EFFETS DE LA PRESSION ATMOSPHÉRIQUE
grammes, poids énorme, dont il est impossible de se faire idée. On comprend cependant que les phénomènes qui se passent à la surface du globe, la combustion et la respiration qui tendent à vicier l'air, ne puissent exercer aucune influence sur une masse d'air pareille incessamment agitée par les vents. Pression que l'homme supporle. — La' surface extérieure du corps de l'homme est d'une évaluation difficile ; mais ou peut admettre qu'elle est voisine de 1 mètre carré; or, l'atmosphère exerce sur chaque centimètre carré une pression égale au poids de 76 centimètres cubes de mercure, qui est de"lk,u33. La pression exercée sur le corps est 10 330 kilogrammes. Comment ne sommes-nous pas écrasés sous une pression aussi grande? Cette pression s'exerce dans tous les sens : par la bouche, l'air contenu dans les poumons supporte la pression de l'atmosphère ; les solides et les parties liquides qui forment les tissus sont également pressés en dedans et en dehors, et ces pressions se font équilibre. Les poissons qui habitent dans les profondeurs de la mer supportent des pressions beaucoup plus grandes, sans plus d'inconvénient.
Cependant l'organisme paraît soumis à l'influence des changements qui surviennent dans la pression. Lorsque la pression est élevée, on éprouve en général du bien-être; la respiration, si elle conserve son rhythme et son étendue ordinaires, introduit alors plus d'oxygène, puisque le poids du litre d'air est plus grand. Lorsque, au contraire, la pression est basse, nous éprouvons de la fatigue, une certaine gêne, nous disons que le temps est lourd, quand, en réalité, l'atmosphère est plus légère. Les habitants des montagnes ne se trouvent pas dans les mômes conditions que ceux des plaines ; si Pair qu'ils respirent supporte une pression moitié de celle qui existe dans la vallée, lorsque les premiers font une inspiration d'un demi-litre, ils inspirent un poids d'oxygène qui est la moitié de celui que les seconds introduisent par une inspiration égale ; il en résulte que les habitants des montagnes font des inspirations plus fréquentes et plus étendues, pour renouveler l'air de leurs pouvions, aussi bien que les habitants des plaines.
Lorsqu'on gravit les montagnes à pied, on est soumis à la diminution de pression de l'air, mais aussi on est obligé à des efforts musculaires énergiques qui exigent une absorption d'oxygène très-grande, alors la respiration devient haletante, les battements du cœur augmentent beaucoup de nombre. Lorsque la hauteur de 4<M)0 mètres est atteinte, les voyageurs éprouvent des accidents spéciaux, des palpitations, des maux de tête,
une grande lassitude qui constituent le mal des montagnes.
Influence de la pression atmosphérique sur les articulations. — La pression atmosphérique maintient les surfaces articulaires en contact immédiat, sans que pour cela des efforts musculaires soient nécessaires. Cette vérité fut démontrée expérimentalement par MM. Weber. On coupe tous les muscles, les ligaments et la capsule qui réunissent le corps et le col du fémur aux parois du bassin ; la tête de l'os reste seule engagée dans la cavité cotyloïde et peut soutenir le membre inférieur tout entier; si à l'aide d'une pointe, on perce par l'intérieur du bassin le fond de la cavité cotyloïde, le membre tombe immédiatement.
11 est facile d'évaluer la pression que l'atmosphère exerce sur
la tête du fémur. Le diamètre de la sphère à laquelle appartient
cette extrémité osseuse, chez l'homme, a une longueur de
5 centimètres environ, la surface du grand cercle sur lequel
w.52 presse l'atmosphère est -j— = 19ec,6. Sur chaque centimètre
carré, la pression est de lk,033, lorsque la hauteur de la colonne du baromètre est 76 centimètres ; sur la surface entière, la pression qui maintient en contact les surfaces articulaires est 19,6xlk,033 = 20k,2/i.