XXVI. — Rémission des péchés
Populus jfft kfibitat in ta, aufere-:
tur ab eo iniquitas, (Isa., xxxiu, U.)
Le peuple qui habite dans Sion, sera purifié de ses iniquités.
Le prophète Isale annonçait en ces termes le pouvoir qui serait donné à l'Église, figurée par Sion, de délivrer ses enfants de leurs iniquités et de leur remettre leurs péchés. Il suffit, dit le Catéchisme du concile de Trente, de voir cet article de Ja rémission des péchés rangé parmi les autres vérités de la foi, pour être persuadé qu'il renferme tout ensemble un mystère divin et une croyance absolument nécessaire au salut. Quelques jours avant son Ascension, Notre- Seigneur dit à ses disciples : <c II fajilait que le Christ souffrît et qu'il ressuscitât d'entre les morts le troisième jour, et qu'ensuite la pénitence et la rémission des péchés fussent prêchées à toutes les nations^ à commencer par Jérusalem...» (Luc, xxiv, 26, 46-47.) La parfaite connaissance de ce dogme est d'autant plus nécessaire, que pour les pécheurs il n'y a point de salut à espérer, s'ils n'ont recours au ministèf e de l'Église et à son pouvoir de leur ouvrir le ciel .
Montrons V V excellence de ce 'pouvoir de remettre les péchés; 2° ses bienfaits; S*» les motifs qu'ont les fidèles d'en profiter souvent.
L Excellence de ce pouvoir. — On ne saurait coace-
voir une trop haute idée de ce don céleste, accordé à l'Église par la miséricorde divine. Pour remetti^ les péchés, en efiet, et justiGer le pécheur, il ne faut rien moins que la puissance immense et infinie de Dieu, la même que nous croyons nécessaire pour ressusciter les morts et pour créer le monde. Justifier un pécheur, c'est même, de l'avis de saint Augustin, quelque chose de plus difficile que de faire le ciel et la terre de rien. Combien donc les Pères ont eu raison de dire que Dieu seul pardonne les péchés, et qu'une si grande merveille ne peut être l'œuvre que d'une bonté et d'une puissance infinies I « C'est moi, » dit le Seigneur par son prophète, « c'est moimême qui efface les péchés. » (ls.,XLiii, 25.) En effet, ne semble-t-il pas qu'on doit raisonner de la rémission des péchés comme de la rémission de toute autre dette? Il n'appartient qu'au créancier de faire grâce de ce qui lui est dû : par conséquent Dieu seul, dont le péché nous rend débiteurs, comme nous le confessons chaque jour, en disant : -^ Remettez-nous nos dettes D, Dieu seul, et nul autre que lui, possède le droit incontestable de nous pardonner nos offenses.
Ce pouvoir essentiellement divin n'a été délégué à aucune créature avant que Dieu se fit homme. Jésus- Christ, notre Sauveur et notre vrai Dieu, est le premier de tous, en tant qu'homme, qui ait reçu ce pouvoir du Père céleste. « Pour que vous sachiez », dit-ii, a que le Fils de l'homme a le pouvoir sur la terre de pardonner les péchés : Lève-toi, dit-il au paralytique, emporte ton lit, et retourne dans ta maison. » (Matth.,.ix, 6.)
C'était pour procurer aux hotûme^ \fe ^mAqvx d'^
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leurs péchés, qu'il s'était fait homme. Ayant de monter m ciel pour siéger à jamais à la droite de Dieu, il communique ce pouvoir aux évêques et aux prêtres de son Ëglise : « Les péchés » , leur dit-il, « seront reimis à qui vous les remettrez. » (Joan., xx, 23.) C'est en vertu de ce pouvoir que vous voyez installés dans tous les temples catholiques ces tribunaux où siègent les ministres de Jésus-Christ, et où viennent s'agenouiller des multitudes de pénitents humbles et contrits, assurés qu'ils sont de se relever avec la paix et Pinnocence dans le cœur.
