‹ Manuel de prédication populaireChapitre 22 sur 90 · XXIV. - Les Anges · texte numérisé non relu

XXIV. - Les Anges

Cœli enarrani gUniaià D»

xfin, i.)

Lei oiettx nMontent U gto Dieu.

C'est un ravissant spectacle que celui gué :

présente le ciel. Cette Yoûte immense qui s'ëteû( nos têtes, ce soleil qui nous inonde de ses rayons myriades d'astres étinçelants qui brillent au fij ment, suffiraient à raconter avec une incompa] éloquence la puissance, la sagesse et la majesté ( Dieu qui n'a eu qu^à prononcer une parole pour toutes ces merveilles du néant : dixit^ et facta (Ps. XÎXII, 9.)

Mais au-dessus de ces cieux qui nous ravi; d'admiration, il en est d'autres plus dignes enco] la bonté in&iiie du Créateur. Ce sont ces créai

spirituelles, d'une beauté et d'une excellence inco rablement plus merveilleuses que celles de toi êtres visibles qui remplissent l'univers. « Dieu, Bossuet, « a voulu créer aussi des esprits comme lui^ qui est un pur esprit ; des espritâ vivent d'intelligence et d'amour, qui le connaf et l'aiment, comme il se connaît et s*ainrie même; qui comme lui sont beureux en connai ce premier Être, comme il est beureux en se coa sant et s'aimant lui-même. »

Nous aussi, rendons gloire k V>\^u^ ^tL^^\^5i\

? des anges ; î' de Imr mtwr^ et de leurs fano ' de nos devoirs envers eux»

tence des anges, — Bien que Moïse, en racon-

œuvres de la création, ne parle point des

)arce qu'ils n'appartiennent pas au monde

ju'il avait particulièrement en vue dans^la

['opinion commune est qu'ils furent créés en

emps que le monde, et firent partie de ce

magnifique ouvrage que Dieu accomplit en

. Le sentiment de saint Augustin est que par

es : « Au commencement Dieu créa le ciel et la

1 faut entendre la formation des anges, corn-

\ le mot cieh

si la sainte Écriture ne fait pas mention des

X époques de la création, elle en parle très

lîUeurs. Nous voyons en effet les patriarches

'avorisés de la visite des anges. Abraham en

is dans la vallée de Mambré. C'est à un ange

fut redevable d'échapper à la ruine de So-

acob, dans un songe mystérieux, vit une

ont le pied était appuyé sur la terre et dont le

touchait au ciel, et les anges de Dieu qui

it et descendaient par cette échelle. L'ange

fut le guide de Tobie dans son long et péril-

age chez Raguel. Ce fut l'ange Gabriel qui

à Daniel lavenue du Messie et lui en précisa

, Ce même ange Gabriel fut envoyé à Marie

saluer comme pleine de grâce et mère de

it dans l'Évangile nous voyons les anges ux mystères de la vie, de la mort et de la

— 5ftf^ —

TèhVJTBCùon de 5otre-5eîcD6izr Xësus^GhrisL A xiaiffîaDce de l'Érlise. vu bzkï ASSm saînt Pte de Ba prison, et la Fif a/sf sntar nous montre queoiiiieDt ]es ang^ en cocminoiiîG&tîoa avec •«niteurê de Wen

Rieu donc de plus soBderacDl âibli par la Écriture; et par les faits ipe Tmâltsiiee dea anges.

i I . Nature et fonoionê des Aap«. — Qoant à la natoij d<;h angeë, nous saTOCs que œ âont de purs esprit oni(';h (ia grandes perfeic taons. Ils ont, eoinin.e rflmi humaine, la faculté de penser, de connaître, de raî hofjfu;r, dVimer, mais à nu deçrê bien plusëminent li 4 n'ont point de corps, et n*ont pas été créés poul Atn; linJK à un corps. Ainsi, quand bous pensons an an^t^H, nous devons écarter les idées grossières qm nous l'ourniHsent les sens et les représentations ordh naircH qu'en font les sculpteurs et les peintres. Si Pa ntproduit les anges sous des figures humaines, c*es^ iju'nn vA'ï'vX ilH on ont pris quelquefois de semblables |)iiur Hn nwsiini en communication avec les homme cl. Iinir nianinister les ordres de Dieu. Les ailes qu'oi liMii' (lonur,ri quoles prophètes eux-mêmes leur àttri liucui, doivenl Atro prises dans un sens symbolique ri hiKiiillniii IVmprossement qu'ils mettent à accom plir InH YulonlnH (le Dieu; les robes blanches doiitoi \v.H nivtM, marquont leur parfaite pureté.

Ltm an^pH stuit ainsi appelés d'un motgrecqa bignitlo mcssatfcr ou envoyé^ parcQ qu'une de leui t'onrlidUH r^t do porter les ordres de Dieu à la terre (*t d'tMro U^d niinlslros do la Providence dans le gou veruemout de ce monde.

fi

Gontinuelleineiit devant le trôoe de la majesté dmne, les anges ne se contentent pas de glorifier le Seigneur et de chanter ses louanges, mais encore ils président aux autres créatures : aux astres, à la terre, aux vents, à la mer, aux fleuves et aux tempêtes. Dieu semble les avoir associés à sa vaste administration : non certes qu'il ait aucun besoin de leur concours ; mais, en faisant ainsi, il a voulu établir une admirable société entre le ciel et la terre, entre les anges et les bommes.

