XXII. — Sacrement de
VjMKiiui e$t J«sus, et dtactpWi fijus,, ainufitias, (Jojan., u, 2.)
Jésus fut invité à des noces, ainsi que ses disciples.
Notre-Seigneur Jésus-Christ jetant veau en ce monde pour rétablir toutes choses, selon l'expression de l'Apôtre, instaurare omnia (,Epb.., X, 1 0) , et ramener l'homme ii sa véritable fin, qui est devgloriûer Dieu par la sainteté de l&uB les actes de sa fvie, cela nous explique pourquoi nous le voyons. ho Qorer de sa présence des noces qui se firent dans la petite mUe de GUom, en Galilée. Le mariage est un aotequlifaiMpoque dans la vie hwnaiae; <fe^ la vocation en graad nombre, car le «élibat ou ia virginité est un «état exceptionnel pour ^elqu6S Ames capables id'en comprenxlre la perfection et d'en goûter les attraits, »et auquel il faut être appelé ipar /une grâce partieulière. Or le mariage devitti^t^tre, avant toutes tcboses, la voie du saiutpour rimmense majorité des hoounes, le Sauveur a voulu présider À des noces, pour nous en révéler toute la grandeur et la sainteté.
Essayons d'envisager le mariage : V iêm sm èuti-»
tutian; l^ dans ses fins; 3® dans les dispositions ^'il demande.
I. Dans son institution. — Le mariage a été institué par Dieu lui-même, lorsque, après avoir créé le premier bomme et la première femme, il leurdit:Cresef7e 6<n2«/^t/7/{canitVit;acroissezetmuhipliez.»(GeD., I, 28.) Et Adam, recevant sa compagoe des mains de son Créateur, prononça ces paroles, qui résument la nature même du mariage :« Voici l'os de mes os et la chair de macbair : c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et ils seront deux dans une mêmechair. » (Gen., ii,2324.) Le mariage, tel que Dieu l'a établi, est donc l'union de l'homme et de la femme : union intime, puisqu'ils ne forment plus qu'une seule et même chair; union nécessaire pour conserver, étendre et propager l'espèce humaine sur la terre jusqu'à la fin du monde; union indissoluble, que la mort seule pourrait briser, car le Sauveur a dit: « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare point. » Quod Deus conjunxit, home non separet. (Hath., XIX, 6. Marc ,x, 9.) Bien que l'indissolubilité convienne parfaitement au mariage comme œuvre de la nature, c'est surtout de son titre de sacrement qu'il la tient; ce titre qui élève à leur plus haute perfection toutes ses propriétés naturelles.
De même que le mariage, en tant qu'union naturelle, fut institué dès le commencement pour propager l'espèce humaine; de même il fut élevé, dans la suite, à la dignité de sacrement, afin qu'il en sortît un peuple engendré et formé pour le culte et la religion du vrai Dieu et de Jésus-Christ notre Sauveur.
