‹ Manuel de prédication populaireChapitre 57 sur 90 · I. U î— ;;-f n; cViC'mfrnu:., — QiiMMK qae prier · texte numérisé non relu

I. U î— ;;-f n; cViC'mfrnu:., — QiiMMK qae prier

D'est un acte d'autant plus facile à comprendre, qu'il est plus universel dans le monde. Voyez à votre porte ce pauvre sans abri, sans nourriture, sans vêtements : que fait-il en se présentant à vous, en vous adressant la parole, en vous tendant la main et en vous regardant d'un air suppliant? Il prie, c'est-à-dire qu'il vous demande de lui être secourable, et de lui donner selon vos moyens et par un sentiment de commisération et de charité, ce qui lui est nécessaire pour soutenir sa vie. Que fait le malheureux voyageur subitement arrêté par un obstacle ou par des malfaiteurs, ou menacé par quelque bête féroce ? Son premier cri est ; Au secours I II prie, il conjure celui qui peut l'entendre, de venir à son aide et de le tirer de danger. La prière I mais ne la trouve4-on pas en permanence, pour ainsi dire, parmi les hommes? Qui n'a besoin du secours d'autrui pour une chose ou pour l'autre ?.,. Au point de vue de la religion, la prière est un entretien de Fhomme avec Dieu, pour lui rendre hommage, lui exposer ses besoins, solliciter ses grâces et obtenir le pardon de ses péchés. Dieu ayant créé l'homme à son image, et le destinant à partager sa gloire dans le ciel, quoi de plus naturel que, dès cette vie, nous soyons en communication intime avec Dieu, pour lui rendre les honneurs et les hommages qui lui sont dus? Aussi l'Écriture sainte comparet-elle la prière à un encens dont la bonne odeur s'élève jusqu'à Dieu : Dirigatur oratio mea sicut incensum in conspectu tuo. (Ps. GXL, 2.) Notre prière honore Dieu en le reconnaissant pour Fauteur de tout bien, et en confessant que seul il est notre reîuge^iicAT^^xx^^^^^^

et notre salut. Aussi le Seigneur déclare-t-il que no» lui rendoDS booneur en le priant : Incœa memdittri^ bulaiianis : eruam Uy et honarificabis me. ,Ps. XUX, IH) "j

Eu nous promettant son secours, son appui, sa grâce. Dieu nous a en même temps ordonné de prendre le moyen de les obtenir, et ce moyen n'est autre que la prière. (Test Dieu, n*est-il pas Trai? qui donne la fécondité aux terres ; mais n'a-t-il pas fait en même temps au laboureur une condition de les ensemencer? Ainsi, bien que Dieu \euille nous accorder ses dons surnaturels, il yeut cependant que nous les lui demandions; par la prière : Dilata os tuum^ etimpleboiUui. (Ps. Lxxx, 1 1 .) Quoique saint Paul, dit saint Augustin, eût été prédestiné pour honorer et servir l'Église, Dieu a voulu cependant que ce grand apdtre fût dû aux prières de saint Etienne. Si sanctus Stephanus sic non orasset^ Ecclesia Paulum non hahereU

IL Motifs que nous avons de prier. — L'honneur que nous devons à Dieu, suffirait pour justifier la nécessité de la prière. Mais à ce premier motif s'ajoute le pressant besoin que nous en avons. Ce besoin nous est révélé par ces paroles de Notre-Seigneur : Oportet sentper orarey etnondeficere (Luc, xviii, 1), 'paroles qui nous indiquent que la prière est non seulement de conseil, mais encore de précepte. C'est ainsi que le proclame l'Église dans son auguste liturgie : Prœceptis salutaribus moniti. Pour nous montrer toute l'importance du précepte et nous aider à son accomplissement, Jésus-Christ a voulu nous donner l'exemple : Erat pemoctansin oratione Dei. (Luc, vi, 12.) Les disciples viennent-ils lui avouer leur impuissance à

chasser certains démons? il leur répond ^ue cela provenait d'un défaut de prière : Hoc autem genus non ^citurnisi per orationem. (Matth., xvii, 20.)

