qui sert à la respiration est fixé entre les lèvres. Le corps de l'homme est entièrement plongé dans l'eau et à peu près horizontal, le tube seul dépasse le niveau du liquide. Alors on note le trait auquel s'arrête le ressort supérieur; la ceinture est ensuite détachée du corps, et on la plonge complètement dans l'eau ; la différence des indications du dynamomètre (qu'il faut vérifier avec des poids titrés) représente le poids du corps dans l'eau ; retranchons ce poids de celui du corps dans l'air, et nous aurons le poids du volume d'eau déplacé, et par suite le poids spécifique.

Il y a une difficulté dans l'application : à chaque inspiration un volume d'air égal à un demi-litre, qui ne pèse que 0*r,6, pénètre dans les poumons, le volume du corps augmente d'un demi-litre, déplace un demi-litre d'eau, et le corps perd 500 gr. de son poids. Le poids spécifique du corps n'est pas le môme à la fin de l'inspiration et à la fin de l'expiration ; on peut convenir de le prendre à la fin de l'expiration.

Le volume du corps peut se déterminer par un procédé qui est peut-être plus commode. On pèse sur une* bascule une baignoire complètement remplie d'eau, de telle sorte qu'on ne puisse ajouter la moindre quantité de liquide sans que l'eau s'échappe. Dans cette baignoire on fait entrer un homme jusqu'à ce qu'il soit plongé entièrement, à l'exception de la tête; à un moment donné, après une expiration, les fosses nasales et les lèvres sont fermées, la tête est plongée avec précaution, puis on la fait sortir ainsi que tout le corps, de manière à ne pas agiter le liquide; on laisse é'goûtter le plus possible l'eau qui mouille la surface du corps, on pèse la baignoire de nouveau : la différence des poids fait connaître le volume du corps, d'où Von trouve le poids spécifique du corps après l'expiration, en divisant le poids du corps dans l'air par son volume.

Méthode du flacon. — Lorsque l'on veut prendre le poids spécifique d'un corps solide ou liquide, avec beaucoup d'exactitude, on emploie un flacon bouché à l'émeri, de telle sorte que le bouchon entre toujours de la même quantité.

Pour les corps solides, on pèse le flacon plein d'eau, soit 50 grammes; puis le corps placé à côté du flacon, soit 65 gram., le poids du corps est 15 grammes. On fait entrer le corps dans ta flacon, un volume d'eau égal au volume du corps est déplacé ;

le flacon essuyé ne pesé plus que 60 grammes : 5 grammes représentent le poids de ce volume d'eau, 5« le volume du corps;

le poids spécifique est — = 3.

Pour les liquides, on pèse le flacon vide, plein de liquide, puis plein d'eau; deux différences donnent les poids de volumes égaux de liquide et d'eau; on divise le premier poids par le second et l'on obtient le poids spécifique du liquide.

On emploie souvent des flacons dont le bouchon usé à l'émeri est creux et ferminé par un tube très-étroil (lig. 5a); dans les

iIh'is ;v,m jusqu'au point iTaitleu-

diverses pesées ce tube doit âlre rempli de liquide, alors on est sûr que le volume du flacon reste toujours le même.

C'est la méthode du flacou, qu'il est très-facile d'employer, que l'on doit préférer lorsqu'il s'agit de déterminer le poids spécifique d'un 'corps solide ou liquide relire de l'organisme.

Até omiirr». — On appelle ainsi des appareils qui flottent sur l'eau et qui servent a déterminer le poids spécifique des corps solides ou liquides, ou à indiquer la composition de certains liquides dont on connaît l'origine. Pour ces deux buts, on construit des aréomètres différents, les uns sont à volume constant, les autres a volume variable.

Aréomètre de NichoUon. — Il se compose d'un cylindre creux

ARÉOMÈTRES.

qui soutient à sa partie inférieure, par un crochet, un corps lourd qui est le lest, et qui sert dans tous les aréomètres i maintenir vertical dans Veau l'axe du cylindre, qui flatterait

horizontal émeut sans cette disposition. À la partie supérieure, le cylindre se termine par une tige et un plateau. Le lest offre un second plaleau. Sur la tige est marqué un trait qu'on appelle le point d'affleurement. Pour que l'instrument plongé dans l'eau et flottant s'enfonce jusqu'à ce point, il faut mettre sur le plateau supérieur un certain poids, soit 50 grammes. Pour prendre le poids spécifique d'un corps solide, on place le corps sur le plateau supérieur : pour l'affleurement il faut ajouter au corps 30 grammes, par exemple ; le poids du corps est 20 grain. On retire l'aréomètre de l'eau, le corps est placé sur le plateau inférieur ; il faut maintenant 32«',6 pour faire affleurer de nouveau : la perte de poids éprouvée par le corps étanf 2*r,6, 2 w,fl

est son volume ; son poids spécifique (

= 7,7 (fer).

