LUMIÈRE DIRECTE
sur les miroirs les mieux polis, on parviendra! bientôt à éteindre complétement la lumière. Dans. toutes ces circonstances , il paraît que les molé-: cules des corps, tant en raison de leur densité que: de leur nature, anéantissent une plus ou moins ; grande quantité du mouvement imprimé au fluide? éthéré lorsqu'il vient à les rencontrer ; de même que nous avons vu le son s’amortir instantanément! sur certains corps, et surtout après quelquéss échos ; de même que nous avons vu les corps élastiques ne rebondir qu'en partie après le choc. Au reste, nous aurons occasion de revenir sur cette absorption de la lumière en traitant de la réflexion et de la réfraction.
2 16. Nous avons vu dans l'expérience citée au commencement de cette section, que la lumière qui pénètre dans une chambre obscure par une petite ouverture forme des faisceaux divergens coniques : elle nous servira encore à reconnaitre que chaque point d’un corps lumineux doit être considéré comme un centre d’ébranlement parti: culier, qui renvoie des rayons dans tout l’espace car si on recoit l’image du: faisceau lumineux : une distance suffisante de l’ouverture, on recon: naîtra qu’elle a constamment la forme du corps lumineux ; nous en avons chaque jour la preuve sous nos yeux. En effet, si on examine les tache” lumineuses produites par le soleil à travers lé feuillage des arbres, on les trouvera constamment circulaires, tandis que quand le soleil est en part tie caché par une éclipse, ces taches ont la forma de la portion de son disque qui nous envoie de H Jumière. La même expérience fait encore voir, et premier lieu, que les corps nous paraissent colo! rés, parce que la lumière qu’ils nous envoie l'est elle-même, puisqu’en laissant pénétrer la lux mière réfléchie d’un de ces corps au lieu de cell! du soleil, nous la voyons présenter toutes les vai
riations de couleur de ce corps ; et en second lieu, elle nous explique pourquoi cette image, reçue derrière un plan percé d’une ouverture, est nécessairement renversée : il suffit de jeter les yeux sur la fig. 52 pour reconnaitre que l’image du corps À B doit se peindre renversée sur l'écran E.
217. On a cru pendant long-temps que la transmission de la lumière était instantanée, et les expériences analogues à celles qui avaient fait découvrir la vitesse du son conduisaient à ce résultat. Mais Rœmer, en cherchant la cause des inégalités remarquées dans le mouvement des satellites de Jupiter, par lobservation de leurs éclipses, reconnut bientôt qu’elle était due au temps nécessaire pour que la lumière qu’ils nous envoient parvint jusqu’à nous. En effet, leur disparition apparente devancait celle calculée lorsque fa terre se trouvait placée entre Jupiter et le soleil, et était en retard lorsque notre globe se trouvait de l’autre côté du soleil par rapport à Jupiter; cette différence était de 16 minutes : environ, d’où l’on conclut que la lumière mettait ce temps à parcourir l’orbite terrestre, et par conséquent qu’elle nous venait du soleil en moitié de ce temps. La Jumière parcourt donc environ 33 millions de lieues en 8 minutes 13 secondes, c’est-à-dire environ 67,000 lieues par seconde, vitesse prodigieuse , dont on se fera une idée en réfléchissant qu’il fandrait plus de 32 ans à un boulet de canon
our parcourir ce même espace qui sépare le s0leil de la terre.
218. Nous venons déjà d'acquérir quelques notions expérimentales sur la marche de la lumière, et de saisir quelques aperçus sur sa nature; déjà nous avons indiqué que la lumière envoyée par un corps lumineux, en arrivant sur notre globe, éprouve de la part des corps certaines modifications , qui consistent à être tantôt renvoyée
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en partie , tantôt déviée plus ou moins, et de diverses manières. Avant d'entrer dans l’étude dé-. taillée de ces phénomènes, il est nécessaire de compléter les idées théoriques qu’on doit se former sur la cause de tous ces phénomènes dans le: système des vibrations : par là exposé de la théo-rie aura plus d’ensemble ; nous pourrons nous; dispenser de nous y arrêter longuement par la: suite, et l’intelligence des phénomènes sera plus: facile ; c’est pourquoi, après avoir exposé les phé-nomènes de la diffraction et de l’inflexion de lai lumière, qui servent de base à la théorie toute: moderne des interférences, théorie qui jette tant! de jour sur toute celle de la lumière, nous indiquerons de quelle manière on peut concevoir que: se produisent la réflexion, la réfraction et la co-loration des corps. :
SECTION IT
DE LA DIFFRACTION ET DE L’INFLEXION DE LA LUMIÈRE; DES ANNEAUX COLORÉS; THÉORIE DESS INTERFÉRENCES.