‹ Manuel de prédication populaireChapitre 84 sur 90 · XIX. — La Satisfaction · texte numérisé non relu

XIX. — La Satisfaction

Facite ergo fructus dignos pœnitentiœ. (Luc, m, 8.)

Faites donc de dignes fruits de pénitence.

Quand on a eu le malheur de se rendre coupable de péché, il faut, pour renltet Wi %A^.^ w^^\ivsvv^%^

lepentir Ar sesflnito, en ftîm rhimibreavea au trifiu' md de Ik Pfenîleiioe, et, de pAos, être dfsposé i les réparer par une légitime satisfaction. C'est ce que rifaDgilEf a^elle c faire de (fignes firoits de* pénitence. • SàtisfSaîre, c'est acquitter pleinement ses dettes. Bd eflfet, pour qjafîï y ait satîsbction, il faut qu'on ne doite plus rien. S'agit-il, par exemple, de ré'conciliatibn fsatishire consistera à accomplir tout ce qui est reifuis pour apaiser et dédommager celui qui a été ofKnsé. Ainsi la satisraction n'est autre chose que la réparation* de Tinjure faite à autrui. Appliquée au sacrement de Pénitence, la satisfaction consiste, suir Tant Les théologiens, à offrir à Dieu une sorte de compensation pour les péchés que nous avons commis.

1 • Pourquoi la satisfaction ? — 2o Comment raccomplir? — 3" Quelles qualités doit-elle avoir? C'est ce que nous allons expliquer.

I. Pourquoi la satisfaction? — Et d'abord, à ne consulter que les seules inspirations de la nature, nous seatons que toute faute, toute injustice, toute injure, entraîne nécessairement une réparation. Uh enfant se rend coupable de désobéissance envers son père: tout le monde convient qu'il mérite un châtiment, une punition. Vous commettez une injustice envers le prochain, un vol, par exemple : devant tous les tribunaux de l'univers, comme aux yeux du simple bon sens, vous êtes condamné à la restitution de ce que vous avez volé. C'est un autre dommage que vous avez causé : votre propi*e conscience vous dit que vous serez indigne de pardon tant que vous ne l'aurez pas réparé... Ce que nous VuâL\c\\vek \^ ^yck^^ x^x^vj;^.

l^Églï«e^n«us Feftseigde afvec âcw kifbillibie autorit*, «n Msant de* la^ safisfâictStHB* \me partie intégrs^të da sacrement/ oto'Pénitende^ôtf eaprai^crivaût aut coiïfegscfurs robligtttioi! d'imposer smi pécheurs adtoiisà la f écoûciliatioa des œuvres (f esïpiatiDQ etde réparation pour les péchéâ- qui leur stmt? pardonnes. Notre-Seigneur, enfiiss tout ensatisfk^^flËMpournousà la jufitiee de son Père, ne nous a poinUi dii^engés de notre pmi d^expiation. Parson précur^einr Jes^-Baptiste, p«i^ luimême, par ses apôtres*, ïl ne cen^e'de nous exbort^ à lapMtence. Saint Paul en particulier netlîsait-^l pas : Adimpho ea q^ua' desunt passiùmm CArâ'^ ((SdK, 1^24^) «J'achève en moi ce cpii' manque aux soufAtancei^^dU Christ. )rll ajoutait : Castigo corpus m&am et insertitkipm redigOy ne forVs cum^ aliis prœdicaverim^ ipse reprobus effidur. (I Côr., ix, 27.) « Jte châtie mon* corps et le réduis en servitude, de craintte qu'après avoir prêché aux autres, je ne* sois réprouvé moi-même. » Après un si grand' exemple, comment ne pas convenir d^ la nécessité de nous punir rigoureusement de nos péchés, et d*àccepter comme un remède salutaire les œuvres dé pénitence que juge à propos de nous enjoindre le médecin spirituel de notre âme? D'ailleurs; par le péché nous avons peut-être été un sujet de scandale : il est de toute justice que, par nos bonnes œuvres, nous devenions un sujet d^édiflcation...

IL Comment Vaccompltr? Pour faire de dignes fruits de pénitence, toute ibonne œuvre peut servir, quand elle est accomplie à cette fin.. En générali les moyens de satisfaction peuvent se réduire* à' ti:t)iB : Ik prière, le j&Une et Vàumône. Ce sont? Ifes trais remè-

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deg opposés à la triple concupiscence signalée par saint Jean comme la source de tous les péchés : la prière réprime Torgueil; le jeûne, la concupiscence delà chair, et l'aumône, la concupiscence des yeux. — Par Idi prière, nous satisfaisons à Dieu spécialement pour les offenses de l'ordre spirituel, c'est-à-dire pour les péchés commis directement contre Dieu , soit en lui refusant nos hommages, soit en violan t ses préceptes. Comme elle comprend tous les actes de piété, l'assistance aux ofQces de l'Église, la méditation des vérités éternelles/elle est un acte d'humilité, d'obéissance et d'entière soumission. — het jeûne est tout spécialement, par sa nature, l'expiation des péchés que nous avons commis par l'abus des facultés de notre &me et des sens de notre corps : car il comprend, outre le retranchement de la nourriture, la mortification des yeux, des oreilles, de la curiosité, de l'amour-propre, de l'esprit et de la volonté. — L'aumône est le meilleur moyen de satisfaire à Dieu pour Tabus qu'on a fait des biens de ce monde. Elle comprend toutes les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle envers le prochain, comme nourrir, vêtir et loger les pan vres, soulager les malades, visiter les prisonniers, instruire les iguoraots. L'aumône, dit TEsprit-Saint, est aussi puissante pour abolir les crimes que l'eau pour éteindre le feu. (Eccli., m, 33.) Nous pouvons accepter comme satisfaction les maladies, les revers de fortune et toutes les autres épreuves que Dieu nous envoie».. III. Quelles qualités doit-elle avoir? — « Il est du devoir des ministres de l'Eglise », dit le saint Concile de Trente, « d'imposer aux pécheurs des satisfactions

convenables et salutaires, proportioDDées à la qualité des péchés et à la faculté des péniteuts. » Il faut donc que la pénitence soit « proportionnée aux péchés d, non point en ce sens qu'elle égale la grandeur de nos offenses, car Jésus-Chrit seul a pu offrir à Dieu une réparation telle que l'exigeait Ténormité infinie du péché, mais proportionnée au nombre, à la grièyeté et à la durée de nos péchés. Celui qui a commis cent péchés mortels est plus coupable que celui qui n'en a commis qu'un seul, bien que tous deux aient mérité Tenfer. L'homicide est plus criminel que le voleur. Celui qui a vécu de longues années dans une habitude mortelle mérite un autre châtiment que celui qui est tombé par surprise et s'est relevé immédiatement. Il faut donc proportionner la satisfaction au degré de culpabilité. — La pénitence doit être afflictive, parce qu'elle a pour objet de venger Dieu. Le pécheur est tenu d'être contre soi-même l'exécuteur de la justice divine, et de s'imposer des peines qu'il subirait inévitablement plus rigoureuses dans l'autre monde. Elle doit être encore médicinale, pour prévenir de nouvelles chutes : à l'orgueil il faut opposer des pratiques d'humilité ; à Tavarice, l'aumône et le détachement; à l'envie, la charité pour le prochain; à la luxure, la mortification de la chair : à chaque maladie spirituelle, en un mot, le remède qui lui est propre. Unis à Notre-Seigneur Jésus-Christ pour satisfaire à la justice divine, nous niériterons de lui être unis encore pour partager l'éternelle gloire. Ainsi soit-il.

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