(7 est la croyance de plusieurs saints Pères que ce sacrement fut institué par Jésus-Christ à Cana, où il bénit et sanctifia non seulement le mariage qu'on y avait contracté, mais le mariage en général* Saint Paul, en nous révélant l'institution de ce sacrement, l'appelle grand en Jésus-Christ et en l'Église : Sacramentum hoc magnum est^ ego autem dico in Christo et in Ecclesia (Eph., y, 3%), parce qu'il est le signe de cet autre lien si saint qui unit Jésus-Christ à l'Église. En effet, l'homme est le chef de la femme, comme Jésus- Christ est le chef de l'Église ; le mari doit aimer sa femme comme Jésus-Christ aime l'Église : car, comme ditencorel'Apôtre,» Jésus-Christ a aimé son Église et il s'est livré pour elle, et l'Eglise à son tour est soumise à Jésus Christ. >(Eph., y, 23-25). Est-il besoin de rappeler à des Chrétiens le décret formel du Concile de Trente ? « Si quelqu'un dit que le mariage n'est pas véritablement un des sept sacrements de la loi évangélique institués par Notre-Seigneur Jésus- Christ, mais qu'il a été inventé par les hommes et qu'il ne confère pas la grâce, qu'il soit anathème. »
IL Fins du mariage, — Si donc le Sauveur a élevé le mariage à la dignité de sacrement, c'est pour les fins les plus utiles et les plus salutaires aux époux et aux enfants qui doivent naître d'eux. D'abord, ceux qui le reçoivent obtiennent des grâces spéciales pour s'acquitter saintement de tous les devoirs de cet état. Les époux se doivent l'amour, le dévouement, le support mutuel, l'assistance, toutes choses dont ils ne peuvent s'acquitter fidèlement et persévéramment sans le secours de Dieu. Après les fêtes éblouissantes des
QDces, vienuent les jours d*épreu¥e, d'aogoisse, de douleur, où Tassistaoce suroalurelle est jiarticulièremeut nécessaire. Le contrat naturel ni ce qu'on appelle le mariag^t civil ne sauraient bénéCcier des grâces du sacrement en pareil cas.
Mais la fin principale du mariage, comme dit autrefois l'ange au jeune Tobie, c'est d'« obtenir dans les enfaQts la bénédiction promise à la race d'Abraham. » (Tob , VI, tt.) £t quand le prêtre est appelé à donner aux époux la bénédiction nuptiale, il demande pour eux l'honueur et la joie d*une longue postérité. Or, pour élever leurs enfants dans la crainte et le service de Dieu, n'onMls pis besoin de grâces particulières? Car, si avec les moyens bumaius ils peuvent former ces enfants pour la société civile. Us ne peuvent sans des secoiu^s surnaturels en faire des enfants de rÉgUse, des serviteurs du Christ et des citoyens de la céleste patrie. En un mot, faire des époux et de leurs eufaots dts saints, et kur procurer les moyens d'arriver au salut, tulle est la fin du mariage comme sacrement.
lU. Dispositions que demande le mariage, — Jene sais si, de tous les sacrements, il en est un qui soit plus communément profané que celui du mariage, par suite de Tabseuce des dispositions requises. Aussi comment s'étonner de cette multitude de ménages mal assortis dans la société contemporaine?...
Pour s'eng.iger dans l'état du mariage, il faut trois choses : r la vocation ; ^' Vétat de grâce ; 3*» la rectitude d'intentioru
1" Le mariage étant la commune destinée des
hommes, la plupart aussi y sont appelés. Eu parlant donc de vocation^ j'entends qu'il faut envisager avant tout la volonté de Dieu comme motif déterminant d'embrasser cet état, et ne point s'y porter seulement par un aveugle entraînement de la nature.
2* D'autre part, le mariage est ce que l'Église appelle un sacrement des vivants. Il ne peut donc être reçu qu'en état de grâce. C'est, par conséquent, un devoir de s'y préparer par une humble, sincère et douloureuse confession de ses péchés. Combien sont téméraires et coupables ces fiancés qui, pour la forme seulement, se contentent d'un simulacre de confession, et ne craignent pas de débuter dans le sérieux de la vie par un abominable sacrilège?
3* La rectitude d'intention^ enfin, demande qu'on n'embrasse l'état du mariage que dans des vues dignes de Dieu, d'un homme et d'un chrétien. Qu'il me suffise de vous renvoyer à l'exemple du jeune Tobie, et de vous rappeler ces paroles que lui adressa l'ange : c( Pour toi, » dit-il, v tu accepteras cette jeune fille dans la crainte du Seigneur et dans le désir d*avoir des enfants, plutôt que pousséparla débauche, afin d'obtenir dans tes enfants la bénédiction promise à la race d'Abraham. » (Tob., vi, 22.) C'est à ces conditions seulement que le mariage attirera sur les époux la protection de Dieu pour le temps et pour l'éternité. Ainsi soit-il.