XII. — Eucharistie (Sacrifice
lloc facite in meam commémorationem, (Luo., xxii, 19.)
Faites ced en mémoire de moi,
^ Notre-Seigneur Jésus-Christ faisait la dernière cène avec ses bien-aimés disciples. Ayant pris d'abord du pain, il le bénit en rendant grâces à son Père, et le leur distribua en disant : « Prenez et mangez, ceci est mon corps. >> ^U\U\i.^^^NV^^.^^x<î..^^Y^ ?2.
tiUC, XXII, 19.) Puis, ayant aussi pris le calice, il le ^nlt de la même manière, et leur donna à boire le "▼in changé en son sang. Après cela il ajouta : « Faites éeci en mémoire de moi, » hoc facile in meam comme^ fnorationem. (Luc, xxii, 19. I Cor., xi, 2i.) Par ces paroles, le Sauveur conféra à ses Apôtres le pouvoir de changer le pain en son corps et le vin en son sang. Prêtre lui-même selon Tordre de Melchisédech (Ps. Cix, 4. Hebr., v, 6; vu, 17), il les établit prêtres de la loi nouvelle et ministres du sacrement de TEucharistie. Le moment, la matière et les circonstances que choisit Jésus-Christ pour instituer ce sacrement, aussi bien que les paroles dont il se servit, montrent que son intention était de nous le laisser comme un mémorial de sa passion et de sa mort. Aussi l'Église enseigne-t-elle que l'Eucharistie est à la fois un sacrement et un sacrifice : comme sacrement, elle a pour but la sanctification des hommes; comme sacrifice, elle se rapporte principalement à la gloire de Dieu.
Nous trouvons en effet dans l'Eucharistie, comme sur la croix, tout ce qui constitue l'essence du sacrifice : 1® l'offrande de la victime; 2** son immolation ; 3** sa destruction ; 4" sa consommation.
I. L'offrande de la victime. — Le sacrifice consiste d'abord dans le choix d'une victime, d'une hostie qu'on offre à Dieu pour l'honorer et reconnaître son domaine absolu sur toutes choses. C'est ainsi que nous voyons Abel offrir et consacrer au Seigneur ce qu'il y avait de plus choisi dans ses troupeaux. (Gen., iv, 4.) Melchisédech, Abraham, Jacob, Job et les autres saints patriarches immoWeutàDieude^ gétA'W*^^^'^\s^^\^,
des agneaux, ou lui uflraieut les prémices de tous Itf fruits qu'ils recueillaient de la terre. La loi du sacrifice est si bien de l'essence de la religion, que cUcj les peuples où s'est perdue jusqu'à la connaissance du Dieu véritable et unique, on a cependant tu se conserver la pratique du sacrifice. Le démon ayant usurpé la place de Dieu, c'est à lui que Ton offrait des victimes, et ces victimes souvent furent des créatures humaines, comme on le raconte des GauIoi$, qui livraient aux flammes d'innocents enfants en l'honneur de leurs divinités. Quelle que fût la matière du sacrifice, toujours cet acte solennel de la religion commençait par l'offrande, qui consistait à la présenter à Dieu et à le prier de vouloir bien l'accepter comme agréable .
Jésus-Christ, sur le Calvaire, s'étant substitué à toutes les victimes de l'ancienne loi, lesquelles n'avaient été que la figure du sacrifice seul digne de Dieu, qu'il allait offrir lui-même, a commencé par se présenter à son Père en lui disant, comme nous le lisons dansl'Épître aux Hébreux (x, 5) : Hostiani^t oblationem noluisti, corpus autem aptasti mihû.. ecce venio,,. « Parce que vous n'avez plus voulu lé sacrifice ni Foblation, vous m'avez revêtu d'un corps : me voici.» De même sur l'autel, où se renouvelle mystiquement le sacrifice du Calvaire, le prêtre, représentant et lieutenant de Jésus-Christ, fait aussi l'offrande du pain et du vin, qui, comme matière du sacrement, seront changés au corps et au sang de Jésus-Christ, et sont par là même le sujet du sacrifice.
