Au reste, des phénomènés qui se renou
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vellent chaque jour autour de nous prouvent que la division réelle de la matière est prodigieuse. La nature nous offre mille exemples de corps dont la petitesse non seulement échappe à nos sens les plus délicats, mais encore, pour ainsi dire, à notre imagination. Tout nous démontre même qu’un corps peut passer à cet état de division extrême, sans que ses particules cessent d’être identiques avec les plus grosses masses. Ainsi, sans parler de la lumière dont la ténuité des molécules est pour ainsi dire incalculable, malgré qu’elle agisse encore alors sur nos sens, puisque l’image d’une étoile formée d’une multitude de rayons différens n'occupe pas sur notre rétine la cent cinquante millionième partie d’un millimètre carré, ne yYoyons-nous pas les corps cristallisés, réduits en poussière pour ainsi dire volatile, présenter au microscope les mêmes formes, les mêmes angles qui caractérisaient la masse totale? Ne voyonsnous pas un faible sachet de musc répandre et renouveler son odeur autour de lui dans un assez grand espace pendant plus de vingt années ? Ne voyons-nous pas mille substances colorantes prouver leur extrême division, en manifestant la dissolution d’une seule de leurs gouttes dans une grande masse de liquide? Mais ce n’est pas seulement la matière morte, ce ne sont pas seulement les corps vaturels, qui nous offrent des exemples de la prodigieuse divisibilité de la matière. Les procédés des arts, la matière vivante, en montrent des effets peut-être plus étonnans encore, puisqu'ils supposent dans ces corps, dont l'imagination a peine à comprendre la ténuité, des propriétés, des organes analogues à ceux d'êtres dont le volume est, par rapport à eux, plus considérable que le vo- Jlume du globe entier par rapport à l’homme.
Lewenhoeck, dans ses belles recherches sur les animaux microscopiques , a calculé qu’il faudrait
5o PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES.
plus de vingt millions de certains,de ces animaux pour remplir un espace d’un centimètre cube, que leur volume était moins d’un millième de grain de sable déjà impalpable; en sorte que plusieurs milliers de ces animaux pourraient tenir sur la pointe d’une aiguille. Cependant ces êtres se meuvent, vivent, paraissent sentir. Leur corps est donc composé de liquides et de solides; ils sont donc doués d’organes propres à remplir certaines fonctions. Qu’on juge, d’après les recherches de ce savant estimé , quelle est la ténuité de ces organes et l'extrême divisibilité de la matière.
13. La ductilité où malléabilité est une propriété particulière à certains corps, qui prouve également la grande divisibilité de la matière, et en même temps donne une haute idée de la ténacité, de la force de cohésion qui tient attachés ensemble certains assemblages de mulécules. Quelques substances végétales et animales, telles que les fibres de plusieurs plantes textiles et les fils de soie et d’araignée, mais surtout les métaux , fournissent des exemples étonnans de cette propriété des molécules de conserver leurs qualités originelles et de demeurer encore liées entre elles, malgré qu’elles soient effilées, étirées, aplaties , amincies à un point extrême. Ainsi, pour ne citer que quelques uns des exemples les plus frappans de la ductilité et de la ténacité des métaux, l’art du batteur d’or parvient à amincir des feuilles de ce métal, de telle sorte qu’elles n’ont qu’un trente millième de ligne d'épaisseur. Dans la fabrication des fils employés pour les micromètres, instrumens d’astronomie qui servent spécialement à mesurer le diamètre des corps célestes , c’est le platine qu’on
passe à la filière ; mais il serait impossible de Pob-
tenir directement en fils assez fins. On l’enveloppe donc d’un cylindre d’argent , et l’on étire le tout au plus haut degré de ténuité ; ensuite on fait dis-