RÉFRACTION ET DÉCOMPOSITION DE LA CHALEUR
Réfraction de la chaleur. — De mtfme que les rayons lumineux, les rayons calorifiques se réfractent en traversant un prisme et sont décomposés en rayons doués d'une inégale ré* frangibilité.
Herschel ayant produit un spectre solaire avec un prisme de verre plaça un thermomètre sensible dans les diverses parties colorées et reconnut que la chaleur faible dans le violet allait en augmentant à mesure qu'on approchait du rouge, et même, c'est en plaçant le thermomètre au delà du rouge dans une partie complètement obscure que la température se montra la plus élevée ; puis, quand on s'éloignait du rouge la température allait en diminuant.
La même expérience fut répétée par M. Melloni, qui mesura avec la pile thermo-électrique les quantités de chaleur contenues dans les diverses régions du spectre ; ce savant physicien reconnut de plus qu'il fallait mieux employer un prisme de sel gemme qui absorbe beaucoup moins de chaleur qu'un prisme de verre.
Pour produire la décomposition de la chaleur solaire, répétons exactement l'expérience qui sert à démontrer les raies du spectre (page 566, fig. 1x2*2). Faisons arriver par une fente f étroite un faisceau de rayons solaireB qui tombe sur une len -
Fig. 465.
Décomposition de la chaleur solaire par un prisme de sel gemme.
tille et sur un prisme P de sel gemme bien translucide (fig. A65). Le prisme produit un spectre que nous recevons d'abord sur un écran placé comme la fente à une distance double de la distance focale principale de la lentille.
La déviation étant minimum, prenons une pile thermoélectrique communiquant avec un galvanomètre, assez étroite pour ne recevoir que des rayons d'une seule couleur. En faisant passer la pile successivement du violet v au rouge r, nous reconnaîtrons que la quantité de chaleur qui accompagne le violet eBt très-petite et qu'elle va en augmentant jusqu'au rouge; un peu au delà du rouge, en des points où l'œil n'aperçoit aucune lumière, la déviation de l'aiguille du galvanomètre indique cependant lu quantité de chaleur la plus grande. S'éloigne-t-on de ce maximum, la chaleur va en décroissant jusqu'en o a. On a divisé cette partie située au delà du rouge dans laquelle existe la chaleur obscure en un certain nombre de zones ou bandes obscures, dont l'étendue totale en largeur est à peu près égale à celle du spectre coloré.
Cette expérience permet de distinguer dans la lumière solaire les rayons de chaleur lumineuse qui possèdent les mêmes réfrangibilités que les rayons lumineux qu'ils accompa-
gnent, et des rayonB obscurs dont les réfrangibilités sont moindres que celles des rayons rouges. L'étude faite par Melloni de la transmission de la chaleur rayonnante va confirmer encore cette distinction importante.