‹ Manuel de prédication populaireChapitre 75 sur 90 · IX. — Devoirs envers TEucharistie · texte numérisé non relu

IX. — Devoirs envers TEucharistie

Ecce ego vobiscum sun (mnibvt diebus, usqve ad conswntMiUmt»

sœculi.^[li&nh.j xxviii, ?0.)

Voici que je suis avec tous toos les jours, jusqu'à la consommstion des siècles.

Cette douce et consolante promesse faite à ses apôtres, et, dans leur personne, à tous ceux qui croiraient en iui, Notre-Seigneur l'a réalisée en instituant le sacrement de TEucharistie. C'est un dogme de foi que nous avons là son corps, son sang, son âme et sa divinité... 11 est donc bien vrai que ce temple est le palais de Jésus-Christ le Dieu fait homme» vivant au milieu

de nous, aussi réellement qu'il était autrefois ai^ec sa très sainte Mère et ses apôtres... cet autel est son trône et aussi son calvaire... et ce tabernacle, dans ses formes si étroites, renferme le ciel tout entier.

Nous avons des devoirs envers cet auguste Sacrement : c'est 1® t adoration^ f VamouT^ S* la confiance^ 4" U dévouement.

I. L'adoration. — Celui qui est là au milieu de nous, voilé sous les apparences sacramentelles, c'est le même qui, dans le ciel, est assis à la droite de Dieu son Père. Or, dans le séjour de la gloire, il reçoit les tiommages de respect et d'adoration des anges et des élus : Et adorent eum omnes Angeli DeL., (Hebr., l, 6.) Durant les siècles des siècles, les chœurs célestes feront retentir en son honneur ce chant de gloire : Sanctus^ sanettis^sanctus... (Is., Vi, 3. Apoc, iv, 8.)

Dès l'origine du monde et dans la suite des âges, les patriarches et les prophètes l'ont salué comme le Désiré des nations. . . C'est lui que les bergers ont été les premiers à adorer dans l'étable de Bethléem... c'est lui qui a reçu des mages venus d'Orient Tor, Tencens et la myrrhe. .. c'est lui enfin que les apôtres ont reconnu comme le Fils de Dieu : Tu es Christus, Filins Dei vivi. . . (Matth., X vi, 1 6) .

Les sentiments de vénération et de respect que nous aurions éprouvés envers Notre-Seigneur, si, comme les bergers^ les mages, les apôtres, nous avions eu le bonhejir de le voir de nos yeux... nous les lui devons dans l'Eucharistie... Quand nous venons nous pros-^ terner devant le saint tabernacle, que tout notre extérieur témoigne de notre foi et de nos sentiments

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d'adoration et d'anéantissement en la présence de notre Dieu, de notre Maître, de notre Sauveur...

IL L amour. — C'est l'amour qui a fait descendre sur la terre le Fils de Dieu : SicDeusdilexit mundum^nt Filiumsuum unigenitum daret.,. (Joan., m, 16.) C'est encore par amour pour nous qu'il réside sur nos autels : Propter nos Iwmines et pr opter nostram salutem.,. (Symb. Nie.) Il veut être la nourriture de nos âmes... Si les disciples d'Emmaus sentaient leur cœur tout embrasé pendant qu'ils cheminaient avec Jésus sans le reconnaître (Luc, XXIV, 32), ne devrions-nous pas être tout consumés, nous qui savons que ce bon Maître est là tout près de nous ?. .. Aimable Sauveur, vous nous demandez comme à Pierre : « M'aimez- vous? n diligis meî.», (Joan., XXI, 15, 16.^ Avec l'apôtre, nous répondons peut-être : Oui, Seigneur, nous vous aimons... Mais les preuves de notre amour, où sont-elles? sommesnous prêts à tout quitter pour vous suivre ? observonsnous fidèlement votre loi ? Vous nous l'avez dit vousmême, c'est la marque la plus sûre qu'on vous aime : Qui habet mandata mea et servat ea, ille est qui diligit me,., (Joan., xiv, 21.) Fortifiez notre volonté et nos bons désirs de n'aimer que vous... Vous aimer, c'est notre dignité... notre bonheur... notre gloire...

III. La confiance, — Saint Paul nous dit que Notre* Seigneur se fait, dans le ciel, notre avocat auprès de son Père : Semper vivens ad interpeliandum pronobis,. (Hebr., VII, 25.) Dans l'Eucharistie, il vit pour nous, il plaide notre cause auprès de l'éternelle justice... Pauvres pécheurs, nous avons besoin de la miséricorde; 'spcrons avec confiance, il nous l'obtiendra... Il est

notre pontife pour s'offrir lui-même en victime à Dieu son Père... Quelles que soient vos inûrmités spirituelles, venez à lui, il vous invite : Venite ad me, omnes quilaboratisetoneratiestis^ et ego reficiamvos,,. (Matth., XI, 28.) Aveugles, qui ne voyez pas le chemin du ciel. . . sourds, qui n'entendez ni les promesses ni les menaces deDieu... boiteux, qui marchez avec peine dans le sentier de la vertu et du devoir... paralytiques, incapables de travailler aux bonnes œuvres.. . lépreux, qui gémis* sezdans l'infection des mauvaises habitudes, venez à "votre céleste médecin: il renouvellera pour vous les miracles de sa vie mortelle... Si vous avez foi en sa puissance, il vous dira : « Je le veux, soyez guéri. » 7(9/0, mttndare... (Matth. ,viii,3. Marc.,i, AI. Luc.,v,13.) IV. Le dévouement, — Si vous aimez véritablement le Dieu de TEucharistie, vous lui serez dévoués, et dévoués tout entiers. Vous le visiterez souvent dans son tabernacle, pour vous entretenir avec lui... Vous lui ferez le sacrifice de votre esprit par une foi vive, ferme et agissante ; de votre cœur, en lui immolant vos penchants, vos passions, vos désirs; de votre corps, en le soumettant aux salutaires rigueurs de la pénitence ; de vos biens, en contribuant selon vos moyens à l'entretien, à la décence, à la décoration des autels... Par vos discours, vos exhortations, et surtout par vos bons exemples, vous vous ferei les apôtres de Jésus dans l'Eucharistie, pour lui ramener les âmes... Le retour des âmes à l'Eucharistie, ce serait le salut de la famille, de la société et du monde... ce serait le commencement ici-bas de la béatitude éXemélle,

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