II, L'immolation, — Offerte à Dieu, la victime était
mite immolée. Le prêtre, exécuteur des divins mi- -^«, Jres, enfonçait le couteau dans le sein de l'hostie yivante et en répandait le saug. Celait pour reconjfelàître que Dieu est le maître absolu de la vie et de 'la mort, et déclarer par là que prêtres et assistants ' étaient prêts à mourir et à se sacrifier pour lui, de la , îbême manière qu'ils faisaient mourir les victimes ~^'ils lui offraient. Ils confessaient encore qu'ils "avaient, par leurs péchés, mérité cette mort qu'ils faisaient subir aux victimes substituées à leur place. Ainsi Jésus-Christ a été immolé sur le Calvaire. Prêtre é^rnel, et il s'est sacrifié lui-même : Oblatus est, quia ipse voluiU (Is.,Liii,7.) Les bourreaux qui l'ont attaché à la <5roix et lui ont donné la mort, n'ont été que d'inconscients instruments. Jésus-Christ, en priant pour eux, disait à son Père : « Pardonnez-leur, parce qu'ils ne savent ce qu'ils font » 5 non enim sciuntquid faciunt. Sur la croix, le sang de Jésus a été réellement répandu et séparé de son corps. Dans l'Eucharistie, vrai mémorial de la passion du Sauveur, en vertu des paroles sacramentelles et de la double consécration du pain et du vin, . il y a aussi l'immolation^ qui consiste dans la séparation du corps et du sang: immolation mystique, bien entendu, puisque le sacrifice deTautel n'est plus un sacrifice sanglant, comme celui du Calvaire, et que Jésus-Christ, étant là dans son état ressuscité et glorieux, ne peut plus mourir ; mais immolation véritable cependant, en vertu de l'institution et des paroles du Sauveur.
in. La destruction. — La victime immolée était détruite : on en consumait par le feu les chairs et le&
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os8emeatâ, tandis que le saog coulait sur la terre et s'y mêlait. Sur le Calvaire, l'adorable Victime a voulu subir la destruction entière de son humanité : gon sang a été versé jusqu'à la dernière goutte et a inondé le sol où se dressait la croix, instrument de ion supplice; son corps a été déposé dans le sépulcre, comme les restes inanimés d'un homme qui n'est plus. Sur l'autel, n'y a-t-il pas aussi destruction de la victime eucharistique, et ne voyons-nous pas une touchante représentation de la mort et de la sépulture du Sauveur? Gomme nous l'avoos dit, par la vertu et la signification des paroles de la double consécration, il y a séparation du corps et du sang, ce qui eut lieu réellement sur le Calvaire ^ à la communion, les espèces sacramentelles disparaissent, et le corps de Jésus- Christ semble de nouveau être déposé dans le sépulcre.
IV. La consommation. — Dans les sacrifices anciens, surtout chez le peuple de Dieu, les prêtres mettaient à part certaines parties choisies de la victime pour s'en nourrir et y faire participer aussi ceux qui assistaient au sacrifice. En mangeant la victime, prêtres et assistants s'identifiaient, pour ainsi dire, avec elle, pour ne faire qu'une seule et mênae chose. C'est ce que Jésus-Christ a fait d'une manière excellente sur le Calvaire, en se livrant à la mort pour nous, et en ins» tituant l'adorable Sacrement de l'autel comme mémorial vivant et éternel de son sacrifice. Ici la consommation de la victime est entière et parfaite, de la part des prêtres comme des fidèles. Par la communion, Jégus-GUrist SQ dowe ^ t,o\j,^ et ^q danue tout
«ntier à chacun en particulier. C'est la plus merveil»
leuse union, l'identification la plus étroite qui se
paisse faire entre nous et l'adorable Victime. Ainsi
Jésus-Christ nous transforme en lui et nous rend
participants de tous ses mérites, en nous appli*
quant par la sainte Eucharistie tous les fruits de sa
passion et de sa mort. Si donc l'Eucharistie est le
sacrifice par excellence, unissons^nous à Notrè-Sei-
g^eur pour l'offrira Dieu, à qui seul appartient toute
gloire dans les siècles des siècles.