‹ Manuel de prédication populaireChapitre 74 sur 90 · XXVI · texte numérisé non relu

XXVI

Ceci est mon corps.

Qu'est-ce que c'est, M. P. , que cette hostie que le prêtre a portée à Tautel et qu'il a élevée solennelle-

pEient après les paroles de la consécration, en célé- Mrajit la sainte messe?... cette hostie qu'il consomme dvec le respect le plus profond et qu'il distribue enillite aux fidèles qui s'approchent de la table sacrée ifrec crainte et tremblement ? cette hostie conservée \àMns les vases d'or de nos tabernacles, et qui, dans nos il^lennités, est exposée dans un pompeux appareil à i^tre vénération ?. .. A toutes ces questions répondent ces courtes paroles sorties de la bouche de Notrel^lteigneur Jésus-Christ le Dieu fait homme, et en son 'nom répétées par les prêtres qui le représentent : , iioc est corpus meum^ ceci est mon corps.. . C'est ce que ^PEglise catholique appelle le sacrement de VEnchariS'' iie^ sacrement qui contient réellement et substanliellement le corps, le sang, l'âme et la divinité de Kotre-Seigneur Jésus-Christ, sous les espèces ou apjÊafences du pain et du vin.

• Vous me saurez gré de vous rappeler, pour rafferdodr votre foi, les preuves sur lesquelles repose notre voyance à cet auguste mystère. Ces preuves sont : \* la promesse de Jésus-Christ ; 2» le fait même de V institution euchanstique\ 3° la tradition] k^ la pratique catho' ligne; 5' la prescription.

1. La promesse de Jésus-Christ. — Le Sacrement de l'Eucharistie devant être le dogme chrétien par excellence et comme l'extension de rincarnation du Verbe 46 Dieu à travers les siècles, Notre-Seigneur s'est plu à l'entourer de toutes les garanties les plus propres à affermir notre croyance. Il a commencé par promettre de la manière la plus claire, la plus formelle l'institutton de l'Eucharistie : Panvi^ quem ego dabo, caro mea est

pro mundi vita. (Joan., vi, 52.) c Le pain que je imm^ rai àmaDger, ce sera ma chair même, pour laTieWa^ monde. » Les Juifs se scandalisant de ces panhBsliî Quamodopotest hic nobis suam camem dare ad numàmmi dum {Ibïd., 53)? loin de les détromper, Jésus-Cbn E continue : « En vérité, en vérité, je vous le dis : SitMili ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne hmm i son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. » (Ib., Sijl Caro enim mea vere est cibus, et êanguis meus vere otl potus... Qui manducat hune panem vivet inwtemwoLM (Ib., 56, 59.) A ces paroles, les disciples, commeleil CSapharDaltes, se prennent à murmurer : DurtcsotAftl sermo. (Ib. 61 .) Le Sauveur leur dira-t-il qu*il nefimtl pas prendre ses paroles à la lettre, et qu'il ne leur 1 parle qu'en flgure ? Loin de là I « £b quoi t » leur dit- 1 il, a vous vous scandalisez de mes paroles, mainte- 1 nant que vous me voyez : que sera-ce donc quand je 1 serai retourné à la droite de mon Père? (Ib., 62, 63.) 1 Comment pourrez-vous croire alors ce mystère que vous ne croyez pas maintenant ? Ce discours, Jésus- Christ le teoait le lendemain même de la multiplication des pains. Il avait voulu ainsi joindre Ja figure à

la promesse de l'Eucharistie

IL L'institution. — Ce que Notre-Seigneur a promis, il l'a exécuté. La veille de sa mort, ayant célébré la pâque avec ses disciples, sur la fin du repas, il prit du pain, le bénit, le rompit et le leur distribua en disant : (( Prenez et mangez-en tous, car ceci est mon corps. )> HiTcest enim corpus meum. (Matth., XXY, 26. Marc, XIV, 22. Luc.,xxii, 19. 1 Cor., xi, 24.) Et ayant pris ensuite et de la même manière le calice qui con-

tenait le vin et Teau, il le bénit et le distribua à ses apôtres -^Buvez-en tous, dit-il, car ceci est mon sang, ■Je sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu en faveur de la multitude pour la rémission des péchés. » Sic est calix sanguinis met,. Ce qu'il venait de faire, il leur donna l'ordre de le renouveler en son nom et en son souvenir : Hoc facile in meam commemoratimem. (Luc, XXII, 19. I Cor., XI, 24, 25.) C'est ainsi qu'au moment le plus solennel, le Seigneur Jésus a réalisé ce qu il avait annoncé avec une si formelle précision de langage, et les paroles de l'exécution ne sont pas moins précises que celles de la promesse... Dixit^ et faeta sunt, (P?. xxxii, 9.)

III. Tradition, — Saint Paul, le premier et le plus grand commentateur de l'Évangile, rapporte l'institution de la sainte Eucharistie, et il ajoute que celui qui participe indignement à ce grand mystère, mange et boit sa propre condamnation et se rend coupable du corps et du sang du Seigneur... (I Cor., xi, 23-29.) Tous les saints Pères, tous les docteurs, dont nous ne pouvons rapporter les paroles, pour ne pas être trop long, n'ont qu'une voix pour louer, bénir et adorer Notre-Seigneur dans TEucharistie....

IV. La pratique catholique. — Depuis son établissement, l'Église catholique a toujours rendu à l'Eucharistie les honneurs divins : l'adoration, l'invocation, l'amende honorable... C'est pour l'Eucharistie qu'elle bâtit des temples magnifiques, qu'elle décore les autels et pare les tabernacles de tout ce qu'il y de plus précieux... Etles chrétiens, enfants de rÉglise, adressent à la sainte Eucharistie leurs actes de foi, de res-

pect, d'adoration, d'amour, de repentir et de reeoih naîMance. Ils savent qu'on ne peut s'approcher deli table sacrée qu'après avoir puriné son Ame par la Pénitence...

Y. La prescription. — L'Église démontre qu'elle e^t en possession de ce dogme divin dès son origine ; les hérétiques et les libres penseurs viennent trop tard pour attaquer cette consolante vérité. Si ce n'est pas Jésus-Christ qui a institué rEucbaristie, ou si ce n'est là qu'une figure, qu'ils nous disent le nom de celui qui le premier a imaginé la présence réelle. Â quelle époque a-t-il paru, et dans quel pays? Us ne le sauraient dire. Pour nous, bénissons notre Dieu de ce chef-d'œuvre de son amour, et manifestons par notre conduite, nos paroles et nos œuvres, notre croyance à la divine Eucharistie.

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