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THÉORIE

cause des phénomènes de la réfraction : on en voit un exemple dans la fig. 59. Toutes les ondes particulières qui ne suivront pas cette route ne pourront donc se réunir pour reformer une onde totale sensible; elles seront perdues ou détruites par les interférences, Nous savons que les rayons des diverses couleurs n’ont pas la même vitesse d’oscillation, ni par conséquent la même longueur d’ondulation : car nous avons vu que cette lon-gueur variait pour les couleurs appréciables entre 4 et 6 dix-millièmes de millimètre; il en résulte donc qu’ils ne seront pas modifiés de la même manière en entrant dans les corps réfringens , et par conséquent qu’à leur sortie on les verra séparés dans l’ordre des couleurs du spectre, c’est-à-dire dans l’ordre de leur réfrangibilité,

La réfraction des milieux de densité variable comme l'air, s'explique de même très simplement par l'inégalité de vitesse des rayons, ainsi que le fera comprendre la fig. 60; car si les rayons, partis du point lumineux C, se propagent plus lentement dans la partie CT de l'atmosphère la plus dense, que dans celle CZ la plus rare, l’observateur en À, au lieu de rapporter l’objet lumineux à Sa véritable position C, le verra en D, où il est élevé par les inégalités de vitesse des rayons dans le trajet de C en A.

293. Venons-en maintenant à la coloration des Corps : c’est un des points de la théorie de la lumière qu’on oppose comme une objection au système des vibrations ; voyons done comment , dans cete hypothèse, on peut expliquer les couleurs propres des corps. Nous avons dit que, dans un milieu homogène et élastique, les ondes de toute longueur se propageaient avec une vitesse égale, et le calcul prouve qu'il doit en être ainsi dans un fluide parfaitement élastique ; mais on conçoit que, dans les milieux imparfaitement élastiques,

il peut ne plus en être de même, et lexpérience nous démontre en effet que, dans certains liquides, les ondes , qui se forment à leur surface, se propagent plus vite quand elles sont plus larges que quand elles sont plus petites; nous voyons aussi divers échos ne renvoyer que certains sons. Ainsi, dit M. Young (1), à qui j'emprunte cette explication, l’éther étant un fluide parfaitement élastique, toutes les ondulations s’y propageront avec la même vitesse, et la lumière directe nous paraîtra blanche; au contraire toutes les substances naturelles transparentes eu demi-transparentes, comme sont les corps colorés, devant être considérées comme des corps imparfaitement élastiques, les ondes pourront s'y propager inéga- Jement.

D'après cela, si nous cherchons à compléter l'explication des phénomènes, on comprendra d’une part pourquoi la réfrangibilité du violet est plus considérable que celle du rouge, puisque la lumière rouge est produite par des ondulations de longueur plus grande que la lumière violette, et d’une autre part comment se forment les couleurs propres des corps; en effet, on conçoit que les corps ayant des degrés d’élasticité très divers pourront renvoyer très diversement Îles ondulations de longueur différente qui viendront les frapper, et pénétreront en partie dans leur substance ; on conçoit aussi que de cette diversité dans la dispersion des raÿons de longueur inégale, il devra résulter une multitude d’interférences constantes qui concourront à la formation de la couleur du

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