‹ Manuel de physique, ou élémens abrégés de cette scienceChapitre 77 sur 120 · LUMIÈRE DIRECTE · texte numérisé non relu

LUMIÈRE DIRECTE

appartenir à un fluide matériel doué d’un mouvement vibratoire : ainsi tout le monde sait qu’en interposant un Corps opaque sur la ligne droite qui conduit de notre œil à un corps rayonnant, ce corps cesse de nous être visible, et telle est Ja cause de l’ombre des corps : de même on a pu remarquer que la traînée de lumière qui passe dans une chambre obscure, où elle a pénétré par de petites ouvertures, et qui devient visible par la réflexion partielle opérée par les particules de ‘poussière en suspension dans l'air, suit toujours ue ligne droite. Quant à la divergence des rayons , la même expérience la fera reconnaître : en pla- Cant un écran à diverses distances du trou par lequel la lumière pénètre, on verra qu’elle forme un faisceau conique qui va continuellement en augmentant à partir du trou. Ces deux observations sur la marche de la lumière vont nous conduire à une foule d'applications importantes. 214. Si les rayons qui émanent d’un corps lumineux se propagent constamment en ligne droite, ils doivent continuellement se diviser et diverger en s’éloignant du point radieux , et s’ils divergent de la sorte, l’intensité de la lumière reçue par un corps, et qui sert à l’éclairer, devra décroitre en raison de la distance du point lumineux. En effet , à mesure qu'ils s’éloignent, les faisceaux de lu. mière embrassent un plus grand espace ; la même quantité de mouvement s'applique à une plus grande surface, et dès lors on conçoit que les Corps qui sont éclairés par ces faisceaux ne peuvent manifester le même éclat que s’ils avaient été frappés pR des faisceaux plus abondans en rayons. n reconnaît ainsi, qu'à mesure qu’elle s'éloigne, la lumière se divise sur des surfaces qui croissent comme le carré de la distance, et par conséquent que son intensité est en raison inverse des carrés de cette distance : en d’autres termes, que si la

distance est 1, la clarté sera 1 ; si la distance est 2 ; la clarté sera ! ; 3, elle sera 3 etc. Par là on conçoit pourquoi les corps sont tantôt très éclairés, tantôt à peine visibles, tantôt tout-à-fait obscurs, du moins pour nos organes; car nous avons fait observer que ce qui est obscurité pour nous est clarté pour d’autres yeux.

Si, au lieu de considérer l’effet d’un faisceau de rayons , nous cherchons ce qui doit arriver à un même rayon lumineux dans sa marche dans l’es- Pace, nous concevrons sur-le-champ que son intensité devra demeurer constante dans un milieu aussi élastique que l’éther lumineux , et nous ne serons plus étonnés de la lumière très vive envoyée par les étoiles, auxquelles cependant l’astronomie ne trouve aucun diamètre sensible, qui sont à une distance dont on se fera tout à l’heure une idée, en sachant qu’il faut au moins trente ans à la lumière des plus proches pour arriver jusqu’à nous.

2195. Une autre cause puisante de diminution d'intensité de la lumière, c’est l'absorption qu’en font tous les milieux, même les plus diaphanes, qu’elle traverse, et tous les corps, même les meilleurs réflecteurs , qu’elle vient frapper, ou, pour nous exprimer d’une manière plus exacte relativement au système des vibrations, c’est l’extinction de mouvement plus ou moins grande qui s’opère à la rencontre des corps : ainsi le soleil à l’horizon paraît d’un éclat moins vif, parce que la [lumière traverse des couches d’air plus étendues et plus denses : ainsi nous pouvons le regarder en face lorsqu'un brouillard vient ajouter à la puissance extinctive ordinaire de l'air , ou lorsque notre œil est armé d’un verre qui ne laisse passer qu’une partie des rayons: ainsi, pour ce qui regarde les corps réflecteurs, on peut faire l’expérience que,

par des réflexions suffisamment répétées, même

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