‹ Manuel de prédication populaireChapitre 10 sur 90 · X. — Naissance de Jésus-Christ · texte numérisé non relu

X. — Naissance de Jésus-Christ

Et hoc aohis iignum : Invenietis infaniem pannis invokidcm, ei p<hsitvm tu fortepio. (I<ae., ii, 13.)

Yoici le signe qui vous est donné :

Vous trouverez un petit enfant enveloppé de langes et posé dans une erèch«.

A leur naissance, les riches et les grands troutent de somptueux palais ; on leur donne des noms fameux et des titres superbes, avant qu'ils aient rien fait pour les mériter ; tous les soins de la délicatesse, du luxe et de l'opulence entourent leur berceau, où brillent de toutes parts et For, et la soie» et la pourpre. On accourt, on se presse pour rendre honneur à ce nouvel héritier d'une riche fortune ou d'un grand nom.

Bien différent est Tappareil qui environne le berceau du Sauveur du monde. C'est sous d'autres signes que les anges l'annoncent aux bergers... Il ne veut point d'autre titre que celui de petit enfant : Invenietis infantem. Pour lui, point de pourpre, point de soie, point d'or ; les langes de la pauvreté enveloppent ses membres délicats : pannis involutum. Sou palais, ah I il est bien petit, bien étroit : c'est une étable; une crèche, où il reste quelques débris de paille, est la couche où il repose : et positum in prxsepio. Ce sont des anges, il est vrai, qui annoncent sa naissance ; mais la nouvelle n'en est donnée qu'à de simples bergers.

Quel est ce mystère d'abaissement que nous offre le Fils de Dieu à sa naissance ?

1® Petit enfant^ il a pris notre nature pour la relever. •2" Nous languissons au milieu des infvrmités : il s'y est assujettipour les guérir.

3** Les misères du monde nous effrayent : il s'y est soumis pour les surmonter et dissiper les terreurs qu'elles nous inspirent.

I. Jésus-Christ prend notre nature pour ht relever. — Qui pourrait mesurer la profondeur de Tablme dans lequel nous a précipités la chute du premier homme? Une suite étrange de notre ruine, c'est que, depuis la malédiction qui fut prononcée contre nous après le péché, il est demeuré dans l'esprit des hommes une certaine frayeur des choses divines. Nous ayons peur de Dieu, et tout ce qui est surnaturel nous épouvante. Le peuple dans le désert appréhende d'approcher de Dieu, de peur qu'il ne meure. (Exod., xx, 19.) « Malheur à moi 1 » dit Isaïe, » car j'ai vu le Seigneur des armées.» (Isai., vi, 5.)

Quelle est la cause d'un effet si extraordinaire, et d'où vient que les hommes s'effrayent de Dieu? C'est 1» que le péché nous a éloignés de Dieu; 2* qu'il nous a attiré sa colère.

Le Fils de Dieu se revêt aujourd'hui de notre nature, afin d'effacer la distance qui le sépare de nous et de voiler sous l'humanité l'éclat de cette majesté qui nous remplit de crainte. Dieu n'est plus éloigné de nous. Le voilà tout petit enfant, et il nous fait dire par ses anges que sa naissance doit être pour nous une grande joie : Evangelizo yobis gaudium magnum, quod eHt omni populo. (Luc, n, 10.) Gomment hésiterions-nous à nous approcher de cette crèche? Ce

n'est plus la colère qui fait retentir la voix de son tonnerre, ce sont des concerts angéliques qui nous annoncent la paix : Gloria in altissimis Deo, et in terra pax hominibus baux voluntatis. (Luc, il, 14.) Pour éloigner de nous toute crainte, le Sauveur cache tous les rayons de sa gloire pour ne nous montrer que sa grâce et sa bénignité : Benignitas et humanitas apparuit Salvatoris nostriDei. (Tit., m, 4.)

II. Jésm-Christ s' assujettit à nos infirmités pour lesgué^ Hr. — Les langes dont nous voyons le Sauveur recouvert, pannis involutum^ sont comme le signe des infirmités qu'il a prises avec la nature humaine. Les langes du FilsdeDieu, dit Tertullien, sont le commencement de sa sépulture : Pannis jam sepulturx involucrum ini" tiatus...Le berceau est l'image du sépulcre... Les Écritures nous apprennent que Notre-Seigneur a voulu éprouver la faim, la soif, les fatigues, les sueurs et toutes les autres incommodités d'une chair mortelle. Dès sa naissance, nous le voyons pauvre, dénué, soumis à toutes les misères des enfants d'Adam. Aussi, dit le grand Apôtre, « nous n'avons pas un pontife qui soit insensible à nos maux. » Il compatit aux infirmités de notre nature, il y apportera du soulagement; et la preuve que nous en avons, c'est qu'il les a éprouvées : tentatum autem per omnia..* (Hebr.^v, 15.)