Cet aréomètre rend de grands services aux minéralogistes. Lorsqu'ils rencontrent un minéral dont ils ne connaissent pas la nature, ils déterminent son poids spécifique, puis ils consultent la longue table des poids spécifiques des minéraux, et souvent ils trouvent le nom du corps, ou leurs recherches sont bien limitées.

Aréomètre de Fahrenheit. — Cet instrument, construit ordinairement en verre, diffère du précédent en ce que le lest ne porte pas de plateau (fig. 5&)-Pour déterminer le poids spécifique d'un liquide, on pèse l'aréomètre, on cherche le poids nécessaire pour l' affleurement dans un liquide j*s

donné; ce second poids ajouté au premier Sgale le poids du volume de liquide déplacé ; an fait de même dans l'eau, et l'on a le poids d'un égal volume d'eau ; divisons la première somme par la seconde, nous aurons le poids spécifique cherché. Il faut se rappeler celle conséquence du principe dArchimède : le poids d'un corps qui flotte est égal au poids du volume de liquide qu'il déplace.

Aréomètres à volume variable. — Ils sont forces d'une partie cylindrique ou sphérique ^ &8 lestée vers le bas, et portent à la partie su- ArilM0( ^ de Fah. Çérieure une lige cylindrique fermée; leur renb*ii, Poids est constant (fig. 67).

Pût-acides ou pèse-sels. — Une graduation particulière a été

proposée par Baume. On leste l'aréomètre de manière que dans l'eau pure la tige s'enfonce Jusque vers le haut, et l'on marque 0 au point d'affleurement. Dans une dissolution formée de 15 parties de sel marin et de 85 parties d'eau, en poids, la tige s'enfonce moins; il faudra déplacer un moins grand volume du liquide salé, qui est plus dense, pour qu'il pèse autant que l'aréomètre. Au nouveau point d'affleurement, on marque 15° on divise la distance comprise entre ces deux points en quinze

ioc

Soi

FlG. 57.

Pèse-acides de Baume.

FlG. 58.

Alcoomètre centésimal.

parties égales, et l'on prolonge les divisions au-dessous. L'acide sulfurique monohydraté marque 66° à l'aréomètre de Baume.

Alcoomètre centésimal. — Gay-Lussac a gradué un aréomètre d'un manière si heureuse, que l'instrument, plongé dans une liqueur alcoolique ne renfermant que de l'alcool et de l'eau, indique immédiatement sa composition (fig. 58). On règle le lest de manière que l'extrémité inférieure de la tige affleure dans l'eau pure ; en ce point, on marque 0°. Dans l'alcool absolu ou pur, la tige s'enfonce entièrement; au point supérieur, on marque 100°. Puis, on fait un mélange de 90 volumes d'alcool et de ce qu'il faut d'eau pour faire 100 volumes ; au point d'af-

DENSIMETRE.

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ileurement de la tige on inscrit 90. Dans un mélange de 80 volumes d'alcool et de la quantité d'eau nécessaire pour faire 100 volumes, on marque 80°, et ainsi de suite.

Lorqu'on mélange de l'alcool et de l'eau, on observe une légère contraction : ainsi, à 90 volumes d'alcool, il faut ajouter plus de 10 volumes d'eau pour obtenir 100 volumes.

On recherche souvent la quantité d'alcool contenue dans le vin : comme il y a des sels dissous qui augmentent le poids spécifique du liquide, il est nécessaire de séparer les parties volatiles par distillation. Un volume de vin mesuré est soumis à cette opération, l'expérience a démontré que le premier tiers du liquide recueilli contient tout l'alcool ; on plonge l'alcoomètre dans ce produit de la distillation : le tiers du degré trouvé donne la quantité d'alcool que renfermait le vin.

Denaimètre. — C'est un aréomètre à poids constant qui, plongé dans un liquide, indique aussitôt quel est son poids spécifique (fig. 59). Pour les liquides plus lourds que l'eau, on établit ainsi sa graduation. On leste l'instrument de manière que la partie supérieure de la tige affleure dans l'eau pure, et l'on marque en ce point 1. Puis, on compose des liquides formés d'eau et de différents sels, en proportions croissantes; on détermine pour chacun de ces liquides le poids spécifique par la méthode du flacon, et on l'inscrit vis-à-vis du point d'affleurement de la tige du densimètre. Pour le3 liquides plus légers que l'eau, le point 1 est marqué au bas de la tige, et l'on fait la graduation de la môme manière, avec des mélanges d'alcool et d'eau. Le médecin emploie le densimètre pour déterminer le poids spécifique de l'urine.

Table de* poids *péelflq«e* de corp* solide* et liquide*.

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