‹ Manuel de proverbes dramatiques (volume 2)Chapitre 156 sur 165 · LA PIERRE · texte numérisé non relu

LA PIERRE

DuBREuiL. Monsieur, je vous demande bien pardon ; mais j*ai été obligé de sortir . . .

Trotberg. Oui, je sais quand, vous voyez bien.

DuBREUiL. Oui, mais ne -vous a-t-il rien manqué ?

DuBREuiL, jUs, Voilà l'embarras. M. Trotberg a * demandé tout plein de choses, que La Pierre n'a pu lui donner.

La. Pierre. Parce que je n'ai pu rien comprendre.

DuBREuiL, jUs. Ni moi non plus.

Trotbeug. Et cependant, Monsieur, vous m'avez dit de dire le, et je demande le, il veut me donner quoi. Et puis je voulais parler à vous, il ni'a dit quand, et l'heure ; c'est un tiaple d'homme, qui me ferait être un fou, cette La Pierre.

DuBREuiL. Je suis aussi embarrassé que vous.

Trotberg. Mais, Monsieur, je puis bien vous dire ; j'aî écrit ici. [Il prend ses tablettes.) Ne m'avez-vous pas dit si vous voulez envoyer quelque part, dites, où f

DUBREUIL. Oui.

Trotberg. J'ai dit où, aussi, il ne voulait pas entendre : mais après il a envoyé.

Dubreuil. La Pierre, as-tu envoyé f

La Pierre. Oui, Monsieur, c'était une lettre, et l'adresse était dessus.

Dubreuil. C'est bon.

Trotberg. Oui, mais j'ai eu un grand peine.

338 L'iTRANOER.

La Pierre. D disait toujoursi oû^ où| où. Je ne savais pas ce qu'il voulait dire.

Trotberg. Mais j'ai dit bieo, n'est-ce pas, Monsieur Dubreuil f

DuBREuiL. Je crcis que oui.

Trotberg. Après j'ai Veux boire, je dis le, il veut me donner quoi. Moi, je veux pas quoi, je veux le.

Dubreuil. Le ?

Trotberg. • Oui. Je puis pas expliquer ; je demandais à parler à vous, il dit que vous êtes quand et l'heure. Je puis pas entendre.^

Dubreuil. Ma foi ni moi non plus.

Trotberg. J'ai pourtant dit comme vous m'aviez dit de dire.

Dubreuil. Moi ?

Dubreuil,^». Est-il vrai, mon pèref

Dubreuil. Je n'ai pas dit cela.

Trotberg. Vous n'avez pas dit, Monsieur ? j'ai pourtant écrit sur mon tablette.

Dubreuil, ^5. Eh bien, lisez-nous ce qu'il y a.

Trotberg. " Quand vous voulez envoyer quelque part, dites où : " j'ai dit où.

Dubreuil. Où ; mais il faut dire où il faut aUer.

Trotberg. Où il faut aller ? Ah tiaple, je savais pas. Je écrirai après. Je lis encore. ^' Si vous voulez boire, dites-le." Je dis le, il dit quoi, je veux pas quoi, moi, je veux le.

Dubreuil. Cela veut dire. Si vous voulez boire, ditesle, dites que vous voulez boire.

Trotberg. Ah, je comprends. Après j'ai écrit, " Si vous voulez manger, dites quoi."

Dubreuil. Quoi, c'est ce que vous voulez manger.

Trotberg. C'est cela sûrement f

DnBREuiL,^^». Sans doute.

Trotberg. Je pensais pas. {Il lit>) " Si vous voulez sortir, dites quand."

DuBREUiL. Quand vous voudrez sortir.

Trotberg. Ah, je croyais que quand voulait dire . sortir 5 je entends présentement. Et puis. {Il lit.) " Si vous voulez vous coucher, dites l'heure."

DuBREuiL, fils. C'est l'heure que vous voulez vous coucher.

Trotberg. Coucher, ou vous lever ; voilà pourquoi je comprenais pas. C'est mon faute de n'être pas plus savant du langue Français.

DuBREUiL. Ce n'est rien que cela.

Trotberg. Âh, je demande pardon, je dirai le chose dont je veux à présent.

DuBREuiL. Venez, venez souper, vous devez en avoir besoin.

Trotberg. Je ferai avec plaisir, je suis embarrassé avec vous de mon colère.

DoBREuiL,^. En buvant tout cela se passera.

Dubreuil. Allons, allons, venez.

Trotbsrg. Je marche avec vous, Messieurs*

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