‹ Manuel de physique, ou élémens abrégés de cette scienceChapitre 61 sur 120 · NN · texte numérisé non relu

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même une des deux moitiés de la corde , il arrivera encore qu’un nombre de vibrations double de la seconde expérience, et quadruple de la première , sera produit, et, parsuite, une seconde octave supérieure ; il en sera toujours de même en continuant la division de la corde jusqu’à ce qu’on soit parvenu à la dernière limite des sons appréciables vers l’aigu, limite qui paraît fixée au point où le corps exécute plus de 8,000 vibrations par seconde. L’ut du violoncelle est le son produit par 128 vibrations par seconde, et on prend ordinairement, dans les expériences d’acoustique, et aussi en musique, pour point de départ, la double octave de ce ton, celui qui est produit par 5r2 vibrations, ou l’uf qu’on obtient sur le violon en mettant le troisième doigt sur la quatrième corde; mais dans les concerts , les instrumens s’accordent sur le la, qui est la cinquième note au-dessus de ce ton fondamental.

15Q. La vibration des corps présente encore cette Coincidence remarquable que, dans Pair, la longueur des ondes sonores suit la même progression que le nombre des vibrations, mais en sens inverse; en sorte qu'un nombre de vibrations double produit une onde sonore d’une longueur moitié moindre. Ainsi le premier son appréciable est le résultat de 32 vibrations par seconde, et la longueur de l’onde sonore est anssi de 32 pieds, mais à l’octave au-dessus, le nombre de vibrations est de 64, et la longueur de l’onde de 16 pieds, et ainsi de suite.

160. C’est sur les différens principes que nous venons d'exposer que repose la construction des divers instramens, qu’on peut rapporter à deux

sortes, ceux à cordes et ceux à vent. Dans les premiers, la longueur , la grosseur et la tension des cordes fournissent tous les sons : les uns, eomme les pianos, sont à sons fixes ; il y a au-

tant de cordes que de sons, et on les produit au moyen de touches qui viennent frapper les cordes. D’autres, comme les violons, les basses, n’ont qu’un très petit nombre de cordes, mais l’exécutant, en faisant varier à volonté la longueur des cordes avec le secours de ses doigts, en tire tous les sons compris dans l’étendue de l’instrument, ce qui ne dépasse guère quatre ou cinq octaves au plus, et pour les instrumens les plus privilégiés. Les caisses, les boîtes de diverses formes qui accompagnent tous ces instrumens , ne servent que pour renforcer les sons, et supporter les vrais corps sonores, qui sont les cordes. La force nécessaire pour leur soutien est très considérable ; car on a calculé que la faible table d’un violon supporte une pression égale à un poids de 28 livres , et la caisse d’un piano à l’énorme poids de 6,000 livres; le peu de durée de ces derniers ne doit donc point étonner.

Dans les instrumens à vent, c’est l’air qui est le corps vibrant, et toutes les formes si variées , tant aux embouchures que dans la figure générale de l'instrument, sa longueur, son volume, ses diverses ouvertures, ne sont que des accessoires destinés a modifier la qualité du son ou à le rendre plus aigu ou plus grave, en imprimant à l’air des vibrations plus ou moins rapides. In général, les sons des instrumens à vent sont d’autant plus graves que le tuyau est plus long; ainsi, dans les orgues, les tuyaux ont la longueur même des ondes sonores : mais la forme des instrumens, en favorisant ou génant certains mouvemens de l’air, modifie puissamment les sons. Dans les cors, les trompettes, etc., c’est l’action seule des lèvres qui : détermine l’air du tuyau à exécuter le nombre de vibrations nécessaire pour produire tel ou tel son; dans les flûtes et autres instrumens de cette espèce, Vair est également mis en mouvement par les lè-

vres; mais des ouvertures pratiquées de distance en distance déterminent la production des différens sons; dans d’autres , il suffit de souffler et d'ouvrir ou fermer les trous pour obtenir le son. Dans les instrumens à anches, on complique les tuyaux d’un petit appareil vibratoire , au moyen duquel on parvient à faire prendre à l'air toutes sortes de vibrations. La voix humaine et celle d’un grand nombre d’animaux paraissent produites par ‘un instrument à anches de la plus grande perfecfection. Mais nous ne pouvons entrer dans de plus grands détails sur ces matières. (1)

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