DE LA PESANTEUR
27. Nous vénons de voir que la pesanteur est cette propriété en vertu de laquelle les corps abandonnés à eux-mêmes se précipitent sur la terre, et si nous observons d’abord quelle direction ils suivent dans cette chute, nous reconnaitrons qu’elle est toujours perpendiculaire à la surface des eaux dormantes, en conséquence qu’elle se dirige constamment vers le centre de la terre. En effet, les géomètres ont démontré qu’un sphéroïde
dont toutes les molécules seraient douées d’une
force d’attraction, devrait agir comme si ces mo-lécules étaient réunies au centre.
Tous les corps solides, liquides et gazeux sont soumis à l’action de la pesanteur , et ceux d’entre: eux qui paraissent, dans certaines circonstances ,, violer ses lois, sont au contraire la démonstration: la plus complète de leur généralité. Ainsi, certains: gaz remontent au lieu de tomber vers la terre ,, certains corps solides se maintiennent en équil'bres dans l’atmosphère, parce que l’air au milieu du-quel ils se trouvent est plus pesant qu'eux, c’est-à-dire offre plus de masse sous le même volume. Ïl en est de même d’une boule de liége, d’un morceaux de bois plongés dans l’eau , de certains métaux plongés dans le mercure. Ces liquides obéissant à la pesanteur aussi bien que ces corps, les: forcent de remonter à leur surface parce qu'ils: sont plus pesans qu’eux.
On ne doute guère de la pesanteur des liquides: et des solides, mais celle de l’air a été long-temps niée ; on la prouve maintenant directement en faisant le vide dans un ballon de verre; ce ballon suspendu au plateau d’une balance, et mis en équi-. libre, penche dès qu’on y laisse entrer une cer< taine quantité d'air. ( Voyez PL I, fig. 1.
206. La pesanteur étant une force à laquelle sont soumises toutes les molécules matérielles , doit être considérée comme agissant à chaque instant également sur toutes celles qui sont placées à la même distance de son centre d’action, quel que soit d’ailleurs l’état d’agrégation ou de combinai-. son, la forme, l’espace , occupé par ces molécules. La résistance des milieux que traversent les corps: dans leur chute est donc la seule cause des diffé rences que la pesanteur présente dans ses manières: d'agir sur eux. Ainsi, sans la résistance de l'air, une plume et une balle de plomb tomberaient nécessairement avec une vitesse égale, puisque si le