N'cst-il pas vrai que nous éprouvons une compassion plus tendre pour ceux que nous voyons dans les mêmes afflictions que nous ? Eh bien ! le Sauveur est d'autant plus porté à soulager nos mt\ïm\\.fe^^ o^îX ^ voulu venir les partager.

Notre confiance en lui doit être sans bornes, car c'est le médecin tout-puissant qui vient nous guérir. In eo enim in quo poêsus eH ipse et tenUUu^ potens eU et eu qui tetitaniur auxiliari. (Hebr., il, 18.) Espérons donc la guérison de toutes nos peines, de nos souffrances, de nos faiblesses, et disons avec le Psalmiste : «Selon la multitude de mes douleurs, ^os consolations, ô mon Dieu, se sont répandues abondanunent en mon Ame. » (Ps. xcui, 19).

m. Jésus-Christ s'est soumis aux nUsères du mofidê pour les surmonter. — Ce qui nous empêche d'aller au souverain bien, qui est notre unique fin, c'est l'illusion des biens apparents, c'est la folle et ridicule pensée que tout le bonheur de la vie présente consiste dans ce que nous appelons les honneurs, les richesses et les plaisirs.

Notre-Seigneur vient au monde comme le réformateur du genre humain, pour nous désabuser de nos erreurs et nous donner la vraie science des biens et des maux. Voyez dans l'étable et sur la crèche la misère, la pauvreté de ce Dieu naissant.

Si les plaisirs et les grandeurs que Ton admire étaient véritables, quel autre les aurait mieux mérités qu'un Dieu?... Il a jugé, dit TertuUien, que ces biens, ces contentements, cette gloire, étaient indignes de lui et des siens : indignam sibi et suis judicavit.

Jésus par sa naissance condamne et réprouve les vains honneurs du monde. Il permet qu'il ne se trouve pas môme une hôtellerie pour le recevoir. Sa sainte mère, Joseph seront les seuls témoins de sa naissance. Il n'admettra d'autres courtisans que

d'humbles bergers. — Il vient prêcher la pauvreté, et tout le premier il ea donne l'exemple : l'étable où il natt ne lui appartient pas*.. — Ses vrais disciples devront prendre leur croix et marcher à sa suite. Il commence par n'avoir qu'une dure crècha et une paille grossière pour reposer ses membres délicats. Marchons donc à sa suite, et entendons-le nous dire : « Ayez confiance, j'ai vaincu le monde. » (Joan., xvi, 33). Soyons ses disciples, pour mériter d'être un jour ses cohéritiers.

XL ^ Connaissance de Jésus-Christ.

Médius autem ventrum ttetitf quem vos nescitis, (Joaa., i, 36.)

U en est un au milieu de vous que TOUS ne connaissez pas.

Motre-Seigneur Jésus-Christ avait commencé sa vie publique ; les Juifs entendaient sa doctrine incomparable, ils étaient témoins de la multitude de ses prodiges. Les foules se transportaient à sa suite, et proclamaient hautement que jamais homme n'avait parlé comme cet homme, et que jamais semblable prophète n'avait paru en Israël*.. Cependant Jean-Baptiste adressait aux Juifs cette parole étonnante :« Il est quelqu'un au milieu de vous que vous ne connaissez pas.» Sans doute les Juifs savaient que Jésus était le fils de Marie, ils croyaient que Joseph l'ouvrier de Nazareth était son père, mais ils ne le connaissaient pas pour ce qu'il était réellement... Â combien de chrétiens de nos jours peut-on répéter avec saint Jean-Baptiste :

t .. hz. e:^: 'il. ^ . ^iL^rzJk ôé TCQs q^f ^MÂSBCCODiiaisfies {:r>? ^! Eil cepi?D«iu:,e>:^iui£rE Jêgos-ChDSl, c'est ce qfi':« Va fl^p. .?i>b^eâéaIr«poarkshûmiiies,puis^ U 1.^ *:ti5TLeixt: CSV i Ce phi : < Lii w àoiieile conhizV: '\ yout Cf:,n!îÂltr& et à e':rOiutire celui que tous avez envoTé. » J.>in.. xn:. 3 .

