‹ Manuel de piété a l'usage des hommes de couleur et des noirsChapitre 4 sur 11 · DE CEUX D'AFRIQUE EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

DE CEUX D'AFRIQUE EN PARTICULIER

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Les Saints n’ont pas besoin de nos hommages, puisqu’ils sont heureux; mais nous avons besoin de leur protection. *• ,

i°. Nous devons les honorer. Autrefois les hérétiques accusoient les catholiques d’adorer les saints. Cette calomnie ne pouvoit être suggérée que par l’ignorance ou la mauvaise foi. Les catholiques les moins in-

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struits savent très-bien qu’en honorant les saints et la sainte Vierge, la plus parfaite des créatures , nous ne les adorons pas , car Dieu seul est adorable, mais nous les honorons comme serviteurs et amis de Dieu.

Cette doctrine est consignée dans tous les catéchismes de l’Eglise catholique. On défie nos ennemis d’en citer un seul qui dise le contraire.

On respecte les tombeaux des hommes célèbres dans les sciences et les arts. Qn respecte les portraits d’un père chéri , d'un ami. On verse des larmes sur leurs monumens. Ce n’est pas un crime d’honorer les vivans. Seroit-ce un péché d’honorer les morts ? A plus forte raison devonsnous être pénétrés de vénération pour les tombeaux, les reliques , les ima- ges des héros du christianisme qui l’ont défendu et illustré par leurs écrits , par leurs vertus -, et cet hon-

rieur n’est pas l’adoration qui n’est due qu’à Dieu seul.

Nous devons prier les uns pour les autres ; c’est l’Écriture Sainte qui nous le recommande , et saint Paul invitoitles chrétiens à prier pour lui.

Il nous arrive de même d'engager nos parens, nos amis, à implorer pour nous la bonté céleste ; nous savons très- bien cependant que, par ‘ eux-mêmes , ils ne peuvent pas nous , accorder les grâces que nous désirons , mais seulement les demander à Dieu pour nous ; et , parce que les saints sont actuellement au ciel , et plus unis à Dieu, sera-t-il dit que nous ne pouvons plus les prier? Sur la terre ils s’intéressoient au salut de leurs frères, cesseroient-ilsde s’y intéresser * en arrivant au bonheur , et lorsque leur charité est plus parfaite? D’ail-;, leurs i l’Église triomphante dans le ciel , l'Église souffrante dans le pur-

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gatoire , et l'Église militante sur la terre, ne sont qu'une seule et même famille , unie par les liens d’une tendre charité. Il n’y a qu’un médiateur , c’est Jésus-Christ; c’est par lui seul que nous pouvons obtenir le salut ; mais les saints, soit dans le ciel, soit sur la terre, lui adressent des prières pour eux et pour leurs frères. Ainsi nous devons honorer les saints. Il est bon et utile de les prier. En troi- .

sième lieu , nous devons les imiter.

Quand on dit que nous devons imiter les saints , ce n’est pas en tout.

Saint J ean-Bapliste et beaucoup d’autres se sont retirés dans les déserts , pour vivre séparés du monde. En cela nous adorons les dispositions de la Providence , qui conduit ses élus par des voies différentes, et quelquefois extraordinaires ; mais elle n’exige pas de vous la même chose. Vous n etes pas tous appelés au sacerdoce.

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à la magistrature, à l’état militaire, etc.; mais vous êtes tous appelés à être saints. C’est la vocation générale ' de tous les chrétiens. Vous n’êles pas dans le cas de verser votre sang pour la défense de la foi , quoique vous deviez y être disposés , si Dieu exigeoit de vous ce sacrifice; mais chacun dans son état peut être martyr de l’humilité, de la douceur, de la charité , de la patience à supporter les peines de la vie.

Dans diverses contrées on a établi des associations, des confréries, sous les invocations de saints. Ailleurs

s’est introduite la coutume d’aller

en pèlei'inage à certaines Eglises ; cela peut être bon et utile , mais il est plus aisé d’être immatriculé dans une confrérie , d’aller en pèlerinage, que .

de se corriger d’un vice , et d’acquérir une vertu. Saint Jérôme, parlant de ceux qui alloient visiter la Terre

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Sainte, disoit avec raison : Ce qui est louable , ce n’est pas (l’avoir e'té à Jérusalem, mais d’avoir vécu saintement h Jérusalem ; et à quoi serviront ces actes extérieurs, si ceux qui les font sont toujours enclins aux vices, à l’impureté, à l’ivrognerie , à la colère , à la vengeance, à l’orgueil , à l’avarice? Prétendent-ils acheter du ciel le droit de se livrer impunément à des passions coupables? Jamais les pratiques extérieures ne suppléeront à la vertu; les pèlerinages, les confréries peuvent être louables; la prière et les exercices de piété , commandés par l’Église, sont des devoirs à remplir, mais ils sont insuflisans pour notre sanctilication, et jamais ils ne remplacent la charité , l’humilité , l’amour du prochain.

