‹ Manuel de physique, ou élémens abrégés de cette scienceChapitre 71 sur 120 · DE LA CHALEUR · texte numérisé non relu

DE LA CHALEUR

que toute combinaison n’est qu’une combustion, ce qui est fort bien exprimé dans le langage chimique, où tout corps combiné s'appelle souvent corps brûlé : on se ferait une bien fausse idée de la combustion et du feu, si on Les regardait comme des causes de destruction et d’anéantissement ; car elles sont en même temps des causes de production : la combustion n’est donc réellement autre chose qu’un changement de combinaison des corps. L'opinion généralement adoptée par les chimistes, sur ce qui se passe dans toute combustion ou toute combinaison , est que chaque composé admet dans sa composition une quantité différente de calorique, et dans tous les cas les liquides en admettent plus que les solides, et les gaz plus que les liquides; en conséquence , par exemple, toutes les fois que dans une combinaison un corps passe de l’état gazeux à un état où il renferme moins de calorique, ét c’est ce qui a lieu dans la plupart des combustions que nous avons occasion d’observer le plus fréquemment, à cause de la combinaison de l’oxigène de Vair ; selon cette manière de voir, il doit se faire un grand dégagement de calorique; par là on explique tous les phénomènes du feu, et les productions de chaleur ou de froid qu’on remarque dans les combinaisons; car on conçoit, d’après cette explication, que, dans certaines circonstances, il devra y avoir du calorique absorbé plutôt que mis en liberté , et alors, par une telle combinaison, il ÿ aura production de froid au lieu de chaleur: Ba théorie de la combustion appartient à la chimie ; mais les idées généralement répandues sur le feu sont trop fausses pour que nous n’aÿons pas dû nous efforcer de les rectifier en les présentant sous leur véritable point de vue. Au reste, nous devons dire qu’un beau travail de MM. Dulong et Petit sur le calorique combiné, les a conduits à penser que Vopinion sur le dégagement du calorique dans

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