IL Ses bienfaits. — Si les œuvres de la puissance divine excitent à juste titre notre admiration, notre respect et notre reconnaissance, quelle estime ne devons-nous pas faire de la prérogative que l'Église tient de la bonté du Sauveur? Ce qui doit surtout nous faire apprécier la grandeur de ce bienfait, c'est le moyen dont il a plu à Dieu, le Père des miséricordes, de faire dépendre le rachat de nos iniquités, n a voulu qu'elles fussent expiées par le sang de son Fils unique, et le Fils a consenti à acquitter les peines qui leur étaient dues. Juste, il a été condamné pour les injustes; innocent, il a dû souffrip la mort la plus cruelle pour les coupables. « Nous n'avons pas été rachetés au prix d'un métal corruptible, à prix d'or ou d'argent, mais par le sang précieux de Jésus-Christ, l'Agneau sans tache et sans souillure. »(I Petr.,i, 18.) Cette seule réflexion doit nous convaincre que le pouvoir de remettre les péchés est la faveur la plus salutaire qui put être accordée aux hommes. Où voiton éclater d'aae manière pliij \u^tttfû\% ^v ^<i\iN^-
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raine la nuséricorde et i'amoiir de Dieu envers nous? Eq méine tempo que nos péebés nous sont remis, nous rentrons dans la grâce et famltié de Dieu ; nous recûUTroos tous les mérites que nous afions acquis en Tertu de ia mort et de la croix de Jésus-dirist Le ciel nous est rourert, et nous sommes assurés d'y arriTer, si nous sommes fidèles à conserrer Tinnocenee qui nous aété rendue par le pouvoir confié à l*Église. Comment ne pâs tressaillir de joie et ne pas rendre à Dieu d'immortelles actions de grâces, au souvenir de tous les bienfaits dont nous sonunes redevables à la rémission des péchés ? Nous avons là l'unique et infaillible remède de toutes nos infirmités et de nos maladies q>irituelles : bénissons-eu mille et mille fois notre céleste médecin.
lU. Motifs (Ten profiter. — Mais ce serait peu d'avoir à notre disposition un remède si précieux et si efficace, si nous négligions d'en faire un firéqueot usage« Sommes-nous attaqués de quelque grave maladie? nous accueillons avec reconnaissance et transport les remèdes préparés par l'art et l'iodustrie des médecins. Ciombien doivent nous être plus .chers les remèdes établis par la sagesse de Dieu pour guérir nos âmes et leur rendre même ]a vie I Tous les jours nous faisons rexpérience de notre faiblesse naturelle; tous les jours nous sommes exposés à des infirmités, à des maladies spirituelles, et même à la mort par le péché mortel : n'est-ce pas un motif pressant de recourir à ^'unique moyen que Dieu nous a donné de nous rele-
■^ de nos chutes, de nous guérir de nos msUadies, de revrer la vie de la grAcei si no^s aHou^ evil^ yiûAUadsus
— Mode la perdre ? Négliger l'emploi d'un remède utile et nécessaire, ce serait en quelque sorte faire présumer qu'on le méprise; et la présomption serait d'autant plus fondée, que, si le Sauveur a conféré à son É^ise le pouvoir de remettre les péchés, c'est pour que tout le monde use de ce remède céleste. On n'est lavé de la faute originelle que par le baptême $ et de même, quand on a perdu la grâce du baptême par le péché mortel, il est impossible de la recouvrer, sinon par cet autre genre d'expiation, c'est-à-dire par le sacrement de pénitence. Un dernier motif d'employer un remède si salutaire, c'est qu'il est facile, à la portée de tous, et qu'il n'est point de mal si grand ni si désespéré qu'il ne puisse guérir. Acceptons-le donc comme un gage de salut et de gloire éternelle.
XXYII. - Résurrection des corps.
Omnes quidem resurgemtis, (I Co'' rinth., xy, 51.)
Tous noiu ressusciterons.
Qu'il est consolant. Chrétiens, ce dogme de notre symbole qui nous enseigne la résurrection de la chair ! En voyant notre pauvre corps sujet à tant de misères, s'affaiblir insensiblement et tomber enfin en dissolution, un sentiment pénible s'empare de nous, et nous ne pouvons voir sans horreur ces ossements et ces débris humains que foule notre pied dans un cimetière. Mais quand nous nous rappelçn&les enseignements de
notre foi et que nous redisons ces paroles: « Je crois la résurrection de la chair », notre espérance se ra- , nime, notre courage se relève, une douce consolation remplit notre cœur, et avec le saint patriarche Job ' nous nous écrions: « Je sais que mon Rédempteur est vivant, et au dernier jour... je verrai dans ma chair mon Dieu. »
Pour affermir notre foi, rappelons : r to prmvei qui établissent ce dogme; t^ la condition, et les qnaUUs des corps ressuscites.
1. Preuives de la résurrection. — Et d^abord, que la résurrection soit possible, des faits nombreux et éclatants ^'établissent victorieusement. Les prophètes Élie et Elisée ont eu le pouvoir de ramener des morts à la vie... L'Évangile raconte comment le Sauveur a ressuscité le iiLs de la veuve de Na!m, la fille de. JsûUre, et surtout Lazare, qui, depuis quatre jours déjà, était au tombeau. La plupart des saints que l'Église honore d'un culte public, comptent de nombreuses résurrections comme preuves à l'appui de leurs procès de canonisation...