Toute pratique qui subsiste avec les vices, devient illusoire, et ne sert qu’à bercer dans l’erreur. Invoquez les

saints , lisez les vies des saints pour vous édilièr ; niais ils ne seront pas vos protecteurs, si vous netes pas leurs imitateurs. . • . a

; > Soyez saints , nous dit Jésus- Christ , la sainteté n’est donc pas une chose impossible , puisque Dieu l’exige de nous ? qui , dit un chrétien , dit un saint. Vous tenez à honneur d etre chrétien , montrez-moi vos titres. Allèguerez-vous votre baptême , 6i vous n’en avez pas rempli les promesses ? les sacremens , si vous les avez négligés ou profanés? votre foi, si elle n’est pas accompagnée de bonnes œuvres? > f

Poiiçmieux confondre la lâcheté, les prétextes et les excès des mauvais 'Chrétiens , Dieu a voulu qu’il y eut des saints dans tous les pays , et dans toutes les professions honnêtes. Ils ont eu les mêmes passions que nous à combattre , les mêmes obstacles à

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vaincre; ils navoient peut être pas tant de grâces, mais ils en usoient mieux; ils navoient pas une autre Évangile que nous ? Mais ils en suivoient mieux les préceptes. Les saints sont allés au ciel par la voie des souffrances; n’espérez pas l'obtenir dans une autre route que celle que Jésus -Christ nous a tracée, et que les saints ont suivie ?

Mais , direz - vous, c’étoient des saints; et que prétendez-vous donc être? la dernière place dans le ciel n’est que pour un saint. Prier les saints est une chose utile , mais les imiter est une chose indispensable. Leur exemple est l’héritage qu’ils nous ont légué.

Ils semblent par là nous tendre la main pour nous encourager; et, si nous refusons de les suivre, ils seront au jour du jugement nos accusateurs.

Voilà, mes frères, des réflexions que je vous engage à méditer.

• Chacun de vous a son patron; il y a en outre un patron pour chaque diocèse, pour chaque paroisse. Ce sont des modèles que l’Eglise propose d’une manière spéciale à notre imitation. Un attrait particulier appelle le respect et la confiance vers les saints qui ont éprouvé les mêmes tribulations que nous, et vers ceux qui les ont soulagées. Tels sont saint Anschaire y‘ évêque de Hambourg; - > saint Boniface, évêque de Mayence; y saint Wulstan, évêque de Worcester ; saint Bout, évêque de Clermont; saint Lupicin , abbé de Lancôme ; sainte Olympie ; saint Raymond , de Pegnafort, qui, avec saint Pierre Nolasque, établit l'ordre de la Mercy pour la rédemption des captifs; saint Jean de Matha, qui, avec saint Félix de Valois , établit l’ordre des Trinitaires pour le même objet; saint Paulin de Noie et saint Vincent de

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Paul, qui se mirènt dans les fers, pour en délivrer les captifs. Ils ne sont pas tous canonisés, les vénérables personnages qui, par sentiment de religion , ont défendu la cause des malheureux esclaves. Tels sont lepape Alexandre III; Barthélemi de .

Las-Casas ,' évêque de Chiappa; les;,, pères Yieira et Claver, jésuites, et beaucoup d’autres. L’Eglise ne leur a pas décerné. de culte public, mais dans ses fastes elle a consigné le sou- \ venir de leurs bonnes œuvres. • L’Afrique étant le pays où, parmi vous, les uns ont pris naissance, et d’où les autres tirent leur origine ; les saints de cette contrée, étant vosi compatriotes , semblent avoir par là un titre spécial à vos hommages.

Tous enfans d’Adam, comme les blancs, ils remontent par leurs ancêtres à la tige unique du genre humain, en même temps qu’ils partici- .

pent aux nuances variées des descendans du même père ; et dans le nombre , plusieurs étoient absolument noirs. Sans doute un jour ils seront placés dans le calendrier , et célébrés dans la liturgie des pays que vous habitez. Tels sont saint Elesbaan , roi d’Éthiopie; le B. H. Antoine de Caltagiroue, et saint Benoît le Maure , canonisé, en 1807, par le pape actuel Pie VIL D’après ces considérations on a rédigé des litanies particulières des saints.

Le mot litanies signifie prières, et celles qu’on vous propose n'empêchent pas que vous récitiez, selon votre dévotion, les litanies du saint nom de Jésus, de la sainte Vierge , et des saints , telles qu’on les trouve dans les livres ordinaires de piété.

La vie des saints est une source abondante où l’on trouve des modèles de toutes les vertus. Tachez de vous

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