TRANSMISSION ET PROPAGATION DU SON
101. Le son se transmet et se propage aussi bien par le moyen de tous les autres corps que par le moyen de l’air, et on conçoit que dans tout milieu homogène, et qu’on pourrait considérer comme infini dans tous les sens, il formerait nécessairement une série d'ondes sonores succesives, circulaires autour du centre d’ébranlement , mais d’une vitesse qui pourra varier en raison de la nature du corps : c’est cette vitesse que nous allons maintenant étudier; mais observons d’abord que ce n’est guère que dans l’air qu’on peut espérer rencontrer de l’uniformité et de la précision dans les résultats, puisque tous les autres corps ont rarement une parfaite homogénéité, et surtout se présentent toujours à nous sous des formes très composées , et qui par conséquent doivent beau-
(1) Voyez l’Acoustique de Chaldni, et les ouvrages d'histoire naturelle et de physiologie, et spécialement celui de M. Magendie, ainsi que le Traité de l'Organisation des animaux , par M. de Blainville.
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coup influer sur le mode de transmission comme sur la qualité des sons. ge 162. Pour concevoir parfaitement la manière dont le son se propage, il faut examiner ce qui doit arriver lorsqu'une cause quelconque imprime à un corps un ébranlement subit, par exemple, quelles modifications l’air subit dans une explosion, ou bien lorsqu'il est frappé d’un coup de fouet. On conçoit qu’un tel ébranlement peut être capable de faire vibrer l’air de manière à ce qu’il devienne sonore : en effet, les molécules de Pair où l’explosion a eu lieu seront subitement poussées avec une grande force, et tendront à se mou-: voir ; mais, rencontrant bientôt d’autres molécules résistantes, elles seront refoulées et commenceront un mouvement vibratoire autour de leur position primitive; mais il est évident qu’elles n'ont pu s'arrêter qu’en communiquant leur force d’ébranlement aux molécules voisines : celles - ci agiront donc de même, et le mouvement se propagera de la sorte successivement de proche en proche, ainsi que le son, qui en est la conséquence. Mais l'amplitude des vibrations, et par suite lPintensité du son, devront aller continuellement en décroissant, puisque le partage des forces augmente continuellement en s’éloignant du centre d’ébranlement , dès que nous supposons le milieu où le mouvement se propage d’une étendue indéfinie en tout sens : c’est en effet ce que le calcul démontre, et ce dont il donne la mesure; le son doit donc s’éteindre après avoir parcouru un espace plus ou moins grand , en raison de sa force. 163. On conçoit également très bien que l'air doit éprouver des ébranlemens très différens, en: raison des forces infiniment variées qui viennent l’agiter par leurs commotions subites ou répétées... Il ne peut entrer en vibration de la même manière sous l’influence de ces causes diverses, et tantôt,