M. DE MONDOUX, LE GRIS
Le Gris. Monsieur le Baron d'Orabrudc et Monsieur le Chevalier de Saint-^lair»
Le Chet. Madame, vous voulez bien que j'aie l'honneur de vous présenter Monsieur le Baron d'Ombruck ?
M"^ De Mond. Vous me faites le plus grand plaisir, et je serai charmée de faire connaissance avec Monsieur le Baron.
Le Bab» Madame, je sub plusqu'obligé à Monsieur le Cheval, du grand satisfaction que j'ai auprès de vous.
Là Mar^. Allons, Baron, finissez vos oomplimens et asseyez-vous.
Le Bar. Je suis été encore à votre hôtel hier, Madame la Marquise, mais je trouve point non plus ; je crois que c'est le mode en France de n'être point dans sa logis.
Le Chev. Ah, Baron, il faut que je vous présente à Monsieur de Mondoux.
Le Bar. Qu'est-ce Monsieur de Mondoux f
Le Chev. C'est le mari de Madame, que voilcu
M. De Mond. C'est moi. Monsieur le Chevalier, qui vous prierai de me faire l'honneur de me présenter à Monsieur le Baron.
M"^ De Mond. Cela est bien nécessaire. Monsieur le Baron, asseyez-vous donc.
Le Bar. Madame, il faut bien que je dise à Monââeur, que je suis charmé de faire avec lui mon présentation.
M"^ De Mond. Vous êtes bien bon. Monsieur le Baron. Dites-moi, je vous prie, vous accoutumez-vous un peu ici ?
Le Bar. Madame, je suis pas encore bien tout-àrfait. Je suis toujours embarrassé dans le maison avecles /dames.
La Mar^. Pourquoi donc cela ?
Le Bar. J'ai été plus que trois semaines, que je^cnoyais qu'il n'y avait à Paris que des veuves.
La Comt. Comment donc f
Le Bar. Parce que on soupe toujours chez le dame, et le mari il n'est point de parole pour lui dans le prie à souper.
M™* De Mond. Mais vous soupiez avec lui.
Le Bar. Je devine pas^ je prenais pour un père, un frère, ou autrement.
La MAR<i. Il est vrai que cela peut paraître, comme il le dit, à un étranger.
Le Bar. Ob, je me trompe toujours, et puis je suis chez un veuve véritablement, et j'ai crois vois un mari ; je appelle de même comme le dame, et cela il (ache le dame ; c'est un tiable d'embarras.
Le Chev. Cela lui est arrivé, il y a deux jours, dans une maison où il soupait.
La Coht. Quoi, tout de bon f Le Bar. Moi, je savais pas ; j'ai dit ce Monsieur, il a l'air du maître ici, pour mon excuse, et cela il l'a plus iaché encore, je comprends p^s pourquoi.
La Marq.* Ah, il est charmant !
La Comt. Et chez qui cela lui est-il arrivé ? Le Chev. Chez Madame De l'Ormaux. M™* De Mond. Ab, je n'en suis pas iacl^ée ; c'est une espèce de prude, qui trouve toujours du mal à tout ce qu'on fait.
Le Chimie. Elle n'a pas soupe à peine ; elle était dans un embarras^ dans une colère secrette . . • La Mar^. Cela devait être délicieux !
Le Chev. Aussi, j'aime bien à souper avec le Baron, à cause de tout cela.
LaCojct. Il le mène, tous lesjoursdans de nouvelles maisons, et je suis sûre que ce n'est pas pour autre chose.