PESANTEUR
nombre des molécules n’est pas égal dans ces deux corps, chaque molécule n’en sera pas moins animée d’une même vitesse, et par conséquent la vitesse commune ne sera ni augmentée ni diminuée. Mais d’ailleurs faisons le vide dans un tube de verre d'environ deux mètres de longueur, fig. 2, dans lequel nous aurons mis préalablement des corps de densité très différente, tels que du plomb, de l'or, du bois, du papier; si nous renversons le tube, nous verrons tous ces corps tomber avec une égale vitesse, et arriver en même temps au fond du tube, si le vide a été bien fait; car si nous y laissons pénétrer la plus petite quantité d’air, ces corps arriveront successivement en raison de leur densité, c’est-à-dire de la masse mesurée par le volume.
29. Il est donc bien important de ne pas confondre la pesanteur d’un corps avec ce qu’on appelle son poids ; la pesanteur se mesure par la vitesse qu’elle imprime à chaque molécule; elle est donc indépendante du volume, de la masse, en un mot, du nombre des molécules ; elle est invariable dans un même lieu, à une même hauteur, ainsi que nous l’expliquerons tout à l’heure. Le poids d’un corps est au contraire la mesure de effort nécessaire pour le soutenir et l'empêcher de tomber; c’est la mesure de la pression qu’il exerce sur les corps placés au dessous de lui. Le poids dépend de la quantité de matière que le corps renferme , il est donc proportionnel à la masse et indépendant du volume; mais la comparaison du poids d’un corps avec celui d’un autre, sous un volume égal, a donné l’idée de la densité on de la pesanteur spécifique, plus exactement du poids spécifique des corps, qui est le rapport du poids absolu d’un corps au poids absolu d’un autre corps pris pour unité, ou terme de comparaison.
Nous ne nous occuperons pas en ce moment des
moyens de mesurer la densité d’un corps, parce
qu'ils sont différens pour les solides, les liquides
et les gaz, et trouveront mieux leur place dans
l'étude particulière de ces corps ; mais nous allons. faire connaître ceux qui servent à mesurer la pres-
sion qu’un corps exerce sur un autre, ce qui com-
prendra l’étude des centres de gravité et des ba-
lances ; nous verrons ensuite quelle est la vitesse
de la chute des corps soumis à l’action de la pe-
santeur, nous mesurerons cette vitesse, nous re-
connaîtrons et nous dirons pourquoi elle n’est pas
la même dans tous les lieux de notre globe ; enfin,
nous verrons que ce n’est pas plus la terre qui at-
tire les corps, que les corps qui attirent la terre,
c’est-à-dire que nous démontrerons que la force
de la pesanteur réside dans toutes les molécules matérielles,
SECTION IE