IV
Quiconque confessera que Jésus ['$:, est le Fils de Dieu, Dieu, demeurera
en lui, et lui en Dieu.
^P CTegt ainsi que saint Jean nous montre admirable- %Àit les avantages infinis que le genre humain a %6avés dans la foi et la confession de la divinité de
Notre-Seignenr Jésiu-GhrlsU Le ï
les avait déjà annoncés, lorsqu'il avait proclama If bonheur du princfl des apfitres par ces paroles :, « Vous êtes beureui, Simon, flludi! Jean, parce qq4 vous no savez pas ces choies par U chair ni par Iç, sang, mais par moD Père qui est dans les cicui.t (Mattb., XVI, 17.] Cest ici, en tiM, le fondci;nei^ de notre salut et de notre rëdemiUion... Lo genre humain étant déchu de l'état de gricc par la faul« de son premier père, rien ne pouvait le relever 'çt le rétablir dans ses prérogatives ancieDoes, Qi W effurts des hommes ni les mérites des aoges. Il né, restait de remède & nos maux que dans la vertu uiQnie^ du Fils de Dieu. Seul il pouvait, en prenant rianrmiu! ■ de notre chair, détruire les effets terribles du pëtiij et nous réconcilier avec Dieu dans son sang. ^ '
Nous verrons dans cet entretien Jésus-Christ :'i'M sa qualité de Messie promis et figuré; %" dam ses tUrist'iu roi, prêtre et prophète. ^ "
1. Jégut-CkriH Messie. — Lorsque, aussitât apr^ H péché, Dieu prononça la condamnation du genre k main, il lui donna en même temps l'espérance d*B racheté, puisque la ruine qu'il prédit au démon,"ï vait amener la délivrance des hommes. > Je meti l'inimitié entre toi et la femme, » dit-il au set^|A « entre sa semence et la tienne : celle-ci te briEeraï tête, et tu dtesseHw tes embûches sur ses pas.» (6^? 111,15.) ■"*
Cette promesse, Dieu la confirma souvent dans^ suite. Abraham, entre autres, parmi les patriarcti^ eut plusieurs révélations de ce mystère. Mfùs ce 'fm'
principalement lorsqu'il était sur le point d'immoler son flls Isaae, pour obéir aux ordres de Dieu, qu'il lui fut manifesté d'une manière plus expresse. « Parce que vous avez fait cela, » lui dit le Seigneur, « et que vous n'avez pas épargné votre flls uinique, je vous bénirai et je multiplierai votre race comme lea étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le bord de la mer. Votre postérité possédera les villes de vos ennemis, et toutes les nations seront bénies en 7otre race, parce que vous avez obéi à ma voix.» (Gen., XXII, 1 2-1 8.) De ces paroles il est aisé de conclure qu'un des descendants d'Abraham délivrerait tous les hommes de la cruelle tyrannie de Satan, et qu'il assurerait leur salut. Or ce libérateur, qui pouvait-Il être, sinon le Fils de Dieu, devenu selon la chair flls d'Abraham ? Peu de temps après, pour conserver le souvenir de cette promesse, Dieu renouvela la même alliance avec Jacob, petit*flls d'Abraham. Ce saint patriarche ayant vu, dans un songe, une échçUe posée sur la terre et touchant au ciel par son sommet, n le long de laquelle montaient et descendaient les anges de Dieu, » le Seigneur appuyé sur cette échelle lui adressa ces paroles : « Je suis le Seigneur, le Dieu d'Abraham et le Dieu d'Isaac ton père. Je te donnerai la terre sur laquelle tu es endormi, à toi et à ta pos« térité, et tes descendants seront comme la poussière de la terre. Tu t'étendras vers l'Orient et vers l'Occident, vers le Nord et vers le Midi, et dans ta race seront bénies toutes les nations de la terre.)) (Gen., x^viii, 1 2-U .) Dieu ne cessa pas dans la suite de renouveler auiL descendants d'Abraham cette promesse d'un libéra-*
teur et d'enflammer leur espérance dans la venue du Sauveur.
La nature et rexcellence des biens que Jésus-Christ notre Rédempteur devait nous apporter, furent figurés , par des choses muettes et inanimées, et prédites par des prophètes : Tagneau pascal, le serpent d'airain, la manne, les sacrifices, le bouc émissaire, étaient autant de figures qui se rapportaient à Jésus-Christ et annonçaient les différentes circonstances de sa mission.