Il faudrait peu comprendre notre extrême misère, pour ne pas sentir le besoin urgent que nous avons de la prière. Par le péché nous avons été tellement appauvris : pauperes facti sumus nimis (Ps. LXXVIIT, 8), que dans Tordre du salut nous ne pouvons rien par nos propres forces. Sans moi, nous dit le Sauveur, vous n'êtes capables de rien : Sine me nihil potestis facere^ (Joan., xv, 5.)ÎVoilà pourquoi il nous renouvelle si fré(iuemment le précepte de la prière : Petite, et accipietis.,. (Joan., xvi, 24); quœrite et invenietis; pul^ sate^ et aperietur vobis. (Matth., Vil, 7. Luc, xi, 9.) A combien d'ennemis ne sommes-nous pas exposés en ce monde dans l'ordre du salut? Le démon nous fait une guerre continuelle; le monde nous séduit, nous trompe, nous entraîne par ses doctrines et ses exemples; notre propre concupiscence nous illusionne et nous emporte. Comment soutenir ces multiples combats, si nous n'avons le secours de la grâce? Mais la grâce ne nous sera donnée que si nous la demandons par la prière. Ce qui doit nous rassurer, c'est que nous avons la certitude d'obtenir tout ce que nous demanderons : Si quid petieritts Patrem in nomine meo, dabit vobis. Qui pourra se plaindre, s'il n'obtient pas ce qu'il désire, puisqu'il ne faut que prier pour l'avoir? Si Dieu eût commandé de faire quelque œuvre difficile pour solliciter ses faveurs, on aurait pu prétexter la vieillesse, les infirmités, les situations difficiles; mai& rien n'est plus facile à accomplir que le précepte de.

la primer Les trois jeunes Hébreux prièrent danois, fouinaisef Jonas dans le sein de la baleine, le boBw larron sur la croix, et saint Etienne sous les coups de ses bourreaux. Qui que yous soyez donc et en quelque situation que tous vous trouviez, priez donc avec une entière confiance d'être exaucés : Petite^ et accipietis.

III. Conditions de la prière. — Pour être exaucée, la prftredoit être accompagnée \'^ d'humilité. Dieu, dit le PsahEniste, a égard à la prière des humbles, el il ne méinrise pas leurs supplications : Respexit in orotimm hiÊmitiumy et non sprevit precem eomm. (Ps. a, 18.) Parce que le publicain se présenta avec humilitëdans le temple, il fût exaucé, tandis que le superbe pharisien resta sous le poids de ses iniquités. (Luc.,XYm,14.)

2* De foi. C'est la condition nécessaire pour plaire à Dieu : Sine fide autem impossibile est placere Deo. (Hebr., XI, 6.) Tout ce que vous demanderez avec foi, dit Jésus- Christ, vous le recevrez : Omnia quxcumquepetieritisin oratiane credentes^ accipietis. (Matth., XXI, 22.) Si la foi fait défaut, dit saint Augustin, l'oraison est nulle : Si fides déficit^ oratio périt.

3^ De confiance. Nous devons d'autant plus être assurés d'être exaucés dans nos prières, que c*est au nom de Jésus-Christ que nous nous adressons à Dieu. C'est Jésus-Christ qui plaide notre cause auprès de son Père. Advocatum habemms apmd Poirem^ Jeswm Christum juslum. (I Joan., il, 1. SeaÊperriuns ad tnterpellandum pro nobis. Hebr., vn, 25.1

4» De persévérance. Imitons celte femme de l'Évangile qui importune le juge et finit par obtoiirce qu'elle âdlicile (Luc, XTiu. î*5V> ou bien Cftoon la Ghana-

éenne, qui demande à Jésus-Christ la guérisou de sa lie. (Matth., xv, 22-28.) Ne savons-nous pas prier ? dions avec les apôtres : Domine^ doce nos orare. (Luc, xi, .) Soyons fidèles à cette pratique, d'où dépend notre (alut étemel.

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