‹ Manuel de prédication populaireChapitre 16 sur 90 · XIX. » L'Ëglise. (SAiNTETâ.) t · texte numérisé non relu

XIX. » L'Ëglise. (SAiNTETâ.) t

C'est ainsi que l'apôtre saint Pierre appelle lef lU' dèles. Ces paroles nous marquent un second caractère de la véritable Église: la sainteté. De même qu'eÛô

est une d'une unité qui lui est propre, de même aussi elle est sainte d'une sainteté qu'aucune autre société i^euse ne saurait partager avec elle. De quelque côté et sous quelque rapport que nous considérions l'Église, elle nous apparaît toujours ornée de cette éclatante auréole qui la distingue de toutes les sociétés d'institation humaine. Elle est sainte, en efTet : 1° comme Vouée et consacrée à Dieu; S"" parce qu'elle est le Corps d'un chef saint, de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; 3^ parce que seule elle possède le culte du légitime sacrifice; 4* parce que seule elle a les moyens de sanctification dans les sacrements; 5* parce qu'il ne peut y avoir de saints que dans ses membres.

I. Sainteté de V Eglise dans sa consécration. — C'est un usage d'appeler saints les objets corporels eux-mêmes, quand ils sont destinés et dédiés au culte divin.

Ainsi, dans l'ancienne loi, les vases, les vêtements et les autels, aussi bien que les premiers-nés, qui étaient consacrés au Très-Haut, tout s'appelait saint.

Il ne faut donc point nous étonner d'entendre appeler sainte TÉglise, malgré les nombreux pécheurs qu'elle renferme. On dit des fidèles qu'ils sont saints, parce qu'ils sont devenus le peuple de Dieu, et qu'ils sont consacrés à Jésus-Christ par la foi et la réception d u baptême, encore qu'ils tombent dans le péché et n'accomplissent point ce qu'ils ont promis. Ainsi voit-on ceux qui ont embrassé un art, continuer à prendre le nom de leur profession, sans cependant en observer toutes les règles. Voilà pourquoi saint PauJ donne aux Corinthiens le nom de sanctifiés ou de saints, tout en trouvant au milieu d'e\aàft's>^toyàRsa

qu'il traitait de charnels et reprenait en termes plus sévères encore.

IL Sainteté de VÉglise comme corps de Jésus-Christn — L'Église est encore sainte, parce qu'elle est le corps d'un chef saint, de Noire-Seigneur Jésus-Christ, source de toute sainteté, et qu'elle reçoit par lui les dons du Saint-Esprit et les richesses de la bonté divine. Aussi saint Augustin, interprétant ces paroles du prophète :. « Conservez mon âme, parce que je suis saint » (J?s* Lxxxv, 2) , s'écriait-il admirablement : « Qu'il ne craigne pas, ce corps mystique de Jésus-Obrist ne faisant vraiment qu'un seul homme, qu'il ne craigne pas d'élever la voix de toutes les parties de la terre, et de dire avec son chef et sous son chef : Je suis saint; car il a reçu la grâce de la sainteté, la'grâce du baptêmç et de la rémission des péchés. » Et un peu plus loin : « S'il est vrai que tous les chrétiens et lesfidèles baptisés en Jésus-Cbrist aient revêtu Jésus-Christ , comme l'Apôtre le déclare dans ces paroles : « Vous « tous qui avez été baptisés en Jésus-Christ, vous avez « revêtu Jésus-Christ » (Gai., m, 27) ; s'il est vrai qu'ils soient devenus les membres de son corps, et que cependant ils osent dire qu'ils ne sont pas saints, ils font injure au chef lui-même, dont les membres sont saints. »

IIL Sainteté de l'Église dans le sacrifice qu'elle offre. — L'Eglise n'eût-elle que le privilège de posséder seule le culte du légitime sacrifice offert à Dieu, cela suffirait pour lui donner un caractère de sainteté à nul autre comparable. Or c'est l'Église qui immole l'au- -'uste victime dont toutes celles de \a\o\tf o\xX k\k ^s^^

l'ombre et la figure. A elle seule Jésus-Christ â donné mission d'offrir en tous lieux son corps et son sang pour la rémission des péchés : « Faites ces choses en mémoire de moi. »(Luc., xxii, 19. 1 Cor., xi, 24-25.) On avu les sectes religieuses de fabrique humaine attaquer l'Église dans ses dogmes et ses mystères, et nier l'adorable réalité de son sacrifice ; mais aucune n'a osé pré- I tendre offrira Dieu une victime plus pure et plus sainte. [ La sainteté du sacrifice appelle nécessairement la sainteté du sacerdoce, qui seul a la mission d'en être le ministre. Aussi n'y a-t-il que les évoques et les prêtres de rÉglise qui puissent se dire légitimement les représentants de Jésus-Christ, le Dieu de toute sainteté.

IV. Samieté de VÈglise dans ses sacrements, — Non seulement l'Église est sainte en elle-même et dans son sacerdoce, qui représente Jésus-Christ sur la terre et perpétue son sacriGce sur le Calvaire ; mais elle est sainte parce qu'elle est dépositaire des moyens les plus propres à opérer la sainteté dans ses membres, et 3es moyens sont les sept sacrements. C'est par eux que les fidèles naissent à la vie surnaturelle de la grâce ; ju'îls l'augmentent, la conservent, la réparent, et ïu'ils arrivent, par la persévérance, à la vie éternelle de la gloire.

V. Sainteté de VÈglise dans ses membres. — Aussi n'est-ce que dans l'Église que se rencontrent les saints, c'est-à-dire ces hommes si grands, siéminents, si admirables par leurs vertus, par leurs œuvres et par leur infiuence dans le monde entier. Quels puissants et intrépides conçuérants que cessainUqvi'otv «çç^>X^ Jes apôtres f Aa nombre de douze SPu\emeT\\., àfev^xvt-

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vus d6 tous les moyens humains, sans argent, sans armes, sans amis, sans partisans, ils entreprenne] de convertir le monde entier à la croyance de dogi dépassant la raison humaine, à la pratique d'une mç^ raie opposée à tous les instincts d'un cœur vicié ei corrompu, et à l'espérance d'une vie immortelle pro^j mise par un Dieu crucifié. Et ce miracle, que tous \^ savants de la Grèce et de Rome auraient dèclàrT comme la plus étrange folie, voilà dix-neuf siècli que le monde en contemple l'accomplissement. L. ces conquérants qui ont remporté une si grande viç"» toire eu répandant leur sang à l'exemple de leur divin . Maître, sont l'objet d'un culte public et solennel dans. l'Église, et leur mémoire ne périra point. La saintètoL des membres de l'Église, elle brille d'un éclat incomparable dans ces légions de martyrs, de vierges, de confesseurs de tout rang, de tout âge, de tout sexe, qui ont laissé de si admirables exemples de vertu, de courage, de dévouement à la gloire de Dieu et au salut du prochain. La sainteté de l'Église ne se manifestentelle pas dans ces institutions et ces œuvres si puis* santés et si fécondes pour l'instruction des masses populaires, le soulagement de toutes les misères ? Où sont les pauvres, les malades, les infirmes, les enfanti?; abuudounés, les vieillards délaissés, qu'elle n'assiste^^ qu'elle ne recueille, qu'elle n'aime, qu'elle ne soigne^j comme ses enfants de prédilection? C'est parce(. qu'elle est sainte, l'Église, et qu'elle est une institutio»: du Dieu de toute sainteté, que sa puissance est si me^v veWcutio pour correspondre à. Xûw.^ Vi^ b^^ovos dOi rhumanité.

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