Le nombre des anges est incalculable : le prophète Daniel en a vu mille milliers qui servaient 1)ieu, et dix mille fois cent mille qui se tenaient en sa présence. (Dan., vu, 10.)

Cette multitude d'esprits célestes forme une hiérarchie sagement graduée et partagée en neuf ordres, qu'on appelle les neuf chœurs des anges : ce sont les Anges,. les Archanges, lés Vertus, les Puissances, les Principautés, les Trônes, les Dominations, les Chérubins et les Séraphins. Chacun de ces ordres a des fonctions qui^lui sont propres, mais qu'il serait trop long d'énumérer.

Un mot, en finissant, sur nos devoirs envers les saints anges, et particulièrement envers nos anges gardiens.

III. Nos devoirs envers eux. — Parmi ces célestes intelligences, il en est de tout spécialement commises à notre garde, pour nous protéger contre l'enfer, nous défendre contre les tentations, nous préserver du danger, nous donner conseil, nous aider dans la pratique du bien et nous guider dans le chemin du ciel :

ce sont nos anges gardiens. Âitnons-les donc commo de fidèles amis, qui nous honorent les premiers de leuc amitié, et qui emploient à notre avantage tout le crédit dont ils jouissent auprès de Dieu. Respectons leur présence auprès de nous; pensons que ce sont des princes de la cour du grand Roi, et prenons garde de rien nous permettre qui puisse offenser leurs regards. Recommandons-nous à eux dans les périls, dans les afflictions, dans les tentations. Suivons fidèlement leurs conseils, et abandonnons-nous pleinement à leur conduite. Fortunés habitants du ciel, ils nous y conduiront, pour nous faire partager leur éternelle félicité. Ainsi-soit-il.

XXV; — Les Saints.

Vidi turbam magnani, quam dinuîMrart neîM poteirai, (À|>oe., irii, d.)

Je vis Une girandé (bute, que personne ne pouvait cdnipter.

C'est ainsi que s'exprime saint Jean en racontant éa subliriaëtision daiis l'île de Patmôs. «Je vis », dit-il, « imë grahde tilùltitudé, que iltil lie pouvait compter, de toute nation, de toute tribu, de tout peuple et de toute làtlgde, debout devabl lé trône et devant TÂgâeau, vêtus de robes blanches et ayant dés paînlés en leutsmiains...» Après cette magnifique description, que pourràis-jiB ajouter pour vous donner une idée de la gloire dont les bienheureux jouissent dans le ciel ? Saint Paul lui-même, transporté en esprit dans

ce séjour des éternelles délices, n'a pu nous en apprendre autre chose, sinon que rien n'est comparable à ce que Dieu prépare à ceux qui raiment. (I Cor., II. 9.)

Mais ce n'est pas une stérile admiration que réclame de notre piété le culte que nous devons aux saints. Ce serait en vain que le ciel s'ouvrirait en quelque sorte, pour nous laisser entrevoir la magnificence des biens dont jouissent les élus, si nous ne nous efforcions en même temps de mériter la même récompensé, en imitant leurs vertus et en implorant leur puissante protection.

Du haut du ciel, où ils régnent sur des trônes éclatants, les saints s'abaissent vers nous et nous disent : Nous sommes 1** vos modèles, iûiitez-nous ; 2° vos 'patrons et vos protecteurs, invoquez nous.

I. Les saints sont nos modèles, — Oui, chrétiens, les Saints sont nos modèles; et ces modèles, nous devons les imiter, nous pouvons les imiter. Avec saint Paul ils nous disent : Imitatores met estote, sicut et ego Christi; « imitez-nous, comme nous avons nous-mêmes imité Jésus-Christ. » C'est en marchant sur les traces de ce divin Sauveur, que les saints sont arrivés à la gloire. Comme eux, nous sommes les enfants de Dieu, et comme eux nous devons accomplir son adorable volonté, en travaillant à nous sanctifier : Hœc est enim voluntas Dei^ sanctificatio vesira, (I Thess., iv, 3.) Nos paroles, nos entreprises, nos œuvres, tout doit se rapporter à la fin unique pour laquelle nous avons été

créés.

Aussi c'est parce que les saints se sont, aççlicç^fes» ^

correspondre à leur Du, i^u'iliont été agrtabkl Seigneur sur la terre, et qu'ils MUit couroDués dsnil! ciel. Ils oui dit au monde : Noiu ne sommes pas Tsils pour toi : pourquoi serioas-aotu tes serriteurs et la esclaves 1 C'est de Dieu que nom Tenons, il est notit unique maître, et nous ne faiwni que passer deraot toi pour retourner à lui. PouniODs-nous tenir nommémes un autre langage ? Ne unimeâ-aoïis pas \a Qla des saints? Filii laHctorfon rnniu. (Tob., ii, 1S; VIII, a.) Ne sommes-nous pas comme eux les enranH de Dieu? pourquoi donc ne le servi rioDS-Dous pss comme ils l'ont servi ?

