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TRANSMISSION DES SONS

chassé avec une rapidité extrême, il oscillera avec une vitesse proportionnelle, et produira un son aigu; tantôt, poussé avec peu de violence, ses vibrations seront lentes et le son grave; enfin des chocs intermédiaires produiront tous les sons mitoyens entre ces extrêmes. Nous avons suppasé le cas d’une explosion pour simplifier le phénomène; mais il est facile de sentir que les sons prolongés ne sont autre chose qu’une explosion continuée, qu'un centre d’ébranlement dont l’action dure plus ou moins long-temps.

164%. Nous venons de dire que dans un milieu d’une grande étendue, comme l’air, le son décroît d'intensité à mesure que les ondes sonores s’éloignent du centre d’ébranlement; mais il n’en est plus ainsi lorsque la colonne mise en mouvement est d’une étendue limitée et cylindrique : la file des molécules étant toujours égale en nombre, doit transmettre le son avec une égale intensité, sauf la perte légère causée par le frottement et la communication du mouvement aux parois du cylindre : tout ceci a été confirmé d’une manière expérimentale par M. Biot, qui, séparé par une étendue de tuyaux de plus de 950 mètres, entretenait sans peine une conversation à voix basse. L'effet considérable du porte-voix, qui dirige le son d’un certain côté, est dû à une cause analogue. Dans la même série d'expériences, ce savant reconnut que tous les sons sé propageaient avec une vitesse égale, bien que le nombre de vibrations exécutées dans un temps déterminé soit très . variable. On devait au reste s'attendre à ce résultat; car l'air peut bien venir frapper l'oreille d’un plus grand nombre d’oscillations dans une seconde de temps, mais l’intervalle nécessaire pour propager ce mouvement est le même, parce que les vibrations embrassent une étendue d'autant plus petite qu’elles sont plus rapides, ce qui établit

une compensation exacte. C’est encore par des expériences semblables qu’il a été constaté que le son se propage généralement avec d'autant plus

e vitesse, que le corps qui le transmet est plus dense et plus élastique; ainsi, dans les tuyaux dont nous venons de parler, M. Biot entendait distinctement deux sons produits par le choc d’un marteau ; un premier transmis très rapidement par le tuyau, un second transmis ensuite par la colonne d’air. Il paraît qu’on a reconnu la même loi dans les liquides et les fluides gazeux.

165. On à répété très souvent diverses expériences pour déterminer exactement la vitesse du son dans l’air; le meilleur moyen pour parvenir à ce but est de comparer l'intervalle du temps qui s'écoule entre l’apparition de la lumière d’un coup de canon et son explosion ; on a trouvé par là que Je son se transmettait dans l’air à l’état ordinaire avec une vitesse d'environ 337 mètres par seconde. Le calcul donnait un résultat bien inférieur; mais M. de Laplace a démontié que cette erreur provenait de ce qu’on négligeait de tenir compte du changement de température produit dans l’air par sa condensation et sa dilatation dans le mouvement vibratoire. En effet, en faisant entrer cet élément dans ses calculs, il a établi entre la théorie et expérience un accord admirable. La température, en augmentant ou diminuant l’élasticité et la densité de l’air, doit en effet influer sur la vitesse de propagation dumouvement et du son. (1)

(1) Une série nombreuse d'expériences faites avec beaucoup de soin, aux Indes dans les environs de Madras, par M. Goldingham, a donné pour vitesse moyenne du son, pendant l’année, 344 m. 41 par seconde.

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