‹ Manuel de prédication populaireChapitre 77 sur 90 · XL - La Sainte Communion · texte numérisé non relu

XL - La Sainte Communion

Venite, comedite panera meum, (Prov., IX, 5.)

Venez, mangez le pain que je vous ai préparé.

Ce n'est pas sans raison que Noire-Seigneur, pour résider avec nous sur cette terre jusqu'à la fin des siècles, comme il l'avait promis, a choisi le pain pour en faire son corps. Afin de se communiquer à chacun de nous, il a pris Taliment le plus commun, le plus nécessaire, le plus universel, pour nous donner à comprendre que notre âme n'a pas moins besoin de se nourrir chaque jour de la chair et du sang de son Dieu, que notre corps, du pain et du vin qui lui conservent la santé et la vie. Aussi nous presse-t-il de venir nous asseoir au banquet qu'il nous a préparé ; Venite, comedite panem meum,,. Il nous déclare que si nous ne mangeons sa chair et ne buvons son sang, nous n'aurons point la vie en nous : Nisi manduca^eritis carnem Filii hominis et biberitis ejus sanguinem^ non habebitis vitamin vobis,., (Joan., vi, 84.)

L'Église, interprète des volontés de Jésus-Christ nous fait un commandement exprès de faire la corn! munion.

Mais parce que la communion est la pl,us excellente de toutes les actions du chrétien, voyons-en : 1» les avantages^ et V les dispositions que nous devons y ap-' porter..,

L Avantages, — 1«UEucliaTV^Uô^(JwV \^\>v^S5?^^^

Fils du Dieu Tivant, c'est ce Verbe dont saint Jean Dous parle si admirablement au début de son Évangile : In principio erat Verbum, et Verbum erat ajmi Deunty et Deux erat Verbum.,. Et Verbum caro factumest. a Et le Verbe s'est fait chair... » (Joan., i, 1 , 14.) Le recevoir dans la communion, c'est ne plus faire qu'un avec lui, comme il est un avec son Père... Quelle union intime et infiniment glorieuse pour une humble créature!...

2* L'Eucharistie, c'est Jésus-Christ l'Homme-Dieu, fils de la Vierge Marie. Le recevoir dans la communion, c'est le porter dans son sein et sur son cœur, comme cette divine Mère..k Que pouvons-nous donc envier à saint Joseph... aux bergers... aux mages!....

3® L'Eucharistie, c'est Jésus vivant dans l'humble demeure de Nazareth, pauvre, obscur, obéissant et pratiquant toutes les vertus. Quelle école de perfection pour nous que la sainte communion !.. .

4" L'Eucharistie, c'est le Sauveur vivant parmi les hommes et faisant le bien : Transiit benefaciendo... Le recevoir, c'est trouver la guérison à toutes nos infirmités spirituelles; Non venivocarejustos^ sed peccaioies adpœnitentiam... (Luc, v, 32. Math., IX, 13.)

5* L'Eucharistie, c'est Jésus la victime de notre salut, le Sauveur des hommes... Communier, c'est s'appliquer les mérites de sa passion et de sa mort : RecolUur memoria passionis ejtis...

6* L'Eucharistie, c'est Jésus sorti glorieux du tombeau... Le recevoir, c'est commencer une vie nouvelle... Jésus-Christ ressuscité ne meurt plus: vou- Wons-nous mourir àeuoxxN^^w^^tV^^^Oùfe.'^...

7«L'Eucharistie,enfiQ, c'est Jésus triomphant et glorieux dans le ciel... Communier, c'est recevoir legage ^6 la gloire à venir : et fuiurx gloriœ nobis pignus datur. , .

O mystère ineffable de Tamourde notre Dieu!... Et le prodige, c'est l'indifférence du grand nombre pour la communion !... Mais voyons les dispositions que nous devons apporter à la sainte table pour en recueillir les fruits.

IL Dispositions' — C'est V une foi profonde. Notre raison est incapable de rien comprendre à cet auguste mystère. Les yeux du corps ne nous montrent que la forme et les apparences d'un peu de pain... Mais if faut faire taire les sens et captiver notre raison sous le joug de la foi. Du fond du cœur adressons à Notre- Seigneur cette prière : Credo, Domine : adjuva incredulitatem meam.,. (Marc, ix, 23.) Cette foi que nous aurions eue en entendant, en voyant le Sauveur instituer cet adorable Sacrement, portons-la à la table sainte. C'^est, comme alors, Notre-Seigneur avec sa puissance, sa bonté, son amour... C'est lui qui nous dit : Accipite, et comedite... (Matth., xxvi, 26.)

T Humilité profonde.— Oh! comme les sentiments de la Chananéenne nous conviennent ici j Non, nous ne méritons pas de nous asseoir au banquet des anges : Nam et catelli edunt de micis quse cadunt de mensa dominorumsuorum... (Matth., xv,27.) Que d'infirmités, de faiblesses, de misères, nous rendent indignes de pardtre devant la sainteté même, sans parler de manger sa chair adorable ! Oui, nous devons répéter avec le cen« turion : DonUnej non sum dignus ut intres sub tectum meum... ^Matth., VIU, 8.)

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3^ Pureté de cœur, — Celui que nous allons recevoir 1;^^ à la sainte table ne fait qu'un avec son Père, le Dieu || de toute sainteté ; il est venu en ce monde, mais il a voulu pour mère une vierge immaculée... Il a instiioé le Sacrement de soq amour dans un cénacle magnifiquement pur et paré... Il a voulu que son corpB) après sa mort, repos&t dans un sépulcre exempt de toute corruption... L'Eucharistie ne peut être goQ'> servée que dans des vases d'or... Gomment donc ne pas le recevoir à la sainte communion daos un cœur pa^ fditement pur?... C'est le pain des anges et le vin des vierges...

i* Reconnaissance. — Un si magnifique banquet oe peut se terminer sans de vives et généreuses actioos de grAces... Répétons avec le roi prophète : Quii retribuam Domino pro omnibus quœ retribuit mihi f (Ps. cxv, 12.) Donnons-nous à lui tout entiers, comme il se donne lui-même...

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