MESURE DE LA PRESSION DU SANG
net d'une manière intermittente, le tube élastique laisse écouler un plus grand volume de liquide que le tube à parois rigides.
idée de la circulation. — Nous pouvons expliquer, par les résultats qui précèdent, plusieurs pbénomènes que présente la circulation. Au centre, se trouve le cœur organe d'impulsion, qui, par ses contractions intermittentes, envoie chaque fois une ondée dont le volume est égal à la diminution de volume de la cavité du ventricule. Cette ondée pénètre dans l'aorte et dans les artères qui sont ses branches. Ces vaisseaux élastiques se subdivisent, et lorsqu'ils sont devenus très-ténus, forment un système capillaire, réseau très-développé, très-riche ; aux capillaires font suite les veines qui ramènent le sang à l'organe d'impulsion et qui sont munies de valvules ou petites soupapes s'ouvrant de la périphérie vers le centre. Le sang, ramené par les veines caves dans le cœur droit, est chassé dans les poumons par l'artère pulmonaire qui se divise à l'inflni et couvre de ses réseaux capillaires la surface si multipliée des bronches. Puis le sang, après avoir subi le contact de l'air, revient au cœur gauche, d'où il recommence à circuler dans l'aorte, et ainsi de suite. Chaque globule du sang accomplit donc une double circulation ; il parcourt tout l'arbre circulatoire, du cœur gauche au cœur droit, en passant par les capillaires généraux; puis du cœur droit revient au cœur gauche par la circulation pulmonaire.
Le sang ne sort que par exception des canaux qui le contiennent. Il rencontre dans son mouvement des résistances qui causent dans les artères une certaine pression, qui croit avec les résistances, avec la quantité du sang, avec la force et la fréquence des battements du cœur. Nous nous occuperons d'abord de la mesure de cette pression qui augmente à chaque systole do l'organe d'impulsion.
Mesure de la pression du sang dans les artères. Hémodynamomètre de M. Polsenllle. — Manomètre différentiel de m. Claude Bernard.' — Haies découvrit une artère sur un animal et introduisit l'extrémité d'un long tube de verre dans le vaisseau, il vit alors le sang s'élever à 8 pieds anglais ou 2m,4Zi, ce qui donne une idée de la pression de ce liquide. M. Poiseuille a le premier mesuré avec plus d'exactitude et de facilité la pression artérielle au moyen d'un manomètre & mercure (fig. 400). Un tube de verre recourbé, à deux branches parallèles et inégales, contient du mercure qui s'élève d abord au même niveau horizontal. A la petite branche recourbée e**4 fixé un tube de caoutchouc à parois rigides, ou un tube de
plomb qui se termine par un ajutage métallique assez lin ; un robinet permet d'établir ou d'interrompre la communication du manomètre avec le tube, qui est porté par une planchette munie d'une division en centimètres et en millimètres. On commence par remplir d'une solution concentrée de bicarbonate de soude la petite branche, le tube de caoutchouc et la canule. On découvre une artère chez un animal ; au bout central et au bout périphérique, on applique une ligature temporaire, puis, par une incision transversale et une autre longitudinale, la canule
est introduite dans l'artère. La ligature centrale est déliée, le sang pénètre et soulève aussitôt la colonne de mercure dans 1b branche ouverte jusqu'à un niveau dont on mesure la hauteur au-dessus du niveau du mercure dans la petite branche ; il faut retrancher de celle colonne la hauteur du mercure qui fait équilibre A la colonne de bicarbonate de soude destinée a retarder la coagulation du sang.
L'expérience a montré que la hauteur du mercure est de 15 centimètres environ chez les animaux supérieurs, dans les grosses artères ; mais elle varie à chaque contraction du cœur et à chaque mouvement respiratoire.
Quand on s'éloigne du cœur et qu'on arrive aux petites artères,