Voyo&s. C4 qu'est Jesus-Christ : 1* a lau-aâM; t' par rajjfOTî à r-jii».

L Qut^>ce que Jéiwt-ChrUt ? — Saint Jean Ta nous dorifjer «je J^Hus-Chriit la côacaiss^ioee la plus parfaite; que nous puis.siûns avoir. •: Au commencemeutD, fjit'il, u était le Verbe, et le Verbe était en Dieu* et le Verbe étéiit Dieiu » \Joan., i, 1,. Jésus-Christ est doue le Fils unique de Dieu le Père, qui l'a engendré de Viute éternité. « C'est lui qui était en Dieu au cornrnenceoient. Toutes choses ont été faites par lui, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans lui. x (Id., ihid., 2-3.) C'est par sa parole et son Verbe que Dieu a tiK; du néant le monde et tout ce qu'il renferme. « Eu lui était la vie, et la vie était la lumière des hommf;s. Kt la lumière luit dans les ténèbres, et les téfj<;bre8 ne Tout point comprise... Le Verbe est cette vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a point connu. Il est venu dans son propre héritage, et les siens ne Font point reçu. Mais il a donné à tous ceux qui l'ont reçu lo pouvoir d'être faits enfants de Dieu, à ceux qui cn>i(înt en son nom, qui ne sont point nés du sang, ni (l(j la volonté de la chair, ni de la volonté de rhomrao, mais de Dieu. Et le Verbe a été fait chair.

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et il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité. Et nous avons vu sa gloire, qui est la gloire du Fils unique de Dieu. »(Id., ibid., 4-U). On peut bien répéter ces magnifiques paroles, mais qui serait capable d'en pénétrer la profondeur î II n'appartenait qu'à Taigle de Pathmos de s'élever jusqu'à ces sublimes Iiauteurs, pour entrevoir la génération éternelle du Fils de Dieu- Mais le Verbe s'est fait chair, il s'est revêtu dp notre humanité, et dans ces abaissements il nous sera plus facile de le connaître. Comme Dieu en tout égal à son Père, Jésus-Christ est le créateur du ciel et de la terre ; comme homme, il est encore la raison d'être du monde. C'est par rapport à lui qu'ont été ordonnés tous les grands événements qui constituent l'histoire de l'humanité.

Dans l'antiquité, Jésus-Christ est promis, annoncé, flguré, attendu comme le Messie et le Rédempteur pendant quatre mille ans.

Dans sa venue, Jésus-Christ réalise les figures ; il montre par sa parole, par ses œuvres, par toute sa vie, qu'il est bien le Messie promis dès le commencement dti monde.

Saiilt Jean nous Ta montré comme Dieu ;oc£tle Verbe était Dieu ». Nous le voyons comme homme naître de la bienheureuse Vierge Marie... Dans tout le coun de sa vie éclatent sans cesse les preuves évidente de sa double nature : c'est l'honmie qui naît, tn vaille, souffle, est persécuté et meurt sur \me croij c'est le Dieu qui change Feau en vin, commande a vents et à la mer, guérit les malades, çfe^feX.t^Xfe'è.^ç des cœurs, rappelle les morts à la N\e, ^^ \^^^v

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n\é infaillible... lA vérité comjdète sur Dieu, sur nousmémeS) sur le monde, sur toutes choses... la vérité pour tous et à la portée de tout le monde.. * « Je suis la ?iê. » Jésus-^Ghrist est pour nous la vie. a Je suis venu » , gUMI, « pour qu'ils aient la vie, et qu'ils l'aient sura«boûdamment. ^ (Joan.^ x, 10.) Cette vie, c'est celle de i'ftme. Nous la recevons de Jésus-Christ par le baptême, par les sacrements, et surtout par rEucharistie. Cette vie surnaturelle commencée sur la terre sera continuée dans l'éternité. Si Jésus-Christ est pour nous la voie, suivons-le fidèlement en imitant ses exemples; s'il est la vérité, croyons fermement à sa parole et à ses enseignements; s'il est la vie» nourrissons-nous avec amour de sa chair et de son sang, pour mériter sa gloire.

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