Les prophètes, éclairés d'une lumière céleste, annoncèrent clairement au peuple la naissance du Fils de Dieu, les œuvres admirables qu'il devait opérer après sa naissance selon la chair, sa doctrine^ ses mœurs, sa vie, sa mort, sa résurrection, et tou& ses différents mystères, parlant de ces choses comme si déjà elles eussent été présentes : de sorte que, si nous ôtions la différence du passé et de l'avenir, nous n'en verrions plus aucune entre les prédictions des prophètes et la prédication des apôtres, entre notre foi et la foi des anciens patriarches.
IL Jésns-Christ dans ses titres de roU de prêtre et de prophète. — Jésus-Christ notre Sauveur, en venant au monde, a pris tout à la fois le personnage et les fonctions de roi, de prêtre et de prophète. D'abord, nous le reconnaissons comme roi, non seulement en tant qu'il est Dieu, mais encore en tant qu'il est homme et revêtu de notre nature. C'est de lui que l'ange aditoes paroles: « il régnera à jamais dan> la maison de Jacdb, et Sun replie ii'rtura point de flu.»» (Luc, l, 32-33.)Orce lègue ebt un règne spirituel et éternel, qui commisace surJa terre pour être consommé dans le ciel ; et Jésus-
Christ remplit d'une' mâuière admirable envers son L Égliselee devoirs que la royauté lui impose. II la gou-
Yerne. Tous ceux qui ont autorité dans l'Église, le /" ffxpe et les évèques, ne sontque les ministres de Jésus- ':• CSxrist : le Pape, comme chef, est son vicaire et son re- - présentant immédiat; les autres minfstres sont ses i'"* mbassadeurs, et ils peuvent dire avec saint Paul : Pro y£hri$U> leffaiwne fmgimur (II Gor., y, 20); nous avons .délégation de la part de Jésus-Christ, pour instruire i.«l.. gouTerûer les peuples dans les voies du salut. -i'SoBime Toi,^ Jésud-Ghrist défend son Église contre les "^i'tttaques et les embûches de ses ennemis. Dix-neuf ^«^Biàcles de combats persévérants et de continuels : triomphes sont là pour rendre évidente Tassistauce
da SauTeur envers son Église : Canfidite , ego vici r mundKm. (Joan., xvi, 33.) Sa royauté, Jésus-Christ la M manifeste encore en donnant à son Église la justice Il «t la sainteté, et en même temps la force nécessaire
ppur persévérer dans sa divine mission.....
Vr Le Christ est prêtre, non selon Tordre des prêtres
de la tribu de Lévi , mais, comme l'a chanté David, « se-
JoE Tordre de Melchisédech, pour Téternité. » Ps. iWLylS) Saint Paul, dans ITÊpître aux Hébreux, expose --.«lAg&iilquement le titre sacerdotal de Jésus-Christ , ^ntiPetsonoei), dit*il, « ne s'arroge de lui-même ThoniiiBèur dusacerdoce, mais celui qui est appelé de Dieu, noanmifr Aaron. Ainsi le Christ ne s'est pas élevé luivjtièïDB à;ladigmtéde pontife, mais celui qui lui a dit: /Woiis Êtes mon Fils •, je vous ai engendré aujourii'd^bui. Comme il dit encore ailleurs : Vous êtes iiyrêlrepour Téternité, selon Tordre de Melchisédech. »
(Hebr., v,4-6.)«Le Christ, se présentant comme pontife des biens futurs, est entré upe fois par son sang dans le saint des saints, et a opéré une éternelle rédemption... Aussi est-il par cela le médiateur du Nouveau Testament. » (Hebr., ix, 11-12, 15.) SI le prêtre est par ses fonctions le médiateur entre Dieu et les hommes, chargé de la prière, du sacrifice, de l'instruction, et de l'administration des choses saintes, Jésus- Christ a été le prêtre par excellence, et 11 n'y a dans l'Église de prêtres que par lui. Comme son Père Ta envoyé, il les envoie.. •• (Joan., xx, 21.)
Enfin, un troisième caractère propre à Jésus-Christ est celui de prophète et de maître souverain, pour nous apprendre la volonté de Dieu , et dont la doctrine a révélé à l'univers la connaissance du Père céleste. A^ant lui, tous ceux qui ont été honorés du nom de prophètes, n'ont été que ses disciples ; et ils furent principalement envoyés pour annoncer celui qui devait, avec bien plus de vérité et de justice, porter le nom de prophète et sauver tous les hommes.
Tels sont les titres glorieux de Notre-Seigneur Jésus-Cbrist, titres qui doivent nous inspirer la plus grande vénération pour sa personne adorable : il est le Messie qui est venu nous sauver et nous affranchir de l'esclavage de Satan ; il est le roi que nous devons servir comme de fidèles sujets et sous les étendards duquel nous avons à combattre ; il est le prêtre auquel nous devons nous unir en sacrifice pour la gloire de son Père, et le prophète dont la parole doit être la règle de notre conduite.