LIQUÉFACTION DE L'ACIDE CARBONIQUE
Liquéfaction de l'acide carbonique. — L'appareil de Thilorier employé pour produire ce changement d'étal se compose d'un cylindre de fonte consolidé par des anneaux de fer forgé. Dans ce vase à parois très- épaisses, mobile autour d'un axe horizontal, ou introduit 2 kilogrammes de bicarbonate de soude avec de l'eau. Dans un tube cylindrique placé au milieu du sel, on verse
plus d'un kilogramme d'acide sulfuriquc monohydralé ; ainsi l'acide est sépare du sel. Le cylindre générateur du gaz est fermé par un couvercle fortement serré à l'aide d'une vis. On imprime au cylindre de légères oscillations ; l'acide sulfurique tombe peu à peu sur le bicarbonate, qu'il décompose, et chasse l'acide carbonique qui, contenu dans un petit volume, se liquéfie ; il est essentiel que la réaction se fasse avec une certaine lenteur, car elle dégage de la chaleur qui accroît beaucoup la force élastique de l'acide carbonique, ce qui augmente
le danger de la préparation. A 0°, le gaz acide carbonique se liquéfie sous une pression de 36 atmosphères ; à 40°, il exerce en présence d'un excès de liquide une pression de 80 atmosphères ; il faut donc laisser la chaleur produite se dégager par les parois du cylindre dans le milieu ambiant. Lorsque la préparation est terminée, on fait communiquer le couvercle du cylindre qui porte un ajutage et un robinet, par un tuyau de métal, avec un cylindre semblable, muni aussi d'un robinet
qui est le récipient. On ouvre les deux robinets ; le liquide distille et se rend dans le récipient. Ouvre-t-on ensuite le récipient dans l'air, la vapeur de l'acide carbonique, en se formant, absorbe tant de chaleur latente, qu'elle se solidifie en partie, et, si on la fait arriver dans une boîte sphérique de métal mince (fig. 156), tangenliellement aux parois, elle se solidifie, et dans ce vase on trouve une masse blanche. Lorsqu'on ajoute à l'acide carbonique solide une certaine quantité d'éther, et qu'on évapore ce mélange sous une cloche dans laquelle le vide est fait avec la machine pneumatique, la température s'abaisse au-dessous de — 100° : c'est la température la plus basse que l'on ait pu ob • tenir jusqu'ici.
Identité des gas et des vapeur*. — Tous les gaz, excepté l'oxygène , l'hydrogène , l'azote , le bioxyde d'azote , l'oxyde de carbone et le protocarbure d'hydrogène, ont été liquéfiés par un abaissement de température assez grand et une pression plus ou moins forte, et beaucoup des liquides produits ont été solidifiés. C'est M. Faraday qui a obtenu ce résultat général. Le môme phénomène s'observe très-facilement avec les vapeurs. Les vapeurs non en contact avec un excès de liquide se conduisent comme les gaz.
Les gjaz sont donc des vapeurs à une température assez éloignée des points de liquéfaction.
L'état d'un corps dépend seulement du milieu dans lequel il se trouve. Dans un milieu à — 100°, le mercure serait solide, une foule de gaz seraient des liquides ou des solides. A 1000°, un grand nombre de corps solides sont des liquides ou des vapeurs, et, à cette température, tous les liquides que nous connaissons sont des gai.
Fio. 156.
Boite dans laquelle un obtient de l'acide carbonique solide.