Si Dieu a donné à ses amis le pouvoir de rappeler les morts à la vie, c'est qu'il est lui-même le souverain maître de la vie et de la mort
Si Dieu, par un acte de sa toute-puissance, a donné la vie une première fois à l'homme, comment lui serait-il plus dilficile de la lui rendre une seconde fois?
Démontrée possible par les faits, la résurrection est.^ annoncée partout dans les saintes Écritures. Après Job, que nous avons entendu, c'est Daniel qui annonce
le « tous ceux qai dorment dans \aL\^ow^'àfttft%*feH^\\-
leroDt UQ jour, les uns pour la yie éterDelte) les autres pour l'opprobre sans Qn. » (Dan., xii, 2.) Jésus-Christ affirme la résurrection en s'adressant aux saducéens : cVous errez», leur dit-it, a et ne connaissez point .les ioritures : à la résurrection il n'y aura ni époux m épouses, mais tous seront semblables aux anges de Dieu. » (Mattb.9 xxii, 29-30.]
L'apAtre saint Paul, de son côté, raisonne ainsi dans sal*^ tpltreaux Corinthiens : « Si Jésus-Christ est ressuscité, comment se fait- il qu'il y en ait qui prétendent qu'il n'y a pas de résurrection des morts? S'il n'y a pas de résurrection des morts, Jésus-Christ n'est pas ressuscité... • (I Cor., xv, 12.)
Dieu a voulu nous donner dans la nature elle-même de nombreux exemples de résurrection, o Ce grain (|U6 vous semez, » dit saint Paul, « ne prend vie qu'après qu'il est mort... »(I Cor., xv, 36.) Ne voyons-nous pas chaque jour la lumière disparaître et mourir à nos yeux, pour reparaître ensuite et ressusciter ? Les arbres perdent leur verdure et meurent en quelque sorte durant l'hiver, puis le printemps les voit rétine et se couvrir encore de fleurs, de verdure et de fruits
La raison, de son côté, démontre la nécessité de la résurrection des corps. L'&me et le corps ne constituent qu'un seul et même être : l'homme. Ces deux substances, faites l'une pour l'autre, ne peuvent rester éternellement séparées. L'&me est immortelle : il faut que le corps ressuscite pour partager avec elle la récompense ou le châtiment...
jVous ressusciterons: cette vérilvi e^l v^ç^Wà&tùKiî^.
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Aujourd'hui ces corps^nt exposés à la souffrance, à maladie, à la douleur; le froid les engourdit, la cbair les brûle, Tair les corrompt : tous les éléments les Lquent, et sont pour eux comme autant d'ennemis, irès la résurrection, le corps n'aura plus rien à reir ; toute douleur lui sera à jamais étrangère, qu'il sera doué d'impassibilité.
Dans la yie présente, nos corps sont compactes, leSy obscurs. Dans le ciel, ainsi que l'affim^e lui- 16 le Sauyeur, « ils brilleront comme le soleil. » ., xiu, 43.) « Il réformera notre coyps, » dit it Paul, « notre corps vil et abject, et le fera parti de la clarté de son propre corps. » (Philip., m, 21.) « Le coi^ps est semé dans l'ignopainiç, » dit ^ enecNre l'Apôtre, * « il se relèvera dans la gloire. » (ICor.,xv, iS.)
Hais la splendeur des saints ne sera pas la même ■■ pour tous, a La clarté du soleil», ajoute-t-il, « diffère de la clarté de la lune, de la clarté des étoiles. Et les étoiles diffèrent elles-même d'éclat entre elles, d (I Cîor., XY, 41 .) C'est ainsi que la gloire des élus après la résurrection sera en proportion de leurs mérites.'
A la clarté les corps glorieux ajouteront l'agilité. Présentement le moindre mouvement de notre corps, nous est difficile et demande quelque effort. Tandis que par la pensée nos âmes franchissent les distances et vont d'un bout du monde à l'autre avec la rapidité de l'éclair, nos corps ne peuvent se transporter qu'avec lenteur et à travers mille obstacles. Après la résurrection, il n^efjt sera plus ainsi. Aussi prompV a\3âi<â>t^-
pide que ]a pensée, le corps, entièrement sou rame, se mouvra avec uue facilité, une vitesf croyables. Seminatwr in infirmtate^ surget m vi (ICor., XV, 43.)
La subtilité sera la quatrième qualité des corpi suscités. Seminatur corpus animale, mrget corpm vitale, (I Cor., xv, Ai.) C'est ainsi que nous voyo Sauveur entrer dans la salle où sont réunis les ap{ les portes et les fenêtres étant soigneusement feri sans que rien puisse faire obstacle à son passage
Quel souvenir plus consolant pour nous, au lo des épreuves de la vie présente, que celui de noti ture résurrection 1... Ne nous affligeons don( outre mesure, comme ceuï qui n'ont pas d'espén (IThess., nr, 12.)