Nous devons à Dieu d'imiter les saints, puisque c'est à cette fin qu'il nous a crëfe. Nous le devons i lésus-Glu-ist. Par les exemples de ea vie. il nous trace ta voie que nous devons suivre. Les saints ont apei ce divin cher, ils ont entendu sa voix, et ils se courageusement mis à l'œuvre pour l'imiter. DevQi»-^ nous moins à Jésus-Christ que ne lui devaieDt %t saints! N'est-ce pas pournous aussi bien que po^ eux qu'il a vécu, qu'il a souffert et qu'il est mottihi veut, ce divin Sauveur, et il demande notre 8ça;|^tiflcatioQ : Proeisego tattctifico meiptum, ut sintetîptiiiaiâtficati... [Jean,zv[i,i9.) Perfectug autem omnit eritllntlt iicut magùter ejus. (Luc, vi, iO.) Ainsi parlait Jwft»- Ghrist ; et les saints, comme ses véritables disciples; o4it travaillé tous les jours àl'œuvreUe leur sauctiflcaùbd...

Nous nous devons à nous-mêmes d'itbAir l'exemple des saints : car, en vivant comme eu, nous servons nos véritables intérêts. Nous voulons le bonheur, nous le désiroiu ardemment et noua le

poursuivons partout Mais le bonheur, où le trouver? Demandez-le à cette multitude de serviteurs de Dieu qui ont fait Tétonnement et Tadmiration du monde dans la suite des siècles. Avec la sérénité sur le front, la paix dans le cœur et le sourire sur les lèvres, ils vous diront : Vous désirez le bonheur ? venez, nous vous apprendrons à le trouver. Aimez et servez le Seigneur comme nous, de tout votre cœur et de toute votre âme; domptez vos passions, aimez la croix, acceptez les rigueurs de la pénitence. Pour un chrétien, voilà le bonheur; il n'y en a point d'autre ici-bas. Et à ces paroles inspirées par l'Évangile, les saints joignent les exemples de leur vie. C'est en suivant ainsi les maximes du Sauveur et en marchant sur ses traces, qu'ils ont été eux seuls véritablement heureux sur la terre. Mais c'est au ciel surtout qu'ils jouissent de la plénitude du bonheur: c'est au ciel aussi qu'ils nous invitent à porter nos désirs et nos espérances. Notre devoir est donc de les imiter, si nous voulons être heureux comme eux et avec eux. Nous pouvons les imiter : car les saints ont été comme nous des hommes fragiles, environnés des mêmes dangers, exposés aux mêmes tentations, sujets aux mêmes infirmités. Gomme eux, nous avons tous les moyens de sanctification que Notre-Seigneur a confiés à son Église ; le 'sacrement de pénitence pour nous purifier, le sacrement d'Eucharistie pour nous réconforter... la protection de la très sainte Vierge et des saints qui les avaient précédés daos la gloire. Eh bien! en employant les mêmes moyens, ayons aussi recours à leur puissante intercession : car^ en

même temps qu'ils sont nos modèles,^ ils sont encore DOS protecteurs et nos patrons auprès de Dieu.

IL Les saints sont nos protecteurs. — A ce titre, nous devons les invoquer ; et ce qui doit nous inspirer une grande confiance, c'est leur crédit auprès de Dieu et leur tendre sollicitude pour nous.

Quel ne doit pas être, en effet, leur pouvoir auprès de Dieu ? Ils sont ses amis, ses confidents et les dépositaires de ses grâces. Que d'exemples n'en pourrionsnous pas citer 7 Le Seigneur est prêt à frapper les rois d'Israël et de Juda; et, en considération de David son serviteur, il révoque ses arrêts et désarme son bras. Les Hébreux sont menacés d'une destruction universelle ; et, à la prière de Moïse, Dieu épargne son peuple. Si les saints de la loi ancienne étaient si puissants^ ceux de la loi de grâce le sont-ils moins? Dieu, que^ refusera-t-il aux martyrs, qui ont versé pour son nom usqu'à la dernière goUtte de leur sang ? aux apôtres, qui ont été les colonnes de son Église? aux vierges, ses épouses de prédilection ?

Tout-puissants auprès de Dieu, les saints sont pleins d'une tendre sollicitude pour nous. En sûreté pour leur propre salut, ils se préoccupent du nôtre, et ils le désirent avec plus d'ardeur que nous ne pouvons en éprouver nous-mêmes. Ils volent le ciel, et ils comprennent de quel prix il est pour nous. Ilsi sont témoins des dangers que court notre âme, et ils sollicitent de la miséricorde de Dieu les grâces qui nous sont nécessaires. . . Invoquons-les doqc avec confiance, imitons-les avec persévérance, et nous mérite- '•ons d'être associés à leur triomphe- Ainsi soit-il.

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