ANOMALIES DE L'OEIL
derrière celle membrane. Le point le plus voisin de l'œil que nous puissions voir dislinclemenl a reçu le nom de ponction proximmn. Pour un œil normal, bien constitué, il se trouve à une distance de 11 centimètres environ.
Le punclum remolum est le point le plus éloigné que l'œil puisse voir nettement. La détermination de ces deux points donne une excellente idée du l'étendue de l'accommodation.
L'œil normal que M. Donders appelle emmétrope réunit sur la rétine les rayons parallèles venant de l'infini (fig. /ia8); il pos-
[.irimii au cmpiëtrupe,
sède le punctum remolum a l'inflnJ ; par un effort variable d'accommodation, il aperçoit neltemcnt les objets situés depuis l'infini jusqu'à la distance de 11 centimètres.
Anomalie» de l'œil. — M. Donders a fait une étude détaillée des anomalies de l'œil qu'il distingue en deux classes selon qu'elles existent dans l'œil à l'état de repos, ou qu'elles dépendent d'un vice de l'accommodation. Cette distinction est très-importante.
Myopie. — L'œil myope est organisé de telle manière que les rayons parallèlesse réunissent en un foyer situé avant la rétine (fig. a49), se croisent en ce point et rencontrent la membrane nerveuse suivant un cercle de diffusion. La vue des objets éloignés n'est pas nette parce que le punctum remotum est trop rapproché. Pour remédier à cet inconvénient, qui tient ordinairement à ce que le diamètre antéro-poslérieur du globe de l'œil est trop long, il faut éloigner le punctum remolum en dimunant la convergence des rayons ; on emploie des lunetles dont les verres sont concaves et offrent un foyer tel que les rayons parallèles à l'axe de ces lentilles les traversent, deviennent di-
vergents, el ensuite vont converger exactement sur la rétine. Pour essayer des lunettes, le myope examine des objets éloignés et choisit un verre concave tel qu'il les aperçoive avec la netteté la plus grande. Muni de pareilles lunettes, l'œil se trouve
ramené aux conditions normales, son punctum remotum est reporté à l'infini et l'appareil d'accommodation, s'il fonctionne bien, permet de voir les objets rapprochés aux distances ordinaires de vision distincte avec l'œil normal. Hypermétropie. — L'œil peut présenter une anomalie invers,?.
Le diamètre antéro-postérieur du globe est-il trop court, dans l'état de repos, les rayons parallèles ne se rencontreront que derrière la rétine (fig. 450), et sur cette membrane se forment des cercles de diffusion ; on dit alors que l'œil est hypermétrope.
ASTIGMATISME. 607
Dans ce cas, si le muscle ciliaire se contracte, les objets éloignés peuvent former leur foyer sur la rétine, mais l'accommodation est difficile et fatigante, ou môme impossible pour les objets rapprochés.
On remédie à cette anomalie par l'emploi de verres convergents choisis convenablement pour que, dans l'état de repos de l'œil, les rayons parallèles forment leur image sur la rétine. Dans la vision des objets rapprochés, l'appareil d'accommodation fonctionne en môme temps que les lentilles pour faire converger les rayons sur la rétine.
Anomalie de l'accommodation. Prcsbyoplc. — L'appareil
d'accommodation qui fonctionne bien régulièrement pendant la jeunesse diminue d'énergie à mesure que l'homme avance en âge, et ce fait est constant. Le muscle ciliaire perd de son énergie, et le tissu du cristallin devient moins souple et moins mobile, de là il résulte que la distance du punctum proximum à l'œil augmente, aussi le presbyte éloigne l'objet, la page, par exemple, qu'il veut lire ; s'il le plaçait plus près de l'œil, l'accommodation serait impuissante à porter l'image sur la rétine, les rayons partis de chaque point ne se réuniraient que derrière cette membrane. 11 faut suppléer à ce défaut de convergence par une lentille convexe que l'on choisira d'autant plus courbe que le pouvoir d'accommodation sera devenu plus faible. Il peut exister une paralysie du muscule ciliaire à laquelle on remédiera de la même manière.
Astigmatisme. — Une anomalie particulière de l'œil n'est soulagée ni par l'usage des lentilles couvergenfes, ni par celui des lentilles divergentes. Certaines personnes ne voient point nettement les objets dans toutes leurs parties, une surface quadrillée formée de lignes verticales et de lignes horizontales ne présente nettement que les unes ou les autres. Ce défaut de l'œil, qui a reçu le nom d'astigmatisme, tient à ce que dans différents plans passant pas son axe, l'organe ne possède pas le môme pouvoir réfringent. Les rayons qu'envoie un objet lumineux placé à une certaine distance dans un plan vertical iront, je suppose, se rencontrer sur la rétine, tandis que les rayons qui se propagent dans un plan horizontal se rencontrent derrière cette membrane. Comment remédier à ce défaut ?
Il faut employer un verre cylindrique limité par des surfaces dont Taxe est vertical. Les rayons situés dans un plan vertical passant par l'axe n'éprouveront pas de réfraction; en effet leurs points d'incidence et d'émergence se trouveront sur des portions de surfaces parallèles, tandis que les rayons qui se propagent
horizontalement rencontreront des surfaces courbes, seront réfractés comme par une lentille convergente et iront former leur foyer plus près, sur la rétine, si les courbures du verre cylindrique sont convenablement choisies.
Angle visuel. Sensibilité de l'œil. —Un objet AB(fig. 451), placé aune certaine distance de l'œil, lui envoie des rayons lumineux qui se réfractent, forment leur image renversée sur la rétine ; a est le foyer des rayons partis du point A, 6 est le foyer des rayons partis du point B. Les droites Aa et B6 se coupent en un point 0; on appelle angle visuel l'angle AOB sous lequel on voit l'objet.
11 est facile de voir que pour une même distance, lesgrandeurs des objets sont entre elles comme les angles visuels. La di tance
Fig. 451.
Figure servant à définir l'angle visuel AOB.
change-t-elle, un objet est-il porté à une distance double, l'angle visuel est réduit à moitié. A mesure qu'un objet s'éloigne, l'angle visuel diminue.
Si deux points bien éclairés sont placés l'un auprès de l'autre et situés à une distance suffisante, il pourra se faire que l'œil n'aperçoive qu'une seule image. C'est ainsi que Hooker a reconnu que deux étoiles, dont la distance angulaire est égale à trente secondes, paraissent confondues. Pour que l'on puisse éprouver deux sensations distinctes, il faut que l'angle visuel soit supérieur à une minute.
La sensibilité ou l'acuité de la vision a été étudiée avec des traits blancs également espacés sur un fond noir et fortement éclairés. On reconnaît par expérience que les traits ne deviennent distincts que si l'angle formé par des lignes menées en leurs milieux est égal à 73 secondes. Or des lignes formant cet angle rencontrent deux points de la rétine qui sont distants