LE VICOMTE
La Cont. Passez donc là, Madame la Marquise.
La Marq,. Je suis ici à merveilles. (S^asseyanf.)
La Comt. Messieurs, vous avez là des sièges. {A la Jïlarquise^) C'est bien à vous, de venir de bonne heure comme oela.
La Maro. Mais vraiment, j'avais bien peur de ne pouvoir pa$ sortir ; ma mère ne veut jamais fermer sa porte ; vous savez comme elle est ; heureusement, il n'est venu que des hommes ; j'ai dit avant qu'il arrive quelqu'un, je m'en vais m'échapper ; et je suis venue.
Le Vie. Je vous avertis, Mesdames, que si vous attendez la Vicomtesse, vous ne l'aurez pas si-tôt.
La Comt. Pourquoi donc i
916 L'HISfOIRE.
Lk Vi c. Parce qu'elle ne finit jamais rien ; et puis le mariage de sa biUe-sœur l'occupe ; elle ne sait plus ce qu'elle fait.
* Le Baron, Je ne savais pas qu'elle se mariât ; qui ^ épouse4-elle ?
Le Vie. Le Comte de Florensac.
Le Baron. Florensac f Qu'est-ce que c'est que ce Florensac-là ?
Le Vie. Ma foi, c'est bien difficile à expliquer.
La Marq,. Je m'en vais lui faire entendre en deux mots. Vous avez connu la grande fComtesse de Brindière, qui avait marié sa fille au Comte d'Hennevaux, qu'on appellait Casse-iêtey parce que c'était un braillard insupportable,?
Le Bar6n. Oui, qui avait perdu un oeil à Philisbourg.
La Marq,. C'est cela même. Hé-bien, Cass^Hete avait une sœur qui était Chanoinesse, et qui eut tout d'un coup trente mille livres de rente, de sa tante Lamotte
* Bouroncourt.
« Le Baron. Oui, je sais bien tout cela.
♦ La Marq.. 'Le Florensac qui épouse la belle-sœur de la Vicomtesse, est fils de la Chanoinesse d'Hennevaux, nîafîée à Florensac, qui était, je crois, dans la n^arine.
Le Baron. JVon, dans la maison du Roi. •
La Marq. Il me semble que c'est dans la marine.
Le Vie. Vous avez raison tous les deux. Il était dans la marine ; mais par un mécontentement, il a quitté ; et il est entré dans la maison . . .
La Comt. Est-il riche. Vicomte ?
Le Vie. Non pas à présent ; mais d'un moment à l'autre, il peut avoir quarante à cinquante mille livres de rente.