CHUTE DES GRAVES
la vraie machine d’Atwood, à l'instrument est ajouté une pendule à secondes, et la poulie est compliquée de plusieurs roues pour diminuer le frottement.
La même machine sert à prouver qu'une force accélératrice, lorsqu'elle cesse d’agir, fait parcourir au corps qui lui était soumis, uniformément et dans le même temps, un espace double de celui qu'il a parcouru ; pour cela il suffit d’ajouter à la règle un anneau d qui laissera passer le poids principal, mais arrêtera le poids supplémentaire ; alors on verra que si le corps a déjà parcouru 4 divisions , il en parcourra uniformément 8 dans le même temps, jusqu’à ce qu’il soit arrivé sur le support.
35. La pesanteur n’est pas la même dans tous les lieux de la terre; elle est à son minimum à l'équateur , et à son maximum au pôle. Ce changement a deux causes ; la première est l'effet de la force centrifuge, beaucoup plus puissante à l’équateur , et dont la comparaison de deux frondes de longueur différente donnera une idée fort exacte ; la seconde, qui n’est que le résultat de la première, est l’aplatissement de la terre aux pôles ; car nous avons vu que la pesanteur qui agit du centre de la terre diminue d'intensité à mesure qu’on s'éloigne de ce centre: Or les pôles, étant aplatis, sont rapprochés du centre; la pesanteur doit y être plus considérable, tandis que le contraire a lieu pour l’équateur. C’est de cette observation de la diminution de la pesanteur que Newton avait conclu avec beaucoup d’exactitude la quantité de l’aplatissement de notre globe. Il paraît qu’on a trouvé l'intensité de la pesanteur un peu moindre sur les hautes montagnes qu’au niveau-de la mer;-Cet effet tient à/la même cause.
6. La force de l'attraction , qui se manifeste et a pour résultat la pesanteur, ne réside pas seule-,
7l | PROPRIÉTÉS CÉNÉRALES, ment dans notre globe; elle appartient à toutes les molécules des corps : et c’est le résultat commun de l'attraction de toutes ces molécules qui dirige constamment la pesanteur vers le centre de la terre. Déjà nos astronomes, dans la mesure du méridien en Amérique , avaient cru s’apercevoir que les hautes montagnes faisaient dévier leurs instrumens de la verticale : depuis, Maskeline en Ecosse, et M. de Humboldt en Amérique, ont reconnu cette influence d’une manière évidente.
. Mais une preuve directe de l'attraction de tous les corps est fournie par la balance de torsion , inventée par Coulomb : cet instrument, fig. 7) est essentiellement composé d’un fil métallique vertical D, plus ou moins long, dont le bout supérieur est attaché à un point fixe, et dont le bout inférieur, tendu par un petit poids C, porte une aiguille horizontale AB, terminée par deux petites boules ; le tout est enveloppé d’une cage de verre, et la mesure des forces est facilitée au moyen de deux cadrans divisés. Pour appliquer cet instrument à la mesure de l'attraction que tous les corps de la nature exercent les uns sur les autres, proportionnellement à leur masse et réciproquement au carré de leur distance, il suffit de descendre devant les extrémités de l'aiguille et en sens Op posé, deux boules d’une matière quelconque ; aussitôt ces boules et l'aiguille s’attireront mutuellement; et comme les premières sont supposées immobiles, on verra l'aiguille s’en approcher jusqu’à ce que la force de torsion du fil fasse équilibre à celle de l'attraction, et le fixe en ce point après une suite d’oscillations. C’est au moven de cet instrument ; et en comparant la durée des oscillations de laiguille avec celle du pendule, que Cavendish a trouvé que la densité moyenne du globe
était cinq fois et demi plus considérable que celle de l’eau.
-GAPILLARITÉ. 35
SECTION IV