‹ Manuel de physique médicaleChapitre 34 sur 342 · BAROMÈTRE A CADRAN · texte numérisé non relu

BAROMÈTRE A CADRAN

On fait de même pour transporter le baromètre de Fortin. Veut-on faire une observation, on opère le retournement. Le mercure descend d'une certaine quantité dans la grande branche et chasse l'air, qui ne peut entrer ; de plus, la colonne capillaire empêche l'air et le mercure de passer ensemble. Le baromètre est suspendu à l'aide d'un trépied qui lui per-

u que porte sa garni -

met de se tenir vertical, ou par u lure, à un support quelconque.

La hauteur lue de la colonne mercurielle doit être ramenée à la température de zéro degré et diminuée de la dépression capillaire que le mercure éprouve dans un tube étroit : nous donnerons plus tard ces deux corrections.

■ai-Mètre * cadra». — C'est un baromètre qu'on ne peut porter en voyage, mais qui offre dans les appartements le grand avantage d'une lecture facile que chacun peut faire, et qui ne demande pas de temps.

C'est un baromère à siphon ordinaire (fig. 68). Dans la peUtc branche qui est tout à fait ouverte, on introduit un flotteur, un tube de verre contenant une petite quantité de mercure qui flotte à la surface du métal dans la petite branche, et s enfonce toujours de la même quantité. À ce flotteur est attaché un fil de soie qui s'enroule sur une poulie tëgdre et se termine par un faible contre-poids. A l'axe de la poulie, "ne aiguille est fixée par son centre de gravité et tourne devant un ca- Btromèi™ a oadnn.

dran. Lorsque lapression augmente,

le niveau du mercure baisse dans la petite branche, le flotteur descend aussi et fait tourner l'aiguille dans un sens ; si la pression, diminue, le flotteur remonte, et l'aiguille tourne en sens contraire.

H est bon, avant d'observer, de donner au cadre de petits chocs qui servent à imprimer un léger mouvement au mercure et a

vaincre les frottements qui peuvent maintenir l'aiguille dans une fausse position.

Le baromètre à cadran est gradué par comparaison avec un bon baromètre de Fortin ; chacun peut vérifier la graduation, ou la faire en notant l'indication de l'aiguille et la pression barométrique dans le même lieu et à la même heure donnée par les tableaux météorologiques publiés par l'Observatoire dans les journaux.

Applications des effets de la pression atmosphérique. — La hauteur du mercure s'abaisse dans le baromètre quand on s'élève dans l'atmosphère; il est facile de calculer quelle hauteur il faut atteindre pour que le mercure baisse de 1 centimètre. Le poids spécifique de l'air pris par rapport à l'eau est 0,00129, celui du mercure est 13,59. Les hauteurs d'air et de mercure qui se font équilibre sont inverses

du rapport des poids spécifiques, ou égales au rapport '

ou' 10535. Ainsi, une colonne d'air de 105m,35 pèse autant qu'une colonne de mercure qui a 1 centimètre de hauteur. Quand on s'élève de 10m,5, la colonne mercurielle baisse de 1 millimètre. Le pavé près de la bibliothèque Sainte-Geneviève est à 60 mètres au-dessus du niveau de la mer; le mercure dans le baromètre, toutes choses égales d'ailleurs, sera de 6 millimètres environ moins élevé en ce point que sur les bords de l'Océan. C'est aussi à peu près la différence de hauteur que Pascal a trouvée en répétant l'expérience de Torricelli au pied et au sommet de la tour Saint-Jacques.

Ce résultat, sur lequel nous venons de nous appuyer, permet de mesurer les hauteurs avec le baromètre ; mais, quand on veut l'appliquer à la mesure des grandes hauteurs, il faut employer une formule plus compliquée, parce que le poids spécifique de l'air diminue quand on s'élève.

Dans les ascensions aérostatiques, le mercure baisse quand on monte, et s'élève quand on descend. L'examen du baromètre est indispensable pour l'aéronaute qui veut savoir s'il s'éloigne ou se rapproche de la terre.

Poids total de l'atmosphère. — C'est le poids d'une masse de mercure qui recouvrirait la surface de la terre, et qui aurait 76 centimètres de hauteur. Or, une semblable colonne de mercure exerce sur chaque mètre carré une pression de 10 328 kilogrammes. Il faut multiplier ce nombre par celui des mètres carrés que contient la surface du globe terrestre, produit qui est à peu près égal à 5 quintillions 260 quatrillions de kilo-

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