BAROMÈTRE A SIPHON
veau du mercure dans la cuvette soit à l'extrémité de la pointe d'ivoire; pour cela, on regarde l'image de la pointe dans le miroir offert par le mercure, et, lorsqu'elle touche l'objet, le but est atteint. L'observateur voit la colonne, fait glisser l'anneau qui porte le vernier ; puis, par un pas de vis, imprime un mouvement très-lent. Lorsque le plan qui passe au-dessous de l'anneau est tangent au sommet du ménisque, il suffit de lire la hauteur. Si le baromètre est alors porté sur une table élevée d'un mètre, on peut apercevoir un mince filet de lumière qui passe entre le ménisque et la partie inférieure de l'anneau ; ce qui montre la grande sensibilité de l'instrument pour vérifier ce fait prouvé par Pascal, que la hauteur du baromètre diminue quand on s'élève.
Lorsqu'on fait une observation barométrique, il est essentiel que l'instrument soit tenu vertical; s'il était incliné, on trouverait la hauteur plus grande qu'elle n'est en réalité. Inclinons suffisamment le tube d'un baromètre, le mercure va frapper l'extrémité fermée, et produit un bruit sec : on peut être sûr alors qu'il ne reste pas d'air dans la chambre ; si le son est moins sec, c'est qu'une bulle d'air amortit le choc qu'elle rend moins brusque, et l'on peut voir alors cette bulle très-petite qui rend l'instrument inexact.
Baromètre à siphon. — - Ce baromètre, dû à Gay-Lussac, est formé d'un tube recourbé en deux branches parallèles : l'une grande et fermée, l'autre petite et ouverte (fig. 66). Lorsque le grand tube a été rempli de mercure que l'on a fait bouillir, et qu'on le retourne, le niveau du mercure baisse dans cette branche et monte dans la petite, et la différence des niveaux du mercure donne la pression atmosphérique. Pour l'évaluer , une règle, placée parallèlement aux tubes , est graduée à partir d'un zéro qui se trouve vers le milieu de la hauteur, et offre deux échelles, une ascendante, l'autre descendante ; on fait la somme des distances de chaque niveau au zéro de la règle.
Gay-Lussac réunissait les deux branches par un tube capillaire. Un constructeur, Bunten, eut l'idée de terminer la grande branche en pointe (fig. 67), et cette pointe est enveloppée par une porlion élargie du tube capillaire : ainsi, une bulle d'air qui pourrait pénétrer par ce tube irait se loger entre la pointe et la paroi voisine, et ne pénétrerait pas dans la chambre barométrique. Le tube capillaire est légèrement écarté de la verticale, alors la petite branche est presque dans le prolongement de la grande; cette branche est fermée, excepté en un point qui présente un trou très-fin qui [suffit pour établir une commu-
nication avec l'air. Les tubes sont protégés par une garniture métallique qui porta la graduation.
Ce baromètre est très-portatif: pour le transporter, on l'incline de manière à remplir complètement de mercure la grande
branche ; lorsque le bruit sec s'est fait entendre, o complètement, et l'on enferme le baromètre dans i cuir que l'on peut porter en bandoulière.