SCÈNE XV
Mm DENERET, LE CHEVALIER, M. DESPREUILS, I^. SOBRIN, M>» BABAS, LE BRUN.
Le Bkun. Voilà Monsieur le Docteur.
SoBR. Eh bien, notre malade ?
M"* B. Il dort, et je le crois hors d'aflkl^e.
SoBR. Cela doit être. Oh ! j'étais sûr de mon fait. Il faut le réveiller.
M"* B. Non, Monsieur ; laissez, je vous prie, reposer mon pauvre maître ; vous voudrez peut-être encore le saigner.
SoBR. Non, je vous en donne ma parole d'honneur ; d'ailleurs il ne doit plus en avoir besoin.
Le Chev. Vous le croyez, Docteur ?
SoBR. Quand je vous dis que j'en suis sûr. Allons, Monsieur Despreuils !
Desp. Ah .! c'est vous^ Docteur f
SoBR. Oui, c'est moi. Donnez^^moi votre bras. (JZ tâte le poids.) Fort bien : il n'y a plus d'agitation. ' Dfisp* Ah»! Docteur, j'ai fait un terrible rêve*
M"** B. Ah ! s'il prend cela pour un rêve !
M°^ D. Ne dites donc rien. Madame Babas.
Desp. Je me suis cru mort.
SoBB. Eh bien, vous ne le croyez plus ?
Desp. Non vraiment; je me sens même assez de force.
SoBR. C'est moi qui vous ai tiré de là.
Desp. Vous?
SoBR. Oui, avec un températif que je vous ai fait donner.
Desp. Je ne me souviens pas • . •
Le Brun. Je m'en souviens bien, moi.
SoBR. Ne vous l'a-t*on pas remis pour le faire prendre à Monsieur Despreuils ?
Le Brttn. Oui, Monsieur ; mais comme vous ne vouliez pas croire que c'était la diète qui l'avait mis dans l'état où il était, Madame Babas et moi nous lui avons fait manger une cuisse et une aile de poulet : il a bien dormi ; il se ^rte à merveille, et voilà votre températif que j'avais gardé dans ma poche.
SoBR. Quoi ! vous l'avez fait manger f
M"^® B. Oui, Monsieur ; tenez, voilà les restes du poulet et du vin.
SoBR. Et vous le croyez guéri ?
Le Brun. Assurément ; et vous en êtes convenu vousmême tout-à* l'heure.
SoBR. Eh bien, je me suis trompé.
M"* B. C'est peut-être votre habitude.
M^ D. Docteur, nous convenez donc que Monsieur Despreuils . • .
SoBR. Est fort mal.
Desf. Moi fort mal ! (iZ se lève,) Je ne conviendrai pas de cela.
SoBR. Voyez à quoi vous l'exposez.
DcfiP. A te chasser, maudit ignorant.
SoBR. Ceci est un peu fort; un malade n'a jamais chassé un médecin. Vous me rappeUerez ; mais vous ne m'aurez pas quand vous voudrez.
M"" B. Ah ! tant mieux. Je voudrais bien ne le re^ voir jamais ici.